24 avril 2026

≡ Les Métamorphoses Du Peuple Magique

Le peintre suédois John Bauer (1882-1918) a trouvé dans le folklore de son pays une source infinie d’inspiration. Comme dans ce tableau, intitulé Dans la nuit de Noël (1913), où des gnomes cheminent dans la neige.


Les contes suédois foisonnent de créatures surnaturelles dont l’image n’a cessé d’évoluer. Voici celles qui ont fait couler le plus d’encre.


— LE TROLL 


À l’origine assimilé au jötunn, géant incarnant les forces primitives de la nature dans les sagas vikings, il a pris, dans les régions rurales comme la Dalécarlie, un autre visage.


Celui d’une créature anthropomorphe de grande taille, se cachant dans les forêts et les grottes.


Bien que diabolisé au Moyen Age, il n’est pas nécessairement malveillant, et représente plutôt les dangers et l’inconnu liés au monde sauvage.


— LE TOMTE


Comme son nom l’indique (« tomt » signifie « parcelle de terre »), il s’agit d’abord d’un esprit protecteur de la ferme, veillant sur le bétail et les récoltes, et jouant parfois des tours aux paysans. 


Il prend traditionnellement les traits d’un lutin, doté du don d’invisibilité et capable de changer de forme.


Au XIX® siècle, il se voit associé à Jul (fête nordique du solstice d’hiver), et chargé d’apporter les cadeaux aux enfants. 


Ce jultomte se verra progressivement entiché des attributs (barbe blanche, chapeau rouge) d’un autre personnage : le père Noël.


— LA HULDRA 


On retrouve la trace de cette nymphe de la forêt, héritière de mythes préchrétiens, dans les traditions orales de tous les pays scandinaves. 


Son nom viendrait du vieux norois huldr, signifiant « secret, caché ». 


De fait, elle dissimulerait, derrière sa beauté qu’elle utilise pour séduire pâtres et bûcherons, une monstruosité (queue de renard, dos creux comme un tronc mort). 


Selon des variantes plus tardives de sa légende, l’homme qui se marie avec une huldra malgré son infirmité s’attache une épouse dévouée.


— LE NÄCKEN


Cet autre tentateur prend en général l’allure d’un homme nu d’une grande beauté, parfois aussi d’un splendide cheval blanc.


Dans les légendes germaniques, c’est grâce à son chant mélodieux que cet esprit aquatique attire les humains vers les lacs ou les rivières pour les noyer. 


À partir du XVIII° siècle, le violon se popularise en Scandinavie, et devient l’attribut principal du näcken, notamment en Dalécarlie.




— 14 mars 2026

— Source : GEO Hors Série - Février, mars 2026




Aron O’Raney —