18 août 2026

≡ Contemplation En La Femme


Quand l’homme aime la femme, il désire l’union, c’est-à-dire l’union la plus complète qui soit possible dans l’amour; et dans la forme composée d’éléments, Il n’existe pas d’union plus intense que celle de l’acte conjugal. 


De ce fait, la volupté envahit toutes les parties du corps et, pour la même raison, la loi sacrée prescrit l’ablution totale du corps après l’acte conjugal, la purification devant être totale, Comme l’extinction de l’homme dans la femme avait été totale lors du ravissement par la volupté de l’union sexuelle. 


Car Dieu est jaloux de Son serviteur, il ne tolère pas que celui-ci croit jouir d’autre chose que de Lui. 


Il le purifie donc par le rite prescrit, afin qu’il se retourne, dans sa vision, vers Celui en qui il s’est éteint en réalité — puisqu’il n’y a pas autre chose que cela.


Lorsque l’homme contemple Dieu dans la femme, sa contemplation porte sur ce qui est passif; s’il le contemple en lui-même, en vue de ce que la femme provient de l’homme, il Le contemple en ce qui est actif; et lorsqu’il Le contemple seul, sans la présence d’une forme quelconque issue de lui, sa contemplation correspond à un état de passivité à l’égard de Dieu, sans intermédiaire. 


Dès lors, sa contemplation de Dieu dans la femme est la plus parfaite, car c’est alors Dieu en tant qu’il est à la fois actif et passif qu’il contemple, tandis que dans la contemplation purement intérieure, il ne Le contemple qu’en mode passif. 


Aussi, le Prophète, sur lui, la bénédiction et la paix — dut-il aimer les femmes à cause de la parfaite contemplation de Dieu en elles. 


On ne saurait jamais contempler Dieu directement en l’absence de tout support sensible ou spirituel, car Dieu, dans Son Essence absolue, est indépendant des mondes. 


Or, comme la réalité divine est inabordable sous ce rapport de l’Essence, et qu’il n’y a de contemplation «Shahâdah» que dans une substance, 


La contemplation de Dieu dans les femmes est la plus intense et la plus parfaite; et l’union la plus intense dans l’ordre sensible, qui sert de support à cette contemplation est l’acte conjugal.






Ibn'Arabî



17 août 2026

≡ Cherche La Voie


Cherche-la voie en éprouvant toute expérience, et rappelle-toi qu’en te disant cela, je ne veux pas dire : «Cède aux séductions des sens afin de les connaitre». 


Tu peux agir ainsi avant de devenir un occultiste, mais non pas après. Lorsque tu as choisi le sentier et que tu y es entré, tu ne peux céder sans honte à ces séductions. 


Cependant, il t’est permis de les éprouver sans horreur; tu peux les peser, les observer, les analyser, et attendre, avec une patience confiante, l’heure où elles ne t’affecteront plus. 


Mais ne condamne pas l’homme qui succombe; tends-lui la main comme à un frère pèlerin dont les pieds sont alourdis par la fange. 


Rappelle-toi, ô disciple, que l’abîme peut être énorme entre l’homme vertueux et le pécheur, mais qu’il est plus énorme encore entre l’homme vertueux et celui qui est arrivé à la Connaissance; il est sans limites entre l’homme vertueux et celui qui est au seuil de la Divinité. 


C’est pourquoi, garde-toi de t’imaginer que tu ne fais plus partie de la masse. 


Lorsque tu auras trouvé le commencement de la Voie, l’étoile de ton âme fera voir sa lumière et, à sa clarté, tu percevras combien grande est l’obscurité dans laquelle elle luit. 


L’intellect, le cœur, le cerveau, tout est obscurité, tout est ténèbres jusqu’à ce que la première grande bataille ait été gagnée. 


Ne sois point terrifié, ni découragé, à cette vue; garde tes yeux fixés sur la petite lumière et elle grandira. 


Mais que ces ténèbres, en toi-même, t’aident à comprendre la détresse de ceux qui n’ont vu aucune lumière et dont les âmes vivent dans une nuit profonde. Ne les blâme pas. 


Ne te détourne pas d’eux, mais essaie de soulever un peu de ce lourd Karma du monde; donne ton aide aux quelques fortes mains qui empêchent les pouvoirs ténébreux d’obtenir une victoire complète. 


Tu entreras alors dans une Association de joie qui impose assurément un labeur terrible et de profondes tristesses, mais aussi une vive et toujours grandissante félicité. 


Sois prêt à voir s’épanouir la fleur dans le silence qui suivra l’orage; pas avant.  


Elle croîtra, elle s’élèvera, elle produira des branches et des feuilles et formera des bourgeons au sein même de la tempête et pendant toute la durée de la lutte. 


Mais sa fleur ne s’ouvrira pas avant que la personnalité entière de l’homme soit dissoute et détruite; pas avant qu’elle soit tenue, par le fragment divin qui l’a créée, comme un simple sujet d’épreuve et de grave expérience;  pas avant que la nature entière ait cédé au Soi supérieur et lui soit devenue soumise. 


Un calme alors surviendra, semblable à celui qui se répand sur les contrées tropicales après une pluie d’orage, calme où la nature opère avec une telle rapidité que son action devient visible.  


C’est ainsi que la paix descendra sur l’esprit harassé. 


Et dans le silence profond surviendra l’événement mystérieux qui fera connaître à l’âme qu’elle a trouvé la Voie. 


Donne-lui le nom qu’il te plaira : c’est une voix qui parle là où il n’y a nul être pour parler; c’est un messager qui vient, messager sans forme ni substance; ou c’est encore la fleur de l’âme qui s’est ouverte.  


Il ne peut être décrit par aucune métaphore. 


Mais on peut aller à sa rencontre, le désirer, le chercher, alors même que la tourmente fait rage. 


Le silence peut durer un moment ou un millier d’années. Mais il prendra fin. Cependant, tu emporteras sa force en toi. 


A maintes reprises, la bataille doit être engagée et gagnée. Pour un intervalle seulement, la nature peut être tranquille. 


Les règles ci-dessus sont les premières qui sont écrites sur les murailles du Temple de l’Enseignement :  


Ceux qui demandent, recevront.

Ceux qui désirent lire, liront.  

Ceux qui désirent apprendre, apprendront


La Paix Soit Avec Vous.



— La Lumière Sur Le sentier — I, 27,32 

— Note IV — Traité sur la sagesse orientale 






Aron O’Raney —



16 août 2026

≡ Ego Nostrum


À la première place…


On s'attribue toujours une importance démesurée, alors que nous ne sommes qu'une infime poussière de l'univers. Une éphémère présence au cœur de l'infini.


Nous ne cessons pas, consciemment ou non, de nous placer au centre de nos pensées, de nos préoccupations et de nos jugements, comme si tout devait graviter autour de nous. 


Nous avons énormément de considération, pour le faux Moi façonné par l'ego, qui, en nourrissant le sentiment d'importance, nous éloigne de notre véritable nature.


À tout moment du jour ou de la nuit, la déferlante des médias nous soumet au flot ininterrompu d'informations relatant la souffrance, la misère, la mort, les guerres, les catastrophes naturelles, le dérèglement climatique et tant d'autres tragédies qui frappent notre monde.


Confrontés à cette affligeante réalité qui se répète sans cesse, pouvons-nous rester repliés sur nous-mêmes, presque insensibles à la succession des mauvaises nouvelles?


Pouvons-nous en déduire que l'exposition permanente au dérèglement et à la dégénérescence du monde finit par éroder la sensibilité au point de rendre indifférent à la souffrance d'autrui?


L'humanité est-elle plongée dans une faillite morale et spirituelle collective ? 


L'individualisme effréné, le «chacun pour soi» a-t-il éradiqué toute compassion ?


Impuissance ? Renoncement ? Résignation ? 


Je ne peux m'empêcher de me demander, si nous sommes les témoins d'une civilisation où les intérêts des nations, des puissants et des marchés supplantent la dignité humaine ?



— Samedi 18 juillet 2026






Jean Rumoncey —