• La religion de la préhistoire
La religion de la préhistoire nous restera toujours en partie mystérieuse. Les traces dont nous disposons sont fragmentaires et leur interprétation demeure incertaine. Pourtant, plusieurs sources permettent aujourd’hui d’en dessiner les contours : les premières sépultures, les mythes anciens sur l’au-delà, les peintures rupestres et l’étude des religions de certains peuples premiers.
— Au milieu du XXe siècle, André Leroi-Gourhan soulignait la difficulté de comprendre les croyances des hommes préhistoriques.
Les peintures des cavernes, notamment, sont aussi difficiles à interpréter pour nous que pourrait l’être, pour des êtres venus d’une autre planète, les symboles d’une cathédrale.
Depuis, les recherches archéologiques et anthropologiques ont considérablement enrichi les connaissances.
• Les premières sépultures constituent un indice majeur.
— En 1908, la découverte de l’homme de La Chapelle-aux-Saints, intentionnellement enterré avec des pierres, des silex et une patte de bovidé, montre que les hommes préhistoriques accordaient une attention particulière à leurs morts.
Les plus anciennes sépultures incontestées, découvertes à Qafzeh et Skhul, au Proche-Orient, remontent à environ 100.000 ans et concernent des Néandertaliens et des Homo sapiens.
D’autres découvertes, notamment à Atapuerca en Espagne, pourraient être beaucoup plus anciennes, mais leur interprétation reste discutée. Les annonces concernant «Homo naledi» en Afrique du Sud doivent également être considérées avec prudence.
— La présence de sépultures suggère que les préoccupations des hommes préhistoriques ne se limitaient pas à la survie matérielle. Elle pourrait témoigner d’une croyance en une existence après la mort.
• Dans de nombreuses cultures, l’âme est supposée se séparer du corps et poursuivre son existence ailleurs.
Les Égyptiens imaginaient ainsi un voyage vers l’au-delà, tandis que les Aborigènes australiens évoquent le monde des ancêtres et le «temps du rêve».
La phylo-mythologie, développée notamment par Julien d’Huy, tente de retrouver les mythes les plus anciens en comparant leurs motifs communs et en reconstituant leur arbre généalogique.
Cette méthode suggère qu’une croyance en une âme quittant le corps après la mort pourrait remonter à environ 185.000 ans, en Afrique.
— Certains motifs très anciens évoquent le voyage de l’âme vers le monde des morts, les rêves permettant aux vivants d’y accéder et le retour possible des morts parmi les vivants.
• Les grottes ornées constituent une autre trace importante.
La thèse de «l’art pour l’art» a été progressivement abandonnée : pourquoi des hommes auraient-ils peint dans des lieux profonds, obscurs et difficiles d’accès ?
Plusieurs interprétations ont été proposées : magie de la chasse, chamanisme, totémisme ou récit mythologique sur les origines du monde.
Les spécialistes ne s’accordent pas sur leur signification précise, mais reconnaissent généralement à ces peintures une dimension sacrée.
— Ainsi, même si nous ne pouvons reconstituer avec certitude les premières religions humaines, les sépultures, les mythes, les peintures rupestres et l’étude des peuples premiers permettent de lever une partie du voile.
— Elles suggèrent que, très tôt, l’être humain s’est interrogé sur la mort, l’invisible, ses origines et la possibilité d’une existence au-delà de la vie.
— Extraits de textes d’un article de L’Humanologue|
— L’humanologue-France —
— Jeudi 13 août 2026
▲ Aron O’Raney —



