24 octobre 2026

≡ Un Guerrier À Lunettes De Myope

Marc Bloch (1886 - 1944)


—■ L'Étrange défaite ou la vision d'un guerrier, Un guerrier à lunettes de myope


•— Marc Bloch, issu d'une famille juive d'Alsace réfugiée en France après la défaite de 1870-1871, est né à Lyon le 6 juillet 1886. 


Son père occupe à la faculté une chaire d'histoire gréco-romaine et lui-même va suivre une voie similaire en passant par Normale Sup et l'agrégation. Dans le cadre de ses études, il se familiarise avec l'école historique allemande à Leipzig et Berlin.


Marc Bloch fut l'un des plus grands historiens du XXe siècle, sinon le plus grand. Il fut aussi un héros et un guerrier, un témoin lucide de son temps.


— Spécialiste du Moyen Âge, il a laissé plusieurs livres : 


Les Rois thaumaturges (1924) — Les Caractères originaux de l'histoire rurale française (1931)— La Société féodale (1940) font encore référence par leur contenu historiographique à la croisée de plusieurs disciplines comme par leur qualité littéraire.


Pendant la guerre, il entama la rédaction d'un essai biographique qui fut publié à titre posthume en 1949 par son ami Lucien Febvre sous le titre «Apologie pour l'Histoire ou Métier d'historien».


•Il a dans ce texte une jolie formule pour décrire sa vocation :


«Derrière les traits sensibles du paysage, derrière les écrits en apparence les plus glacés et les institutions en apparence les plus complètement détachées de ceux qui les ont établies, ce sont les hommes que l'histoire veut saisir. Le bon historien, lui, ressemble à l'ogre de la légende. Là où il flaire la chair humaine, il sait que là est son gibier».


•Dans la foulée, il s'inquiète aussi de l'illusion dont se bercent ses contemporains, celle de s'être libérés des pesanteurs de l'Histoire : 


«Les révolutions des techniques ont démesurément élargi l'intervalle psychologique entre les générations. Non sans quelque raison peut-être, l'homme de l'âge de l'électricité et de l'avion se sent très loin de ses ancêtres. Volontiers, il en conclut, plus imprudemment, qu'il a cessé d'être déterminé par eux».


•Le livre en question ici a été aussi écrit pendant les heures sombres de l'Occupation, à Guéret-Fougères (Creuse) en juillet-septembre 1940. 


Mêlant ses souvenirs encore brûlants de la bataille de France à laquelle il a participé (10 mai -22 juin 1940) à ses observations du microcosme militaire, l'auteur en tire l'analyse douloureuse des faiblesses de son pays et de l'État.


Cette Étrange défaite demeure riche d'enseignements, même si l'on ne saurait comparer la France de 2026 à celle de 1940. 


•Elle est d'abord et avant tout un chant d'amour à la France, si meurtrie soit-elle : 


«La France, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur. J'y suis né, j'ai bu aux sources de sa culture. J'ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel, et je me suis efforcé, à mon tour, de la défendre de mon mieux».



— Jeudi 8 octobre 2026




▲ Aron O’Raney —


≡ Réalisation, Croyance, Et Dépendance


■ Dans Toute Activité, Il Faut Savoir Ce Que L’on Peut En Attendre, Connaître les moyens d’atteindre son objectif Et les ressources dont on dispose.


Seul peut affirmer qu’il a renoncé aux fruits celui qui ne ressent pas le moindre attrait pour les résultats de la conquête et reste absorbé dans le combat.


On peut renoncer aux fruits, mais ce renoncement ne signifie pas que l’on soit indifférent aux résultats.


Le guerrier de la lumière écoute avec respect la stratégie de gandhi. 


Et il ne se laisse pas troubler par des gens qui, incapables de parvenir au moindre résultat, passent leur temps à prêcher le renoncement.


⁓♦⁓


■ Le Guerrier De La Lumière Fait Attention Aux Petites Choses, Parce Qu’elles Peuvent Causer Beaucoup De Mal.


Une épine, aussi petite soit-elle, oblige le voyageur à interrompre sa marche. 


Une cellule microscopique peut détruire un organisme sain. 


La réminiscence d’un instant de peur réveille chaque matin la couardise. 


Une fraction de seconde d’inattention suffit pour que l’ennemi assène un coup fatal.


Le guerrier est attentif aux petites choses. 


Parfois il est dur avec lui-même, mais il préfère agir ainsi.


«Le diable réside dans les détails», dit un vieux proverbe de la tradition.


⁓♦⁓


■ Le Guerrier De La Lumière N’a Pas Toujours La Foi. 


Il y a des moments où il ne croit absolument en rien. 


Il interroge son cœur : «un tel effort en vaut-il la peine ?» mais son cœur reste silencieux. 


Et le guerrier doit décider tout seul.


Alors il cherche un exemple. 


Et il se souvient que Jésus est passé par une étape semblable,  pour pouvoir vivre la condition humaine dans sa plénitude.


«Éloigne de moi ce calice», a dit Jésus. 


Lui aussi a perdu la force et le courage, mais il ne s’est pas arrêté.


Le guerrier de la lumière continue sans foi. 


Mais il poursuit, et la foi finit par revenir.


⁓♦⁓


■ Le Guerrier Sait Qu’aucun Homme N’est Une Île.


Il sait qu’il ne peut pas lutter seul ; quel que soit son projet, il dépend toujours d’autres personnes. 


il a besoin de discuter de sa stratégie, de demander de l’aide et, dans les moments de repos, d’échanger avec quelqu’un des histoires de combat.


Mais il ne laisse pas les gens confondre sa camaraderie avec un manque d’assurance. 


Il est transparent dans ses actions et secret dans ses projets.


Un guerrier de la lumière danse avec ses compagnons, mais ne délègue à personne la responsabilité de ses pas.



— Extrait 72, 73, 74, 75 

— «Manuel Du Guerrier De Lumiére»




—■ Paulo Coelho —


23 octobre 2026

≡ Le Bien, C’est Aussi Le Beau


— Le bien, c’est aussi le beau.


Le bien désigne aussi ce qui est sain ; il est relié à Dieu, aux principes les plus nobles. 


Le mot bien doit être compris de manière très claire.


Quand le bien est en vous, que la bonté vous habite, alors tout ce que vous ferez sera bien : vos relations, vos actions, votre mode de pensée. 


Et il est possible d’avoir une perception instantanée de la pleine signification de ce mot, de son caractère exceptionnel. 


Si vous le voulez bien, réfléchissons ensemble attentivement à cette question, car si vous allez vraiment au fond des choses, cela affectera votre conscience et votre façon de penser et de vivre. 


C’est pourquoi je vous invite à accorder un peu d’attention à la compréhension de ce mot. 


— Le mot n’est pas la chose. 


Certes, je peux décrire une montagne de façon merveilleuse, je peux la peindre, ou écrire sur elle un poème, mais le mot, la description, le poème ne sont pas la réalité authentique. 


Nous nous laissons trop souvent emporter, sous le coup d’une émotion irrationnelle, par la description, par le mot. 


Le bien n’est pas l’opposé du mal, le bien est sans aucun lien avec la laideur ou le mal, ni avec ce qui est malfaisant ou dénué de beauté. 


— Le bien existe indépendamment de tout. 


Si vous dites que le bien est l’aboutissement ultime du mal ou de la laideur, alors c’est qu’il porte en lui le mal, la laideur, la violence. 


Or, le bien ne saurait en aucun cas avoir le moindre lien avec ce qui n’est ni bien ni juste. 


Le bien est absolument incompatible avec la soumission à une quelconque autorité. 


— L’autorité est une chose extrêmement complexe :


Il y a l’autorité des lois élaborées par l’homme au fil des siècles ; il y a les lois de la nature ; il y a aussi la loi née des expériences que nous avons vécues et à laquelle nous obéissons, et la loi que nous dictent nos réactions mesquines qui sont prépondérantes dans notre existence. 


Et il y a enfin la loi des institutions, celle des croyances organisées, que l’on nomme religions ou dogmes. 


Or, nous le disons, le bien est sans aucun lien avec l’autorité sous quelque forme que ce soit. 


— Regardez les choses en face, examinez-les. 


Le bien n’est pas une démarche conformiste.


Si vous vous conformez à une croyance, à un concept, à une idée ou à un principe, ce n’est pas bien, car c’est une source de conflit. 


Le plein épanouissement du bien ne passe pas par un intermédiaire, ni par une figure religieuse, un dogme ou une croyance. 


Le bien ne peut fleurir que sur le terreau de l’attention totale, où l’autorité n’a pas cours. 


La quintessence du bien, c’est un esprit dénué de tout conflit. Et le bien suppose d’immenses responsabilités. 


On ne peut être juste et bon, et tolérer les guerres. 


Le juste se sent donc pleinement comptable de chacun des aspects de son existence. 



— Extraits de «Cette Lumière en Nous»


■— Jiddu Krishnamurti (1895-1986) —