Dès le mois de mai, la fondation accueillera une exposition de Dan Flavin qui transforme la sculpture en lumière (crédit : J-C. Messina).
🧱 Le Niçois Jean-Christophe Messina vient d’être nommé à la tête de la fondation de Bernar Venet, un artiste qui a notamment marqué de son empreinte la ville de Nice avec deux réalisations monumentales.
• Comment En Êtes-Vous Arrivé Là ?
J’ai commencé par étudier à la fac de Nice et mes compétences m’ont mené à devenir d’abord directeur administratif et financier du Théâtre Lino Ventura.
J’ai collaboré ensuite en 2008 à la direction générale des services de la Métropole. J’apportais mon expertise dans la mise en place de projets complexes. J’ai écrit des ouvrages sur l’intelligence collective. J’aime trouver des solutions, comprendre les problèmes et les résoudre.
En 2010, je coordonnais la mise en place du projet des Neuf lignes obliques. J’ai rencontré Bernar Venet dans ce contexte et on s’est tout de suite entendu.
Aujourd’hui l’œuvre de 30 m de haut, qui avait reçu des critiques à son installation, trône sur la Promenade des Anglais comme un véritable phare pour les Niçois.
Il faut vivre l’expérience de l’art pour le comprendre. Il n’y a pas de notice. Au même titre que l’Arc de 115° 5 au Jardin Albert-1er avec ses 19 m de haut et 38 m de long.
Bernar Venet a une approche mathématique de la création. 115° 5, c’est la courbe de la baie de Nice. Les 9 lignes obliques représentaient les vallées du Comté de Nice. Tout a un sens.
• Qu’aimez-Vous Chez Bernar Venet ?
« C’est une figure majeure de l’art conceptuel et minimal. Une référence vivante, ce qui est plutôt rare. Souvent, les artistes passent à la postérité une fois décédés. On peut voir des fondations de collectionneur, mais pas forcément d’artiste vivant.
Bernar Venet a puisé son inspiration à Nice dans les années 60 auprès d’artistes comme Arman avec qui il est parti aux États-Unis. Sa création a été reconnue en premier là-bas.
Aujourd’hui, ses productions parlent à l’international.
On ressent un mouvement particulier dans ses créations entre l’ordre et le chaos.
La fondation qui a ouvert il y a 10 ans au Muy permet de renforcer l’expérience immersive. C’est un lieu de mise en relation avec tous les publics.
Un lieu vivant où l’on crée des rencontres. Bernar Venet est un artiste qui ne crée pas pour être acheté. Chez lui, tout est art et il ressent le besoin de créer en permanence. C’est un besoin vital. Pour lui, l’art n’est pas un métier, mais une mission. »
• Quelle Est Votre Mission ?
Mon objectif est de fédérer les équipes pour contribuer au rayonnement et au prestige de Bernar Venet et de ses œuvres.
Ce parc de 10 hectares dans le Var permet d’exposer près de 50 œuvres.
On y cerne mieux cette obsession mathématique qu’il arrive à mettre en forme.
En sympathisant avec lui, j’ai découvert un nouvel univers qui me plaisait sans perdre mon ADN. J’avais la possibilité de me sentir utile avec la volonté de devenir un facilitateur pour permettre au plus grand nombre de découvrir l’artiste.
L’objectif est de développer aussi les partenariats et les projets. »
— 5 mars 2026
— Source : L’Essentiel Nice
▲ Aron O’Raney —




