16 août 2026

≡ Ego Nostrum


À la première place…


On s'attribue toujours une importance démesurée, alors que nous ne sommes qu'une infime poussière de l'univers. Une éphémère présence au cœur de l'infini.


Nous ne cessons pas, consciemment ou non, de nous placer au centre de nos pensées, de nos préoccupations et de nos jugements, comme si tout devait graviter autour de nous. 


Nous avons énormément de considération, pour le faux Moi façonné par l'ego, qui, en nourrissant le sentiment d'importance, nous éloigne de notre véritable nature.


À tout moment du jour ou de la nuit, la déferlante des médias nous soumet au flot ininterrompu d'informations relatant la souffrance, la misère, la mort, les guerres, les catastrophes naturelles, le dérèglement climatique et tant d'autres tragédies qui frappent notre monde.


Confrontés à cette affligeante réalité qui se répète sans cesse, pouvons-nous rester repliés sur nous-mêmes, presque insensibles à la succession des mauvaises nouvelles?


Pouvons-nous en déduire que l'exposition permanente au dérèglement et à la dégénérescence du monde finit par éroder la sensibilité au point de rendre indifférent à la souffrance d'autrui?


L'humanité est-elle plongée dans une faillite morale et spirituelle collective ? 


L'individualisme effréné, le «chacun pour soi» a-t-il éradiqué toute compassion ?


Impuissance ? Renoncement ? Résignation ? 


Je ne peux m'empêcher de me demander, si nous sommes les témoins d'une civilisation où les intérêts des nations, des puissants et des marchés supplantent la dignité humaine ?



— Samedi 18 juillet 2026






Jean Rumoncey —



 

15 août 2026

≡ La cité cachée de Minanbé

Chichén Itzá est l'un des plus grands édifices de la période classique tardive. Jimmy Baumvia Unsplash



— Une ville maya enfouie depuis plus d'un millénaire refait surface dans la jungle mexicaine



Cachée dans une réserve naturelle du Sud du Mexique, la cité de Minanbé est restée préservée pendant plus de mille ans, livrant aux archéologues des monuments et des stèles bien conservés.


Il a fallu tailler à la machette sur plus de cinq kilomètres à travers une végétation dense et inhospitalière pour y accéder. Au bout de l'effort, les chercheurs ont découvert une cité maya enfouie dans la jungle mexicaine depuis plus de mille ans intacte. Son isolement fait qu'elle n'a jamais été pillée.


Le site a été localisé dans la réserve de biosphère de Calakmul, dans l'État de Campeche, au sud du Mexique actuel. L'équipe qui l'a découverte l'a baptisé «Minanbé», qui signifie en maya Yucatèque «il n'y a pas de route».


La péninsule du Yucatan abrite les Basses Terres des civilisations mayas centrales, connues pour avoir bâti des cités monumentales, comme Chichén Itzá, Palenque ou Tulum. 


C'est entre 600 et 900 de notre ère, dans l'Antiquité, que la majeure partie de Minanbé a été construite. Les Basses Terres abritaient alors entre 9 et 11 millions d'habitants.


Vestiges préservés 


Après avoir analysé le site avec un système de détection et de télémétrie par la lumière (Lidar), les archéologues ont exploré 16 hectares. Ils y ont découvert une ville organisée autour de places urbaines entourées de palais et de bâtiments religieux. 


Le bâtiment le plus imposant est une pyramide-temple de plus de 12 mètres de hauteur construite dans le style dit «Río Bec».


Les chercheurs ont recensé 14 stèles et autels, souvent intacts. L'un d'eux est l'un des premiers jamais trouvés par les chercheurs, ses symboles sont encore lisibles : les stèles sont gravées de l'année 849, un peu avant l'effondrement de la civilisation maya dans les Basses Terres. 


Minanbé s'inscrit dans la continuité de l'histoire régionale : la cité a vraisemblablement été largement aménagée pour servir la production agricole avant d'atteindre son apogée pendant l'antiquité tardive. 



— 30 juin 2026

— Source : Smithsonian Magazine

— Extraits d'un article de Anaé Rodier






Aron O’Raney —



14 août 2026

≡ L'énigme des hobbits

A La Rencontre D'homo erectus


L'île de Florès, en Indonésie. C'est ici qu'en 2003, des archéologues ont effectué une découverte qui a fait le tour du monde.


Dans la grotte de Liang Bua, riche en outils de pierre et en ossements d'animaux de toute sorte, une équipe de chercheurs tombe sur un squelette presque complet.


Mais quelque chose surprend : la très petite taille de l'individu. À peine un mètre. Son crâne n'est pas plus gros que celui d'un chimpanzé, mais, à proximité se trouvent des outils en pierre élaborés, dignes d'un Homo erectus. 


L'espèce nouvelle, Homo floresiensis, est surnommée «hobbit» dans la presse internationale.


La découverte suscite alors un débat.


Comment un cerveau aussi petit peut-il produire une technologie aussi développée? Certains évoquent une anomalie pathologique – un Homo sapiens microcéphale. 


Pourtant, au vu des analyses – proportions du corps, morphologie des poignets, des pieds –, tout concorde : il s'agit d'une espèce humaine distincte et archaïque, un cousin éloigné arrivé sur l'île on ne sait quand ni comment. 


Il vivait encore à Florès il y a quelque 50.000 ans.


Seize ans plus tard, en 2019, l'énigme rebondit.


À quelques milliers de kilomètres, sur l'île de Luzon – la plus grande des Philippines –, une autre équipe de chercheurs, dont le Français Florent Détroit, met au jour, dans la grotte de Callao, quelques dents, des phalanges, et des fragments d'os. 


Tout indique qu'il s'agit d'un autre humain de petite taille, appartenant à une espèce cousine. Le fossile est baptisé Homo luzonensis. 


Un nouveau type humain vient s'ajouter à la liste déjà longue des anciens Homo. 


Deux îles. Deux espèces humaines nouvelles.



Entre l'Asie continentale et ces îles, une frontière invisible les sépare: la ligne de Wallace, une fosse océanique jamais asséchée. 


Aucune espèce de mammifère n'a pu la franchir à pied. La séparation entre l'Asie du Sud-Est et les îles situées plus à l'est, dont l'Australie, date de 180 millions d'années. 


L'ancien super continent Gondwana s'est fragmenté et aucun pont terrestre n'a réuni ces deux mondes depuis lors.


Revenons à nos petits hommes. 


Des outils de pierre découverts à Luzon attestent une présence humaine dans l'île il y a au moins 700.000 ans, soit bien, avant Sapiens. 


Comment ces humains archaïques ont-ils réussi à franchir la ligne de Wallace à une époque aussi lointaine?


Des hypothèses circulent 


Des individus auraient été emportés par accident – lors d'un tsunami, par exemple – en s'agrippant à des radeaux de végétaux naturels? 


Faut-il admettre qu'ils seraient arrivés là en s'embarquant sur des radeaux? 



— Extraits d'un article de : L'Humanologue






Aron O’Raney —