06 février 2026

≡ Heureux Sont Les Pauvres…

Beati Pauperes Spiritu Quia Ipsorum Est Regnum Coelorum (Mt 5:3)


Par La Bouche De La Sagesse, La Félicité Énonça : « Heureux Les Pauvres En Esprit, Car Le Royaume Des Cieux Leur Appartient. » 


Les Anges, Les Saints, Tout Ce Qui Ne Naquit Jamais Doit Être Silence Quand Parle L’éternelle Sagesse Du Père, Car Toute La Sagesse Des Anges Et De Toutes Les Créatures N’est Que Pur Néant Devant L’insondable Sagesse De Dieu.


Cette Sagesse A Dit : « Heureux Sont Les Pauvres. » Or, il y a deux genres de pauvreté. La pauvreté extérieure, bonne et très louable lorsque l’homme la vit volontairement par amour pour notre Seigneur Jésus-Christ, comme lui-même l’a assumée sur Terre. Mais, selon la parole de notre Seigneur, il est une autre pauvreté, une pauvreté intérieure; puisqu’il dit : « Heureux sont les pauvres en esprit. »


Soyez, je vous prie, de tels pauvres afin de comprendre ce discours, car, je vous le dis au nom de la vérité éternelle, si vous ne devenez pas semblables à cette vérité, vous ne pourrez pas me comprendre. D’aucuns m’ont interrogé sur la vraie pauvreté et sur ce qu’il faut entendre par un homme pauvre.


Je vais maintenant leur répondre.


L’évêque Albert dit : « Est un homme pauvre, celui qui ne peut se contenter de toutes les choses que Dieu a jamais créées », et cela est bien dit. Mais nous allons encore plus loin et situons la pauvreté à un niveau bien plus élevé. Est un homme pauvre, celui qui ne veut rien, ne sait rien et ne possède rien.


Je vais vous parler de ces trois points et vous prie, par amour de Dieu, d’essayer de comprendre cette vérité, si cela vous est possible. Mais si vous ne la comprenez pas, n’en soyez pas troublés, car je parlerai d’un aspect de la vérité que très peu de gens, même profonds, sont en mesure de comprendre.


Nous dirons d’abord qu’un homme pauvre est celui qui ne veut rien. Bien des gens ne comprennent pas véritablement ce sens. Ce sont ceux qui s’adonnent à des pénitences et à des pratiques extérieures, performances qu’ils tiennent néanmoins pour considérables, alors qu’ils ne font que s’autoglorifier.


Que Dieu en ait pitié de si peu connaître la vérité divine! 


Ils sont tenus pour saints, d’après leurs apparences extérieures, mais, au-dedans, ce sont des ânes qui ne saisissent pas le véritable sens de la divine vérité. Ces gens disent bien que pauvre est celui qui ne veut rien, mais, selon l’interprétation qu’ils donnent à ces mots, l’homme devrait vivre en s’efforçant de ne plus avoir de volonté propre et tendre à accomplir la volonté de Dieu.


Ce sont là des gens bien intentionnés et nous sommes prêts à les louer. Dieu, dans sa miséricorde, leur accordera sans doute le royaume des Cieux, mais, je dis moi, par la vérité divine, que ces gens ne sont pas, même de loin, de vrais pauvres. Ils passent pour éminents aux yeux de ceux qui ne connaissent rien de mieux, cependant, ce sont des ânes qui n’entendent rien de la vérité divine. Leurs bonnes intentions leur vaudront sans doute le royaume des Cieux, mais de cette pauvreté dont nous voulons maintenant parler, ils ne connaissent rien.




(Sermon 52, selon la numérotation de Josef Quint 

dans Die deutschen Werke)




Maître Eckhart —




 

≡ Les Prix Littéraires

David Szalay a obtenu le Booker Prize 2025, le « Goncourt anglo-saxon » pour Flesh, dont la traduction en français, Chair, sortira en janvier prochain (Crédit : Albin Michel/Jonas Matyassy).


🥇 Prix Littéraires : Un Nouveau Tiercé Gagnant


Après les très emblématiques prix Goncourt, Renaudot, Femina, ou encore celui de l’Académie Française - attribués la semaine dernière - l’actualité des récompenses littéraires a encore été marquée par plusieurs distinctions au cours des derniers jours. Tour d’horizon.


🔵 PRIX INTERALLIÉ


Réuni au restaurant Lasserre à Paris, le jury présidé par Jean-Marie Rouart a récompensé Louis-Henri de La Rochefoucauld pour L’Amour moderne (Robert Laffont), un récit hanté par la violence cachée au cœur des beaux quartiers parisiens, qui parfois conduit au meurtre.


Le récipiendaire succède à Thibault de Montaigu, récompensé en 2024, et qui, à ce titre, faisait partie du jury de cette année.


🔵PRIX WEPLER


Le jury, composé de libraires et de critiques littéraires, récompense chaque année un écrivain émergent avec le soutien de la Fondation La Poste.


Il s’est laissé séduire lundi par le Suisse Bernard Bourrit, et son Détruire tout (Incultes/Actes Sud) qui plonge le lecteur dans une affaire de féminicide au cœur des années 60.


🔵BOOKER PRIZE


L’un des plus prestigieux prix littéraires du monde anglo-saxon est revenu lundi au Britannico-Hongrois David Szalay pour son roman Flesh (Jonathan Cape), qui évoque le retour en Hongrie d’un personnage longtemps expatrié en Grande-Bretagne.


Le roman sera publié en français en janvier prochain chez Albin Michel.




— 21 janvier 2026

— Source documentaire : L’Essentiel Nice




Aron O’Raney —




05 février 2026

≡ Réflexions Crépusculaires…



Aujourd’hui, il a un âge avancé, sans pour autant avoir pleinement conscience d’une réalité qui lui semble étrangère. Si, en cet instant-là, quelqu’un lui demande ce qu’il ressent, il serait bien en peine de répondre.


Il peut, constater et admettre la vérité arithmétique de son âge — cela ne se discute pas —, mais au-delà ? Rien. Qui est-il, au regard de l’humanité, face au tumulte du monde ?


Dans cet «ici et maintenant», il n’y a ni joie, ni tristesse, ni la moindre émotion vraiment saisissable. Juste une sorte de résignation — mais ce mot même lui paraît inadéquat. Ce n’est pas tout à fait une reddition ni une acceptation, quelque chose d’indéfinissable flotte entre les deux.


Le nuage de l’inconnaissance refuse de se dissiper.


Il a vécu pour l’essentiel, à travers le regard et les actions des autres. Personnes proches ou figures idéalisées, ce furent eux ses modèles — ceux qu’il admirait, ceux à qui il aurait tant aimé ressembler, sans jamais y parvenir.


Il ignore encore et toujours le sens de cette vie.


Il ne sait rien — voilà ce qu’il peut dire, avec l’expérience et après tant d’épreuves vécues au cours de cette existence. Il est convaincu que son voyage se terminera comme il a commencé, c’est-à-dire, dans l’inconscience des jours qui passent et de ceux à venir.


Sa vie s’est édifiée, sans fondation, elle a été bâtie sur le sable mouvant de l’incompréhension, portée par les petits et grands tourments du quotidien. Des bouts de presque rien, qui l’ont mené au pas grand-chose qu’il est aujourd’hui, dans un « ici et maintenant » sans réelle consistance.


Il ne laissera aucune trace de son passage, si ce n’est peut-être, seulement, quelques réminiscences de malfaisances, qu’il n’aura pas eu ni la volonté ni le courage de réparer.


Il aimerait pouvoir dire — ou tout au moins croire, bien qu’il en doute — qu’à certains moments et en quelques circonstances de sa vie, parfois, il a pu être utile à quelqu’un. Ne serait-ce qu’une fois. Rien qu’un instant.




— Dimanche 26 mai 2024




Jean Rumoncey —