04 juillet 2026

≡ Tu Fais Partie Du Monde


Ne t'imagine pas 

Que tu puisses être isolé 

Du méchant ou de l'homme insensé.


Ils sont toi-même, 

Quoiqu'à un moindre degré

Que ton ami ou que ton Maitre.


Mais si tu laisses grandir en toi, l'idée que tu n'es pas solidaire

D'une personne ou d'une chose mauvaise, 

Tu créeras, par ce fait, un Karma qui te liera

À cette personne ou à cette chose,

Jusqu'au jour où ton Ame aura reconnu 

Qu'elle ne peut être isolée!


Rappelle-toi que le péché

Et l'opprobre du monde sont ton péché, 

Et ton opprobre, car tu fais partie du monde. 


Ton Karma est inextricablement 

Tissé avec le grand Karma. 


Et avant que tu puisses atteindre 

La connaissance, 

Il te faut avoir traversé tous les endroits, 

Qu'ils soient impurs ou nets.


Rappelle-toi que le vêtement souillé 

Dont le contact te répugne

Peut t'avoir appartenu hier, 

Peut t'appartenir demain. 


Et si tu t'en détournes avec dégoût, 

il t'enserrera d'autant plus étroitement, 

Lorsqu'il sera jeté sur tes épaules. 


L'homme qui s'enorgueillit de sa vertu 

Se prépare un lit de fange. 


Abstiens-toi 

Parce qu'il est bon de t'abstenir, 

Non pas afin de garder 

Ta pureté personnelle.



— Extraits  I, 17-18

— D'un Traité sur la Sagesse Orientale






La Lumière Sur Le sentier —



 

≡ Un 31e ouvrage de Rabelais découvert

L'ouvrage peut être consulté sur réservation avant sa vente programmée le 28 mai à Nice (crédit : Millon Riviera / Adobe Stock).


📚 Un 31e ouvrage ayant appartenu à Rabelais a été découvert


À la mort de Rabelais, sa bibliothèque de plus de 200 ouvrages a été dispersée. Les bibliophiles avaient retrouvé l'existence de 30 d'entre eux, mais un nouvel ouvrage vient d'apparaître à Nice et il est mis aux enchères. Un nouvel éclairage sur l'histoire de la littérature.


— On Parle De Qui ?


François Rabelais était un écrivain, médecin et moine français de la Renaissance. Il est connu pour ses récits satiriques et comiques mettant en scène les géants Gargantua et Pantagruel.


Il était un humaniste qui n'a eu de cesse de critiquer la religion dogmatique, l'éducation médiévale trop rigide ou encore les abus de pouvoir.


Avec une pointe d'humour, il amenait le lecteur à la réflexion, prônant un certain progressisme. Il incarne l'esprit libre et curieux de la Renaissance.


— Pourquoi C'est Important ?


La maison de vente Millon Riviera a mis aux enchères à Nice l'exemplaire d'un ouvrage ayant appartenu à François Rabelais.


La bibliothèque de Rabelais, estimée entre 200 et 250 volumes, a été dispersée après sa mort. Les ouvrages
Identifiés à ce jour, souvent signés, apportent une connaissance sur les sources d'inspiration de l'humaniste et de ses productions.


Avant cette découverte effectuée dans la région niçoise, seulement 30 ouvrages étaient connus des experts. Ce 31e apporte ainsi un nouvel éclairage.


Cette pièce exceptionnelle estimée entre 15.000 et 20.000 € est à découvrir sur rendez-vous à Nice (04 93 62 37 75).


— De Quoi S'agit-Il ?


On parle ici d'un volume exceptionnel datant de 1530, qui porte un ex-libris autographe et constitue donc le 31e exemplaire recensé à ce jour.


L'ouvrage, imprimé à Paris en 1530 au collège de la Sorbonne par Gérard Morrhy, réunit les commentaires de Didyme sur l'Odyssée et un traité grec de Théodore Gaza.


Elle présente de nombreuses annotations marginales manuscrites, absentes de l'exemplaire de référence. «Ces interventions témoignent d'une lecture active et érudite du texte grec», explique la maison de vente.


«Ces marginalia donnent accès à une pratique concrète de lecture et d'appropriation des textes grecs à la Renaissance. Elles inscrivent ce volume dans un usage savant, au croisement de l'érudition philologique et de la formation médicale de Rabelais», souligne Paul-Antoine Vergeau, commissaire-priseur et directeur de la maison de vente aux enchères Millon Riviera.



— 19 mai 2026

— Source : L'Essentiel Nice






Aron O’Raney —




03 juillet 2026

≡ J'entends Bien ce peuple


J'entends Bien Qu'un Tel Peuple Ne Peut Être Accepté De Tous. 


•— Ici, l'intelligence n'a pas de place, comme en Italie. 


Cette race est indifférente à l'esprit. Elle a le culte et l'admiration du corps. Elle en tire sa force, son cynisme naïf, et une vanité puérile qui lui vaut d'être sévèrement jugée. 


On lui reproche communément sa «mentalité», c'est-à-dire une façon de voir et de vivre. Et il est vrai qu'une certaine intensité de vie ne va pas sans injustice. 


Voici pourtant un peuple sans passé, sans tradition et cependant non sans poésie — mais d'une poésie dont je sais bien la qualité dure, charnelle, loin de la tendresse, celle même de leur ciel, la seule à la vérité qui m'émeuve et me rassemble.


•— Le contraire d'un peuple civilisé, c'est un peuple créateur. 


Ces barbares qui se prélassent sur des plages, j'ai l'espoir insensé qu'à leur insu peut-être, ils sont en train de modeler le visage d'une culture où la grandeur de l'homme trouvera enfin son vrai visage. 


Ce peuple tout entier jeté dans son présent vit sans mythes, sans consolation. Il a mis tous ses biens sur cette terre et reste dès lors sans défense contre la mort. 


Les dons de la beauté physique lui ont été prodigués. Et avec eux, la singulière avidité qui accompagne toujours cette richesse sans avenir. 


•— Tout ce qu'on fait ici marque le dégoût de la stabilité et l'insouciance de l'avenir.


On se dépêche de vivre et, si un art devait y naître, il obéirait à cette haine de la durée qui poussa les Doriens à tailler dans le bois leur première colonne. 


Et pourtant, oui, on peut trouver une mesure en même temps qu'un dépassement dans le visage violent et acharné de ce peuple, dans ce ciel d'été vidé de tendresse, devant quoi toutes les vérités sont bonnes à dire et sur lequel aucune divinité trompeuse n'a tracé les signes de l'espoir ou de la rédemption.


Entre ce ciel et ces visages tournés vers lui, rien où accrocher une mythologie, une littérature, une éthique ou une religion, mais des pierres, la chair, des étoiles et ces vérités que la main peut toucher.


Sentir ses liens avec une terre, son amour pour quelques hommes, savoir qu'il est toujours un lieu où le cœur trouvera son accord, voici déjà beaucoup de certitudes pour une seule vie d'homme. 


Et sans doute, cela ne peut suffire. Mais à cette patrie de l'âme, tout aspire à certaines minutes. «Oui, c'est là-bas qu'il nous faut retourner.» Cette union que souhaitait Plotin, quoi d'étrange à la retrouver sur la terre? 



— Extrait De «Noces» 1936-1937

— L'Été À Alger — À Jacques Heurgon 






—Albert Camus —