10 mars 2026

≡ Le Jaïnisme


Le jaïnisme est à la fois philosophie et religion, il est pratiqué par plus de Trois millions de personnes, essentiellement en Inde, mais également aux Etats-Unis et en Angleterre.



C’est l’une des plus anciennes religions de l’Inde, elle fut créée par le prince Vardhamâna Jnatâ au VIe siècle av. J.-C ; le refondateur de cette tradition fut Jina Mahavira 599-527 av. J.-C., qui se trouve mentionné dans les écrits Bouddhiques et Hindouistes.



La tradition stipule que « Mahavira » n’est que le dernier des Vingt-Quatre guides de la voie de la libération « Tirthankara », le premier étant « Rsabha », considéré comme le précurseur de la civilisation humaine.


Nombre d’écrits confirment, par ailleurs aussi, l’existence de Deux prédécesseurs de Mahavira : Le Vingt-troisième instructeur, « Parsva » 877-777 av. J.-C. et le vingt-deuxième guide « Nemi », que la tradition désigne comme étant le cousin de « Krishna ».


La caractéristique principale du Jaïnisme réside dans la stricte observance de l’ahimsa, qui est la règle éthique ultime de la « non-violence » interdisant de tuer ou de maltraiter tout être vivant.


L’Ahimsa, c’est pour le jaïn, la non-violence en toute chose, dans les pensées, les paroles et les actes.


Le jaïnisme sans l’application stricte de l’ahimsa est vidé de toute consistance, car la non-violence n’est pas que l’absence de la violence, celle-ci doit s’accompagner obligatoirement de sollicitude, d’amour, et de compassion. 


L’attention dans les relations avec « tous les êtres vivants » permet seule de parvenir à la réalité ultime, de ce que doit être l’ahimsa.


Les quatre principes du jaïnisme sont les suivants :


— La personnalité de l’homme est matérielle et spirituelle,

— L’homme n’est pas parfait,

— L’homme est capable de vaincre sa nature matérielle,

— L’homme est seul responsable de son avenir.


Le karma, qui résulte des pensées, paroles et actes, est le fondement du jaïnisme.


La Foi Juste, la Connaissance juste et la Conduite juste sont les « Trois joyaux » qui permettent d’arriver au salut.


La doctrine Jaïniste est contenue dans « l’Anga », onze livres, qui s’adressent aux ascètes comme aux laïcs, dans ces ouvrages l’on trouve les sermons, entretiens, et récits, écrits vers 312 avant J-C.


Les cinq Vœux essentiels à ne pas transgresser résultent d’un dialogue entre Mahavira et l’un de ses disciples :


— Ne pas exercer de violence sur les êtres vivants,

— Ne pas mentir,

— Ne pas voler,

— Ne pas commettre d’impuretés sexuelles,

— Ne pas s’attacher aux biens matériels.


Les moines ascètes doivent observer scrupuleusement les Cinq « grands vœux »; les laïcs les appliquent bien moins strictement, ce sont alors les « petits vœux » dans ce cas.


Parmi les autres vœux à observer, il y a aussi :


— La méditation,

— L’absence de paroles et d’actes inutiles,

— Le jeûne quatre jours par mois...


Doctrine d’ascète et de moine, le jaïnisme impose des règles de vie rigoureuses. La pratique absolue, de certains moines, peut même les amener au suicide rituel par le jeûne.


Le « Jaïn » est végétarien par nature, et les moines et moniales ne doivent ni tuer ni détruire ce qui est végétal. 

Le moine balaie le sol avant de le fouler, il porte un voile devant sa bouche, pour éviter d’avaler par mégarde des insectes. 


Pour se libérer du cycle des renaissances et atteindre le Nirvana, le jaïn doit se détacher du monde matériel par l’ascétisme. Après y être parvenu, il devient un tirthankara, « faiseurs de gués ». 

L’emblème du jaïn est la « main » qui symbolise le réconfort moral et la compassion, tous deux issus de « l’Ahimsa ». Les inscriptions en sanskrit signifient au centre de la main « Ahimsa » et au dessous la légende se traduit par « Toutes les vies sont interdépendantes et donc se doivent un mutuel respect, une mutuelle assistance ».


Les laïcs observent un régime rigoureux. Les jaïns croient que l’âme individuelle ne peut atteindre son but « la divinité » qu’en suivant ces pratiques de purification et de discipline. 

Au cours des âges, les Jaïns, ont toujours manifesté leur vitalité, très orientés, vers la compassion active, ils se sont solidement maintenus.


La communauté Jaïn est fort respectée, elle dispose en Inde d’une puissance économique enviable, elle jouit en outre d’un prestige qui tient à son grand rayonnement intellectuel et moral. Les métiers traditionnellement admis et pratiqués par ses adeptes sont les affaires publiques, l’écriture, les arts, l’agriculture, l’artisanat et le commerce.


À la différence du bouddhisme, le jaïnisme n’a guère cherché à s’étendre hors de ses frontières ; s’il n’y avait encore en 1981 qu’environ trois millions deux cent mille pratiquants, c’est en raison des exigences qu’il s’impose en matière de perfection.




Aron O’Raney —




 

≡ Découverte D’une Nécropole…


À Fosses, Découverte D’une Nécropole Ancienne Cité Potière


— Les fouilles ont également exhumé les vestiges d’anciens ateliers médiévaux, témoins de l’histoire locale.


En Île-de-France, au nord de Paris, la commune de Fosses (Val-d’Oise) est riche d’une histoire ancienne liée essentiellement à l’argile et à la poterie. 


Ces derniers jours, l’Institut national de recherches archéologiques préventives a confirmé et enrichi ce chapitre de l’histoire locale en publiant le contenu de ses travaux concernant la découverte des vestiges de quelques habitations ainsi qu’une vaste nécropole comprenant de nombreuses sépultures de l’époque carolingienne.


🔷Fosses, une citée potière


Il est attesté par les historiens que l’extraction de l’argile et la production de poterie à Fosses débutent dès l’époque gallo-romaine, vers le IVe siècle après J.-C. 


Pendant l’Antiquité, la cité se développe alors à proximité de grandes voies romaines parcourant toute la région, favorisant ainsi le commerce et l’exportation des productions locales.


Au Moyen Âge, cette activité se développe au point que les créations réalisées à Fosses sont vendues dans une large partie de la région.


On trouve ainsi de nombreuses poteries dans les châteaux et les monastères des environs issus d’au moins une dizaine d’ateliers fonctionnant simultanément à Fosses, faisant de la cité au Moyen Âge l’un des principaux centres potiers du nord de l’Île-de-France.


Cependant, au fil des siècles, les filons d’argile finissent par s’épuiser. Cette situation oblige alors progressivement les artisans et les ouvriers à quitter Fosses pour exercer leur artisanat ailleurs. À la fin de l’Ancien Régime, en 1770, la commune ne compte plus qu’environ 125 habitants, vivant essentiellement du travail agricole.


🔷Des fours et encore des fours…


Conscients de cette histoire artisanale, les archéologues ont ainsi récemment mis au jour sur un terrain de près de 1600 m² plusieurs fours creusés en sape dans le sol. L’étude de leur vestige ont alors permis aux scientifiques de déterminer qu’ils n’étaient pas tous destinés à la production de céramiques.


En effet, plusieurs structures, de formes et de tailles différentes, correspondent plutôt à des fours domestiques utilisés pour la cuisson du pain, probablement partagés par plusieurs familles de potiers installées à proximité. Un grand four de potier a également été dégagé. 


Si certaines céramiques présentaient des défauts, ils étaient alors jetés dans une fosse voisine, une véritable tessonnière, également mise au jour lors des fouilles. Les archéologues ont aussi identifié d’autres fosses, dont l’une servait de zone de stockage pour l’argile.


— Afin de préciser la temporalité de ces installations, les chercheurs auront recours à l’archéomagnétisme. 


En effet, certaines structures chauffées à haute température enregistrent, au moment de leur dernière utilisation, l’orientation et l’intensité du champ magnétique terrestre, grâce aux oxydes de fer contenus dans l’argile. La comparaison de ces données permettra ainsi de dater avec précision l’ultime utilisation de ces fours.


🔷Une nécropole carolingienne


En parallèle de ces découvertes, les archéologues ont mis au jour une vaste nécropole médiévale comptant au moins 80 sépultures, dont les plus anciennes sont attribuées à la période carolingienne, entre le IXe et le Xe siècle. 


Les tombes sont organisées en rangées régulières et parfois en petits groupes. Plusieurs fosses présentent des aménagements particuliers, notamment des fosses étroites munies d’une loge céphalique, c’est-à-dire un petit espace réservé à la tête du défunt, soigneusement aménagé dans la terre. 


Les individus retrouvés sont inhumés avec une absence totale de mobilier funéraire observée par les archéologues.


À terme, l’étude des squelettes permettra de documenter l’âge, le sexe, l’état et les conditions de vie de ces individus, offrant un nouvel éclairage sur la vie de ces personnes travaillé et habité ce village de potiers au début du Moyen Âge.




— 22 février 2026

— Source : Boulevard Voltaire France

— Un article de : Eric de Mascureau




Aron O’Raney —




 

09 mars 2026

≡ Entraîner Son Esprit


Nous Déployons Beaucoup D’efforts Pour Améliorer Les Conditions Extérieures De Notre Existence, Mais En Fin De Compte C’est Toujours Notre Esprit Qui Fait L’expérience Du Monde Et Le Traduit Sous Forme De Bien-Être Ou De Souffrance.


Si nous transformons notre façon de percevoir les choses, nous transformons la qualité de notre vie. Et ce changement résulte d’un entraînement de l’esprit que l’on appelle méditation.


Selon le bouddhisme, « méditer » signifie « s’habituer » ou « cultiver ». 


La méditation consiste à se familiariser avec une nouvelle manière d’être, de gérer ses pensées et de percevoir le monde.


On entend souvent dire que le bouddhisme vise à supprimer les émotions. Tout dépend de ce que l’on entend par « émotion ».


— S’il s’agit de celles qui perturbent notre esprit, comme la haine, l’anxiété et la jalousie, pourquoi ne pas s’en débarrasser?


— S’il s’agit, au contraire, des sentiments d’amour altruiste ou de compassion à l’égard de ceux qui souffrent, pourquoi ne pas les développer?


Tel est, en tout cas, le but de la méditation. 


Pour ce faire, l’introspection bouddhiste a recours à deux méthodes : l’une analytique, l’autre contemplative. L’analyse consiste à examiner la nature de la réalité, laquelle est essentiellement interdépendante et impermanente, et à évaluer honnêtement les tenants et les aboutissants de nos souffrances et de celles que nous faisons subir à autrui.


L’approche contemplative consiste à tourner notre attention vers l’intérieur et à observer, derrière le voile des pensées et des concepts, la nature de la « conscience pure » qui sous-tend toutes pensées et permet leur apparition. Cette faculté fondamentale de « connaître » existe en l’absence de constructions mentales et d’objets de pensée.


Les applications pratiques de ces recherches


Sécularisées et validées scientifiquement, ces techniques de méditation pourraient, par exemple, être utilement intégrées au programme d’éducation des enfants; une sorte d’équivalent mental du cours d’éducation physique, et dans la prise en charge thérapeutique des problèmes émotionnels chez l’adulte.


Depuis trois ans, l’Institut Mind and Life a également organisé des rencontres de travail visant à concevoir un programme d’intervention dans l’éducation pour développer de manière laïque l’altruisme, l’équilibre émotionnel, l’attention et à réduire le stress.


Une rencontre plénière avec le Dalaï-Lama sur ce sujet est prévue à Washington en octobre 2009. Un programme sera ensuite mis à l’essai dans plusieurs écoles américaines et les résultats seront comparés avec ceux d’un groupe témoin.


Ainsi, ces récentes découvertes scientifiques ont changé notre perception de l’évolution du cerveau au cours de la vie. Les esprits commencent à être prêts à accepter que ce n’est pas de la fantaisie et que l’on touche au cœur des neurosciences et de la neuroplasticité, un domaine lui-même relativement nouveau.


Parallèlement, les nouvelles techniques d’IRM et d’électroencéphalogrammes, de plus en plus puissantes et sophistiquées, conjuguées avec la participation de contemplatifs expérimentés, nous ont menés à un âge d’or des « neurosciences contemplatives ». 




— Extrait de « Neurosciences Et Méditation »




Matthieu Ricard —