02 mai 2026

≡ L'interprète Des Désirs


Celui que Tu aimes est dans ton cœur


Ayant vu l'éclair à l'Est, 

il a la nostalgie de l'Est, 


L'eût-il vu à l'Ouest, 

Il aurait eu la nostalgie de l'Ouest. 


Car mon amour est pour l'éclair et sa fulguration, 

Non pour les lieux et terres. 


La brise rapporta ce propos, 

Transmis par mon chagrin, ma tristesse, ma mélancolie, 


Mon ivresse, ma raison, ma nostalgie, ma passion, 

Mes larmes, mes paupières, ma flamme, mon cœur : 


«Celui que tu aimes est dans ton cœur, 


Les soupirs le tournent et le retournent 


Et moi à la brise : «Rapporte-lui que c'est lui 

Qui allume le feu dans le cœur! 


L'éteint-il, ce sera l'union sans fin 

L'attise-t-il, qu'y pourra l'amoureux


Ne lui suffit-il pas que je sois dans son cœur


Je salue Salma et ceux qu'abrite sa demeure!


Quelqu'un comme moi doit tendrement saluer!


Que lui coûtera de me répondre par un salut?


Et pourtant, aucun recours si les belles ne répondent pas.


Elle s'en alla avec les siens, 

la nuit baissant ses voiles,


Et moi : «Pitié de l'amoureux, 

égaré et mortifié,


Que les nostalgies entourent et protègent

Et qu'assaillent, partout où il va, 


Celles qui décochent les flèches


Elle se laissa entrevoir, un éclair fulgura.


Lequel des deux déchira les ténèbres,

Je ne le sais.


Et elle : «Ne lui suffit-il pas que je sois dans son cœur

Et qu'il puisse me voir en tout temps comme il veut





Ibn'Arabî —



≡ Une Cité Émerge En Mésopotamie

Des archéologues ont retrouvé une ville stratégique fondée par Alexandre le Grand en Mésopotamie. © XD


— Une cité stratégique fondée par Alexandre le Grand refait surface dans les sables de Mésopotamie


Après avoir disparu pendant des siècles sous les sédiments, les conflits et les transformations des fleuves, une ville antique longtemps recherchée refait surface. 


Des archéologues affirment avoir identifié Alexandrie sur le Tigre, une cité fondée par Alexandre le Grand et autrefois au cœur des échanges commerciaux entre la Mésopotamie et l’Orient lointain.


Fondée au IVe siècle avant notre ère par Alexandre le Grand, Alexandrie sur le Tigre était destinée à faciliter les échanges maritimes entre la Mésopotamie et l’Inde. La Ville se situait près de la confluence du Tigre et du Karun, à moins de deux kilomètres de l’ancien rivage du golfe Persique.


Cette position stratégique en faisait un carrefour commercial majeur reliant l’intérieur de la Mésopotamie à des régions beaucoup plus éloignées, comme l’Inde, l’Afghanistan ou encore la Chine. Au fil des siècles, la cité prit le nom de Charax Spasinou, mais son emplacement exact finit par se perdre dans l’histoire.


Les premiers indices modernes remontent aux années 1960. 


Le chercheur britannique John Hansman avait alors repéré sur des photographies aériennes, des structures pouvant correspondre à l’ancienne ville. Mais les tensions politiques le long de la frontière irano-irakienne ont longtemps empêché toute exploration approfondie.


Des archéologues ont identifié les vestiges de l’ancienne Alexandrie sur le Tigre, une cité fondée au Ive siècle avant notre ère par Alexandre le Grand. © Robert Killick, Projet Charax Spasinou 2022


Drones et magnétomètres pour cartographier la ville disparue


Les recherches ont véritablement repris en 2014, lorsque des archéologues britanniques ont pu se rendre sur le site de Jebel Khayyaber, près des ruines de l’ancienne cité d’Ur. Malgré un contexte sécuritaire encore sensible, ils y ont découvert d’imposantes fortifications s’étendant sur plusieurs kilomètres et atteignant par endroits près de huit mètres de hauteur.


En 2016, l’archéologue Stefan Hauser, de l’université de Constance et spécialiste de l’époque hellénistique, a rejoint le projet. Son équipe a mené d’importantes prospections de terrain sur plus de 500 kilomètres.


Les chercheurs ont également utilisé des drones pour cartographier le paysage et des magnétomètres au césium afin de détecter les structures enfouies sans procéder à des fouilles invasives. Les relevés révèlent une ville organisée selon un plan en damier comprenant quartiers résidentiels, canaux, temples, ateliers et même un complexe palatial.


Selon Stefan Hauser, l’organisation urbaine rappelle celle d’Alexandrie en Égypte. Les deux villes avaient été conçues comme des points de passage entre les empires de l’intérieur des terres et les grandes routes commerciales maritimes. Pendant plus de cinq siècles, Alexandrie sur le Tigre aurait ainsi joué un rôle clé dans les réseaux d’échanges à longue distance.


Une ville abandonnée après le déplacement du Tigre


Le déclin de la cité semble avoir été provoqué par des changements environnementaux. Au fil du temps, le Tigre s’est progressivement déplacé vers l’Ouest. Au IIIe siècle de notre ère, le fleuve et le golfe Persique se trouvaient bien plus au sud, isolant la ville de ses routes commerciales et affaiblissant son économie.


Peu à peu, la cité fut abandonnée. Son rôle stratégique dans la région fut ensuite repris par la ville de Bassora, aujourd’hui l’un des principaux ports d’Irak.


De nouvelles recherches sont désormais prévues grâce au soutien de la Fondation Gerda Henkel, de la Fondation allemande pour la recherche et du fonds de protection du patrimoine culturel du British Council. Pour Stefan Hauser, le site pourrait encore livrer des informations essentielles sur les réseaux commerciaux de l’Antiquité et sur la manière dont les grandes villes portuaires étaient planifiées dans le monde antique.




— Source : Futura

— Un article de: Cécile Breton

— 16 mars 2026




Aron O’Raney —



01 mai 2026

≡ Qu'Est-Ce Qu'Aimer ?


L'amour suscite des impulsions naturelles qui n'ont rien à voir avec l'attachement :  Le plaisir de se voir, de s'entendre, de se caresser, de communiquer, d'être ensemble, de partager ses sentiments, ses expériences, qui favorisent l'intimité et la découverte mutuelle.


Quand apparaît l'être que j'aime, une mélodie résonne en moi. C'est ma propre mélodie qui me rend heureux, mais qui s'approfondit et s'enrichit de la sienne. Quand il s'en va, je déborde de sa musique et de la mienne qui ne se gênent pas mais se complètent, élargissant notre sentiment de bonheur, ce bonheur que nous sommes.


Cette mélodie se répand en moi, mais elle ne m'envahit pas, elle me laisse libre d'écouter d'autres mélodies. Et même si la suivante diffère, elles enrichissent toutes ma propre mélodie, l'agrémentant de nuances harmoniques qui l'embellissent.


Plusieurs mélodies peuvent m'enchanter d'une manière spéciale, se distinguant des autres, mais je ne m'attache à aucune d'elles et ne désire pas qu'elles m'attachent. Écouter un seul instrument dans la symphonie, c'est se priver de l'harmonie du concert.  


Aimer, c'est écouter tous les instruments.


La raison de mon bonheur, ce n'est pas mon ami, mais je suis heureux lorsque je suis avec lui. Avant, je croyais que la symphonie ne résonnait que lorsque nous étions ensemble. Maintenant, je me réjouis quand mon ami est là, et pareillement quand il part, car ce qu'il m'a donné ne part pas avec lui.


Je n'ai pas de nostalgie, puisque je me sens heureux, sans regret.


Comment les personnes que j'aime pourraient-elles me manquer alors que je suis rempli de leur présence? 


Je ne crains pas non plus qu'elles m'oublient, puisqu'en partant, elles ont emporté de moi tout ce que j'ai su leur donner. La vérité, mon ami, c'est que je ne peux déplorer ton absence, puisque je suis habité par toi. Si cela était, je devrais admettre que, une fois parti, tu ne m'habites plus.


Mais si je t'aime, cela ne peut se produire. Pauvre de moi si, à chaque fois qu'une personne aimée s'en va, mon orchestre arrêtait de jouer! Quand je t'aime, je t'aime indépendant de moi : libre comme le vent. Non amoureux de moi, mais de la vie. 


Tu ne peux marcher avec quelqu'un accroché à toi. Il t'empêcherait d'avancer et tu freinerais sa capacité de choisir et de marcher par lui-même.


Il est courant de penser que nous avons tous des besoins affectifs : Se sentir aimé, apprécié, être désiré, appartenir à quelqu'un. Ce n'est pas vrai Tu n'es pas un objet qui s'évalue en fonction du prix qu'on y met et de la demande du marché. 


Une telle nécessité est un leurre et, si tu la ressens, dis-toi que tu souffres d'une maladie dont l'origine est ton insécurité affective. La maladie, nécessité de te sentir aimé, autant que le remède désiré, attention, dévouement, estime, sont le produit de faux besoins.


Des besoins affectifs faisant que notre bonheur dépendrait du comportement des autres? 


Ce n'est pas sérieux! 


Tu possèdes tous les éléments pour être heureux; si tu ne l'es pas, cherche en toi ce qui fait obstacle. L'amour est un état d'âme, une manière d'être; ce n'est pas une action, une activité, une obligation.



— Extraits de «Libres Enfin 





Anthony De Mello —