25 septembre 2026

≡ Réflexions Crépusculaires…


Aujourd’hui, il a un âge avancé, sans pour autant avoir pleinement conscience d’une réalité qui lui semble étrangère. 


Si, en cet instant-là, quelqu’un lui demande ce qu’il ressent, il serait bien en peine de répondre.


Il peut, constater et admettre la vérité arithmétique de son âge — cela ne se discute pas —, mais au-delà ? Rien. 


Qui est-il, au regard de l’humanité, face au tumulte du monde ?


Dans cet « ici et maintenant », il n’y a ni joie, ni tristesse, ni la moindre émotion vraiment saisissable. Juste une sorte de résignation — mais ce mot même lui paraît inadéquat. 


Ce n’est pas tout à fait une reddition ni une acceptation, quelque chose d’indéfinissable flotte entre les deux.


Le nuage de l’inconnaissance refuse de se dissiper.


Il a vécu pour l’essentiel, à travers le regard et les actions des autres. Personnes proches ou figures idéalisées, ce furent eux ses modèles — ceux qu’il admirait, ceux à qui il aurait tant aimé ressembler, sans jamais y parvenir.


Il ignore encore et toujours le sens de cette vie.


Il ne sait rien — voilà ce qu’il peut dire, avec l’expérience et après tant d’épreuves vécues au cours de cette existence. 


Il est convaincu que son voyage se terminera comme il a commencé, c’est-à-dire, dans l’inconscience des jours qui passent et de ceux à venir.


Sa vie s’est édifiée, sans fondation, elle a été bâtie sur le sable mouvant de l’incompréhension, portée par les petits et grands tourments du quotidien. 


Des bouts de presque rien, qui l’ont mené au pas grand-chose qu’il est aujourd’hui, dans un « ici et maintenant » sans réelle consistance.


Il ne laissera aucune trace de son passage, si ce n’est peut-être, seulement, quelques réminiscences de malfaisances, qu’il n’aura pas eu ni la volonté ni le courage de réparer.


Il aimerait pouvoir dire — ou tout au moins croire, bien qu’il en doute — qu’à certains moments et en quelques circonstances de sa vie, parfois, il a pu être utile à quelqu’un. 


Ne serait-ce qu’une fois. Rien qu’un instant.







—■ Jean Rumoncey —




24 septembre 2026

≡ L’Illusion De L’Ego


■ Dès Ma Première Rencontre Avec Des Sages De La Tradition Du Bouddhisme Tibétain, J’ai Été Frappé Par Le Fait Qu’ils Manifestaient D’une Part Une Grande Force Intérieure, Une Bienveillance Sans Faille Et Une Sagesse À Toute Épreuve, Et D’autre Part Une Complète Absence Du Sentiment De L’importance De Soi. 


J’ai moi-même observé à quel point l’identification à un «Moi» qui siégerait au cœur de mon être est une source de vulnérabilité constante, et que la liberté intérieure qui naît d’un amenuisement de cette identification est une source de plénitude et de confiance sans égale.


Comprendre la nature de l’ego et son mode de fonctionnement est donc d’une importance vitale si l’on souhaite se libérer des causes intérieures du mal-être et de la souffrance. 


― L’idée De Se Dégager De L’emprise De L’ego Peut Nous Laisser Perplexes, Sans Doute Parce Que Nous Touchons À Ce Que Nous Croyons Être Notre Identité Fondamentale. 


Nous imaginons qu’au plus profond de nous-mêmes siège une entité durable qui confère une identité et une continuité à notre personne. Cela nous semble si évident que nous ne jugeons pas nécessaire d’examiner plus attentivement cette intuition. 


Pourtant, dès que l’on analyse sérieusement la nature du «Moi», l’on s’aperçoit qu’il est impossible d’identifier une entité distincte qui puisse y correspondre. En fin de compte, il s’avère que l’ego n’est qu’un concept que nous associons au continuum d’expériences qu’est notre conscience.


Nous pourrions penser qu’en consacrant la majeure partie de notre temps à satisfaire et à renforcer cet ego, nous adoptons la meilleure stratégie pour atteindre le bonheur. Mais c’est faire ainsi un mauvais pari, car c’est tout le contraire qui se produit. 


L’ego ne peut procurer qu’une confiance factice, construite sur des attributs précaires – le pouvoir, le succès, la beauté et la force physiques, le brio intellectuel et l’opinion d’autrui – et sur tout ce qui constitue notre image.


― Une Confiance En Soi Digne De Ce Nom Est Tout Autre.


C’est paradoxalement une qualité naturelle de l’absence d’ego. 


La confiance en soi qui ne repose pas sur l’ego est une liberté fondamentale qui n’est plus soumise aux contingences émotionnelles, une invulnérabilité face aux jugements d’autrui, une profonde acceptation intérieure des circonstances, quelles qu’elles soient.


― Cette Liberté Se Traduit Par Un Sentiment D’ouverture À Tout Ce Qui Se Présente. 


Il ne s’agit pas d’une distante froideur ni d’un détachement sec, comme on l’imagine parfois lorsque l’on parle du détachement bouddhiste, mais d’un rayonnement altruiste qui s’étend à tous les êtres.


Lorsque l’ego ne se repaît pas de ses triomphes, il se nourrit de ses échecs en s’érigeant en victime. Entretenu par ses constantes ruminations, sa souffrance lui confirme son existence autant que son euphorie. 


― Qu’il Se Sente Porté Au Pinacle, Diminué, Offensé, Ou Ignoré, L’ego Se Consolide En N’accordant D’attention Qu’à Lui-Même.


L’attachement à l’existence de l’Ego considéré comme une entité unique et autonome est fondamentalement dysfonctionnel, car il est en porte-à-faux avec la réalité. Fondé sur une erreur, il est constamment menacé par la réalité, ce qui entretient en nous un profond sentiment d’insécurité. 


Conscient de sa vulnérabilité, l’ego tente par tous les moyens de se protéger et de se renforcer, éprouvant de l’aversion pour tout ce qui le menace et de l’attirance pour tout ce qui le sustente. 


De ces pulsions d’attraction et de répulsion naissent une foule d’émotions conflictuelles. En vérité, nous ne sommes pas cet ego, nous ne sommes pas cette colère, nous ne sommes pas ce désespoir. 


― Notre Niveau D’expérience Le Plus Fondamental Est Celui De La Conscience Pure, Cette qualité première de la conscience et qui est le fondement de toute expérience, de toute émotion, de tout raisonnement, de tout concept, et de toute construction mentale, l’ego, y compris.


Pour démasquer l’imposture du moi, il faut ainsi mener l’enquête jusqu’au bout. 


Quelqu’un qui soupçonne la présence d’un voleur dans sa maison doit inspecter chaque pièce, chaque recoin, chaque cachette possible, jusqu’à être sûr qu’il n’y a vraiment personne. Alors seulement peut-il avoir l’esprit en paix.


Si l’ego constituait vraiment notre essence profonde, on comprendrait notre inquiétude à l’idée de s’en débarrasser. 


Mais s’il n’est qu’une illusion, s’en affranchir ne revient pas à extirper le cœur de notre être, mais simplement à ouvrir les yeux, à dissiper une erreur. 


L’erreur N’offre Aucune Résistance À La Connaissance, Comme L’obscurité N’offre Aucune Résistance À La Lumière. Des Millions D’années De Ténèbres Peuvent Être Dissipées Instantanément Lorsqu’une Lumière Est Allumée.







■— Matthieu Ricard —




≡ Le château de l’Engarran

L’histoire de ce domaine que l’on a pu voir dans le film Le comte de Monte-Cristo a commencé au XVIIe siècle lorsque Henri d’Engarran a acheté neuf hectares de vignobles situés autour d’une ancienne métairie (Crédit : Château de l’Engarran).


🏰 Le château de l’Engarran : un bel exemple de folie montpelliéraine  


• Le grand public a découvert l’allée, la façade et les salons du château de l’Engarran dans l’adaptation du comte de Monte-Cristo au cinéma par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte. 


• Cette splendide demeure est emblématique des folies montpelliéraines. Située à Lavérune dans l’Hérault, cette propriété classée monument historique depuis 1926, qui est aussi connue pour ses vins, se visite.


Une Folie languedocienne Remarquablement Préservée


•Si les origines de la propriété remontent au XVIIᵉ siècle, le château actuel a été édifié au XVIIIᵉ siècle dans le style des «folies» montpelliéraines par Jean Vassal, trésorier-conseiller à la cour des aides et finances de Montpellier, et son épouse, Suzanne Loys de Marigny.


•Les folies montpelliéraines sont d’élégantes demeures que l’on trouve à proximité de la cité languedocienne, d’agréables résidences secondaires aristocratiques ou bourgeoises. Construites principalement au XVIIIe siècle, ces bâtisses symbolisaient la réussite des notables locaux.


•Le château de l’Engarran est représentatif de ce type de propriétés élégantes et cossues.


•Passé la monumentale grille en fer forgé de 15 mètres de long de l’entrée, les visiteurs empruntent une longue allée arborée débouchant sur une très belle façade ornée de sculptures. A l’intérieur, comme souvent dans ces domaines, se trouvent un vaste hall d’entrée et des salons richement décorés. Un peu plus loin, une chapelle, un chai et des caves voûtées témoignent de l’histoire viticole du domaine. 


•À l’extérieur, le parc à la française, dessiné par un disciple de Le Nôtre, avec ses allées, ses terrasses, ses bassins et ses statues, constitue l’un des ensembles les mieux conservés de la région. 


•Une visite virtuelle vous permet de découvrir ce fleuron du patrimoine local. Pour en avoir un aperçu, cliquez ici. 


— Un Décor De Cinéma Pour Le Comte De Monte-Cristo


•Le grand public a découvert en 2024, le Château de l’Engarran suite au tournage de plusieurs séquences du film Le Comte de Monte-Cristo, réalisé par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, avec Pierre Niney dans le rôle-titre. 


•Le domaine avec son allée majestueuse, son jardin à la française et ses salons, a en effet servi de cadre aux scènes provençales du début avec notamment une importante réception de la famille Morcerf.  


•Les réalisateurs ont su à merveille faire évoluer Anaïs Demoustier, qui jouait Mercedes, l’amoureuse d’Emond Dantès, au sein de ce joyau du patrimoine languedocien. 


•Avec son cachet, cette folie se prête aisément aux tournages : elle a accueilli dernièrement les équipes des séries Tandem et Candice Renoir.


— Visites, Dégustations…


•L’endroit est une des dernières folies du coin à avoir encore une activité viticole intense. Le château de l’Engarran produit des vins selon les codes des appellations Languedoc, Saint Georges d’Orques ou Grés de Montpellier.


•Ses breuvages sont réputés. Diane Losfelt, qui s’est occupée du domaine pendant 40 ans, a été désignée vigneronne de l’année 2021 par le Guide Hachette. Sa fille œnologue, Élise, a pris sa suite, perpétuant cet héritage.


•Le château de l’Engarran est une propriété privée et un lieu de résidence familial. Pour cette raison, l’accès au château comme à son parc se fait uniquement dans le cadre de visites guidées.


•Ces dernières, qui permettent, entre autres, de découvrir la chapelle, les voûtes des caves et des outils utilisés traditionnellement dans la vigne.



— 14 août 2026

— Source : L’Essentiel Nice Patrimoine






▲ Aron O’Raney —