24 mars 2026

≡ Des Désirs Et Des Plaisirs



Lettre à Ménécée…



Il est également à considérer que certains d’entre les désirs sont naturels, d’autres vains, et si certains des désirs naturels sont contraignants, d’autres ne sont que naturels. 


Parmi les désirs contraignants, certains sont nécessaires au bonheur, d’autres à la tranquillité durable du corps, d’autres à la vie même. 


Or, une réflexion irréprochable à ce propos sait rapporter tout choix et rejet à la santé du corps et à la sérénité de l’âme, puisque tel est le but de la vie bienheureuse. 


C’est sous son influence que nous faisons toute chose, dans la perspective d’éviter la souffrance et l’angoisse. 


Quand une bonne fois cette influence a établi sur nous son empire, toute tempête de l’âme se dissipe, le vivant n’ayant plus à courir comme après l’objet d’un manque, ni à rechercher cet autre par quoi le bien, de l’âme et du corps serait comblé. 


C’est alors que nous avons besoin de plaisir : Quand le plaisir nous torture par sa non-présence. 


Autrement, nous ne sommes plus sous la dépendance du plaisir.


Voilà pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse. 


C’est lui que nous avons reconnu comme bien premier, 

Né avec la vie. 


C’est de lui que nous recevons le signal de tout choix et rejet. 


C’est à lui que nous aboutissons comme règle, en jugeant tout bien d’après son impact sur notre sensibilité. 


Justement, parce qu’il est le bien premier et né avec notre nature, nous ne bondissons pas sur n’importe quel plaisir : il existe beaucoup de plaisirs auxquels nous ne nous arrêtons pas, lorsqu’ils impliquent pour nous une avalanche de difficultés. 


Nous considérons bien des douleurs comme préférables à des plaisirs, dès lors qu’un plaisir pour nous plus grand doit suivre des souffrances longtemps endurées. 


Ainsi, tout plaisir, par nature, a le bien pour intime parent, sans pour autant devoir être cueilli. 


Symétriquement, toute espèce de douleur est un mal, sans que toutes les douleurs soient à fuir obligatoirement.


C’est à travers la confrontation et l’analyse des avantages et désavantages qu’il convient de se décider à ce propos. 



— Lettre à Ménécée 

— Extrait issu d'une traduction anonyme.




 Épicure —




≡ La Villa Kérylos Veut Fidéliser Le Public


🏛️ « On veut fidéliser le public » 


Depuis le 1er janvier, Edeis Culture a été sélectionnée par l’Institut de France pour assumer pendant 8 ans la gestion et la mise en valeur de l’un des joyaux de la Côte d’Azur : la Villa Kérylos, à Beaulieu-sur-Mer. Dans cette perspective, Agnès Marandon, qui vient d’être nommée directrice de la villa, répond à nos questions.


Que Vous Évoque La Villa Kérylos ?


« Ce sont déjà de beaux souvenirs pour moi. Je suis arrivée à Nice à l’âge de 3 ans et je l’ai quitté à 23 ans après une licence de droit. J’ai poursuivi avec un cursus d’histoire de l’art. 


La Villa Kérylos, comme pour beaucoup d’Azuréens, c’est d’abord une visite scolaire. Ce site prodigieux imaginé par Théodore Reinach et l’architecte Emmanuel Pontremoli permet de découvrir concrètement les habitudes de vie dans la Grèce antique. On fait alors référence à la mythologie et à tout ce qu’on enseigne en histoire et géographie. On y revient ensuite quand la famille nous rend visite. C’est un passage obligé. »


Quelles sont vos missions ?


« Notre ambition, justement, est de fidéliser le public et s’ancrer localement. Nous souhaitons que les gens puissent venir régulièrement à la villa pour des nouveautés culturelles et des événements. La villa doit être un lieu vivant. Nous devons la faire rayonner en continu. Pour cela, nous avons prévu de renforcer les visites guidées et surtout thématiques. 


On peut s’orienter sur des rendez-vous pour les enfants, des escape games, des parcours olfactifs. Nous voulons faire vivre aux visiteurs des expériences différentes à chaque fois. Actuellement, nous avons, par exemple l’après-midi à 15 h 30 une thématique spécifique sur la mosaïque. Les équipes sont là depuis longtemps et nous construisons ensemble de nouvelles choses. 


C’est passionnant. Il y avait besoin d’un souffle nouveau. Pourquoi pas des projections de films également, des concerts. Nous allons retisser du lien avec le paysage local, la mairie de Beaulieu, les écoles. Nos médiateurs de la villa seront habillés par une boutique de Beaulieu, par exemple. Nous allons également relancer les billets couplés avec la Villa Ephrussi de Rothschild. »


Quelles Nouveautés ?


« Nous avons beaucoup de documents d’archive et nous voulons recréer le jardin tel qu’il l’a été à l’origine. On s’est aperçu que beaucoup d’essences ont disparu. On va replanter le jardin à la grecque. Nous allons donc prévoir une médiation culturelle autour de ce jardin extraordinaire posé sur l’eau. Cela permettra d’expliquer une nouvelle fois la vie en Grèce, c’est la vocation de la villa. 


Nous aurons des parcours olfactifs à la découverte des aromates et des plantes médicinales. Bientôt, le site accueillera des expositions temporaires d’art. La première aura lieu dans les prochains mois. La boutique a aussi été enrichie et diversifiée. On y retrouvait que des livres, là, nous aurons bien plus de choix. 


Nous organiserons des cycles de conférences. Toujours en lien avec l’antiquité, ce qui permet de rester fidèle aux aspirations de la famille Reinach. Aujourd’hui, c’est l’Institut de France qui est propriétaire de la villa et elle est donc garante de cet esprit. »





— 12 mars 2026

— Source : L’Essentiel Nice




Aron O’Raney —




23 mars 2026

≡ Au Bord Du Chemin


Dans L’absurde mélancolie, 

Du Vivre sans Comprendre,
Le vent seul gouverne, 

Le temps l’emporte.


Mes chemins 

Sont d’un brouillard rocailleux,

Mes pas s’égarent, 

Croisant ici et là,
Fantômes du passé, 

Chimères sans lendemain.


Nul ne choisit sa destinée,
Ballotés d’ici à là-bas,
Les désirs entrainent.


Tel chemin ou cet autre?
Où cela mène-t-il
?
Quel ciel
? 

Quelle nature?


Pour gravir la montagne de l’à venir,
Reste, le souffle,
Car cette vie parfois s’obstine,

Entre début et fin.

Il faut vouloir, pour voir,
Aimer, pour l’emporter.


Balayant la tristesse

Du chemin pierreux,
Le vent souffle,

Les voiles s’envolent,


Sur le visage, 

L’ombre s’agrippe,
Le sourire s’éclipse,
L’obscurité s’invite.


Au bout de la nuit noire,
Derrière l’horizon enténébré,
Que subsiste-t-il
?


Ma prière attend l’apparition.

En moi, elle est toujours là,
Reliée au vide sans nom.


Un visage, une parole, 

La lumière, on espère,

Mais cela ne vient pas.

Le Créateur ne répond pas,

Mais, il accueille 

Les pensées secrètes,
Comme nul autre, 

Ne pourrait le faire.




  Jean Rumoncey —