Œuvre représentant un chien, associé à la divinité Xolotl. Wikimedia Commons
Chez les Mayas, les chiens étaient vénérés, sacrifiés et même... mangés
Dans la civilisation maya, les toutous étaient extrêmement convoités. Symboles de puissance, ils pouvaient être sacrifiés, voire même finir dans l'estomac de leurs maîtres. C'est ce que montrent les dernières recherches archéologiques.
Archéologue spécialiste de la civilisation maya à l’université de Calgary (Canada), Elizabeth Paris s’est intéressée à la perception des chiens afin de mieux comprendre ce lien avec l’homme.
«Les Mayas accordaient une grande importance à ces relations, explique-t-elle au National Geographic. Ils consacraient beaucoup de temps et d’efforts à acquérir et élever des chiens d’exception.»
Les travaux de la chercheuse éclairent la place des «plus anciens animaux domestiques de l’histoire» dans cette civilisation, sur les plans culturel et économique. Les chiens étaient régulièrement sacrifiés lors de rituels, notamment les chiens blancs à taches sombres, associés à des célébrations liées au cacao.
Vénérés et alléchants
Les représentations sur poteries suggèrent que ce type de chien était courant. Posséder un chien constituait un marqueur social fort. Certaines illustrations montrent ces animaux portant des accessoires, signe qu’ils étaient soit choyés, soit utilisés pour afficher le rang de leur maître.
Ashley Sharpe, archéologue au Smithsonian Tropical Research Institute au Panama, a aussi étudié les chiens mayas. À partir de restes découverts à Ceibal (Guatemala), son équipe a montré qu’ils occupaient aussi bien les plaines que les montagnes, sans doute transportés par l’homme.
Des analyses chimiques renforcent l’idée que les chiens jouaient un rôle économique important entre royaumes parfois éloignés. «Il existait un commerce de chiens sur de vastes distances», résume Elizabeth Paris, expliquant leur présence généralisée.
Les détails de ce commerce restent flous. Ashley Sharpe avance qu’ils servaient aussi à l’alimentation. La plupart des chiens étudiés, âgés de 1 à 2 ans, étaient petits et dodus, souvent porteurs de marques de découpe caractéristiques. «Ils les écorchaient comme des lapins», précise la chercheuse.
Certains indices suggèrent aussi une dimension rituelle, comme la découverte d’ossements dans une fosse datant de l’assèchement d’un lac voisin, source d’eau essentielle. Plusieurs chercheurs pensent que les Mayas sacrifiaient des chiens pour implorer les dieux. De nombreux squelettes portent des traces de découpe au cou et ont été enterrés avec des tessons de poterie, dans une zone rocheuse. «Une preuve de sacrifice», conclut Ashley Sharpe.
— 29 avril 2026
— Source : Slate France
— Extraits d’un article de Thomas Messias
▲ Aron O’Raney —


