19 juin 2026

≡ Soleil et mer



L’unité S’exprime Ici En Termes De Soleil Et De Mer. 


Elle est sensible au cœur par un certain goût de chair qui fait son amertume et sa grandeur. 


J'apprends qu'il n'est pas de bonheur surhumain, pas d'éternité hors de la courbe des journées. Ces biens dérisoires et essentiels, ces vérités relatives sont les seules qui m'émeuvent. 


Les autres, les « idéales », je n'ai pas assez d'âme pour les comprendre. Non qu'il faille faire la bête, mais je ne trouve pas de sens au bonheur des anges.


Je sais seulement que ce ciel durera plus que moi. 


Et qu'appellerais-je éternité sinon ce qui continuera après ma mort? 


Je n'exprime pas ici une complaisance de la créature dans sa condition. C'est bien autre chose. Il n'est pas toujours facile d'être un homme, moins encore d'être un homme pur.  


Mais être pur, c'est retrouver cette patrie de l'âme où devient sensible la parenté du monde, où les coups du sang rejoignent les pulsations violentes du soleil de deux heures. 


Il est bien connu que la patrie se reconnaît toujours au moment de la perdre.


Pour ceux qui sont trop tourmentés d'eux-mêmes, le pays natal est celui qui les nie. 


Je ne voudrais pas être brutal ni paraître exagéré. Mais enfin, ce qui me nie dans cette vie, c'est d'abord ce qui me tue. 



— Extrait De « Noces » 1936-1937

— L’Été À Alger — À Jacques Heurgon 






—Albert Camus —



 

18 juin 2026

≡ La Mort Selon Sri Nisargadatta Maharaj


Qu'est-ce que La Mort?


Q : Et qu'est-ce que la mort?


Sri Nisargadatta Maharaj : C'est un changement dans le processus de vie d'un corps déterminé. 


L'intégration cesse et la désintégration commence.


Q : Mais qu'en est-il du «connaissant». Disparaît-il avec le corps?


Sri Nisargadatta Maharaj : Il disparaît à la mort, de la même façon qu'il est apparu à la naissance.


Q : Et il ne reste rien?


Sri Nisargadatta Maharaj : La vie reste.


La conscience a besoin d'un véhicule et d'un instrument pour sa manifestation.


Quand la vie produit un autre corps, un autre «connaissant» vient à être.


Q : Y a-t-il un lien causal entre les «corps connaissants» et les «corps mentaux» successifs?


Sri Nisargadatta Maharaj : Oui, il y a quelque chose qu'on pourrait appeler le corps mémoire, ou corps causal :


Un enregistrement de tout ce qui a été pensé, désiré, et fait. C'est comme l'agglomération d'un nuage d'images.


Q : Que signifie une existence séparée?


Sri Nisargadatta Maharaj : C'est la réflexion, dans un corps séparé, de l'unique réalité.


Dans cette réflexion, le non limité et le limité sont confondus et pris pour la même chose.


La suppression de cette confusion est le but du yoga.


Q : La mort ne supprime-t-elle pas cette confusion?


Sri Nisargadatta Maharaj : Dans la mort seul le corps meurt. 


La vie ne meurt pas, ni la conscience, ni la réalité.


Même le corps n'est jamais aussi vivant qu'après la mort.


Q : Mais renaît-on?


Sri Nisargadatta Maharaj : Ce qui est né doit mourir.


Seul le «Non-Né» ne meurt pas. 


Trouvez ce qui jamais ne dort ni jamais ne s'éveille, et dont la pâle réflexion est notre sensation du «je».



— Extrait de «JE SUIS»

— Les Deux Océans, Paris 1982






Sri Nisargadatta Maharaj (1897-1981) —



17 juin 2026

≡ Être, Avec Ou Sans Les Autres…


La tendance naturelle des humains est de se retrancher de la vie collective, universelle, pour vivre uniquement leur vie personnelle. 


Ils s’imaginent qu’à l’écart les uns des autres ils seront à l’abri. 


Non, c’est une illusion. 


Dans cet isolement intérieur qu’ils se fabriquent,

Ils exposent leur âme à tous les dangers. 


Nous ne pouvons évidemment pas être

Toujours avec les autres,

Et ce n’est d’ailleurs pas souhaitable,

Mais il faut au moins être avec eux par la pensée.


Même notre désir de perfectionnement

Ne doit pas avoir pour but notre seule évolution,

Notre seul salut,

Mais le salut de tous les humains sur la terre.


■— Le mot « unité » est le plus profond de la science spirituelle, Et le sens de notre existence est là. 


La conscience d’appartenir

À une seule et même famille

Nous donne l’assurance de faire quelque chose de grand. 


Cette grandeur ne vient pas de nous,

Mais de cette famille universelle à laquelle nous appartenons :



C’est elle qui nous soutient

Et qui nous sauve de cette sensation de pauvreté,

dE solitude,

D’inutilité, de vide,

Qui peut s’emparer parfois de nous.






Omraam Mikhaël Aïvanhov —