17 mars 2026

≡ L’Art N’est Pas Un Métier, Mais Une Mission

Dès le mois de mai, la fondation accueillera une exposition de Dan Flavin qui transforme la sculpture en lumière (crédit : J-C. Messina).


🧱 Le Niçois Jean-Christophe Messina vient d’être nommé à la tête de la fondation de Bernar Venet, un artiste qui a notamment marqué de son empreinte la ville de Nice avec deux réalisations monumentales.


Comment En Êtes-Vous Arrivé Là ?


J’ai commencé par étudier à la fac de Nice et mes compétences m’ont mené à devenir d’abord directeur administratif et financier du Théâtre Lino Ventura. 


J’ai collaboré ensuite en 2008 à la direction générale des services de la Métropole. J’apportais mon expertise dans la mise en place de projets complexes. J’ai écrit des ouvrages sur l’intelligence collective. J’aime trouver des solutions, comprendre les problèmes et les résoudre. 


En 2010, je coordonnais la mise en place du projet des Neuf lignes obliques. J’ai rencontré Bernar Venet dans ce contexte et on s’est tout de suite entendu. 


Aujourd’hui l’œuvre de 30 m de haut, qui avait reçu des critiques à son installation, trône sur la Promenade des Anglais comme un véritable phare pour les Niçois.


Il faut vivre l’expérience de l’art pour le comprendre. Il n’y a pas de notice. Au même titre que l’Arc de 115° 5 au Jardin Albert-1er avec ses 19 m de haut et 38 m de long. 


Bernar Venet a une approche mathématique de la création. 115° 5, c’est la courbe de la baie de Nice. Les 9 lignes obliques représentaient les vallées du Comté de Nice. Tout a un sens.


Qu’aimez-Vous Chez Bernar Venet ?


« C’est une figure majeure de l’art conceptuel et minimal. Une référence vivante, ce qui est plutôt rare. Souvent, les artistes passent à la postérité une fois décédés. On peut voir des fondations de collectionneur, mais pas forcément d’artiste vivant. 


Bernar Venet a puisé son inspiration à Nice dans les années 60 auprès d’artistes comme Arman avec qui il est parti aux États-Unis. Sa création a été reconnue en premier là-bas. 


Aujourd’hui, ses productions parlent à l’international. 


On ressent un mouvement particulier dans ses créations entre l’ordre et le chaos. 


La fondation qui a ouvert il y a 10 ans au Muy permet de renforcer l’expérience immersive. C’est un lieu de mise en relation avec tous les publics. 


Un lieu vivant où l’on crée des rencontres. Bernar Venet est un artiste qui ne crée pas pour être acheté. Chez lui, tout est art et il ressent le besoin de créer en permanence. C’est un besoin vital. Pour lui, l’art n’est pas un métier, mais une mission. »


Quelle Est Votre Mission ?


Mon objectif est de fédérer les équipes pour contribuer au rayonnement et au prestige de Bernar Venet et de ses œuvres. 


Ce parc de 10 hectares dans le Var permet d’exposer près de 50 œuvres. 


On y cerne mieux cette obsession mathématique qu’il arrive à mettre en forme. 


En sympathisant avec lui, j’ai découvert un nouvel univers qui me plaisait sans perdre mon ADN. J’avais la possibilité de me sentir utile avec la volonté de devenir un facilitateur pour permettre au plus grand nombre de découvrir l’artiste.


L’objectif est de développer aussi les partenariats et les projets. »




— 5 mars 2026

— Source : L’Essentiel Nice




Aron O’Raney —




 

≡ Hazrat Inayat Khan, Fondateur De L'Ordre Soufi en Occident

                               

« Ce N’est Pas Une Religion Particulière Qui Peut Produire La Spiritualité Dans Un Homme; La Spiritualité Dépend De Ce À Quoi L’âme Devient Accordée. »


  Hazrat Inayat Khan, fondateur de l’Ordre Soufi en Occident, est né à Baroda, en Inde, le 5 juillet 1882, dans une famille de grands musiciens.


  Enfant, il montrait un vif intérêt pour la musique et la rencontre de saints hommes.


  En raison de son profond amour pour l’héritage musical indien, qui était alors fort décadent, il se consacra tout d’abord à réinstaurer la valeur spirituelle de la musique, et ce au cours de voyages et de représentations donnés dans le plus pur style classique.


  L’un des plus grands protecteurs de la musique, le Nizam de Hyderabad, répondit aux chants d’Hazrat Inayat Khan en lui octroyant le plus haut titre musical de l’Inde, celui de « Tansen de l’Inde ».


  Ayant connu l’accomplissement dans la musique, Hazrat Inayat Khan partit alors à la rencontre de son maître spirituel.


  Il le trouva en l’être d’Hazrat Ashim Madani, successeur de l’une des branches de l’Ordre Soufi Chisti en Inde.


Après avoir prononcé le vœu sacré de l’initiation, il se forma dans les quatre écoles soufies : Chisti, Naqshbandani, Qadiri et Sohrawardi.


  Avant sa mort, Abu Hashim Madani appela à son chevet son disciple Inayat Khan pour le bénir et lui donner pour mission d’apporter le Message du soufisme en Occident, il lui dit qu’il en avait reçu l’ordre de Moinuddin Chisti, le fondateur de l’Ordre Chisti en Inde.



Suivant l’appel de Dieu, Hazrat Inayat Khan quitta l’Inde pour le monde occidental le 1er septembre 1910.


Il arriva aux États-Unis, puis se rendit en Europe et en Russie, où il transmit le soufisme sous une forme universelle qui s’adressait à des auditoires de toutes confessions.


Tout d’abord, il fonda à Londres en 1916 l’Ordre Soufi qui était une école pour les initiés.


Après la Première Guerre Mondiale, comme il voyageait beaucoup, il dota l’Ordre Soufi d’un siège international « International Movment Headquarters », qui était une organisation laïque devant avoir le rôle d’un organe administratif.


  Il donna des conférences et écrivit des livres en anglais. 


De petits groupes de disciples s’établirent dans les lieux qu’il visitait et assurèrent la continuité de l’œuvre tandis qu’il poursuivait ses voyages.


La forme orientale, constituée d’un groupe de disciples autour d’un maître, fut ainsi adaptée aux besoins occidentaux.


Il épousa une jeune Américaine, Ora Ray Baker, et ils eurent quatre enfants. La famille s’établit à Suresnes, près de Paris, où une école d’été annuelle fut fondée pour les disciples.


  Le 13 septembre 1926, il tint une Assemblée réunissant tous ses disciples pour déposer la pierre symbole de L’Universel, futur temple de toutes les religions.


  C’était son dernier jour parmi ses « murids » (disciples) en Occident. Peu de temps après, il quitta le continent pour l’Inde où il quitta son corps le 5 février 1927 à New Delhi.




Hazrat Inayat Khan (1882-1927




16 mars 2026

≡ Abd el Kader Et La France


Abd el-Kader (1808 - 1883) Le « Meilleur Ennemi » De La France


Au début du XIXe siècle, les régences ottomanes d’Alger et de Tunis sont découpées en régions avec à leur tête des Deys ou Beys aux ordres de Constantinople.


En dehors des villes, les chefs locaux, qu’ils soient berbères ou arabes, conservent une grande autonomie, en contrepartie d’un impôt versé aux représentants des sultans. Ceux-ci ne sont guère appréciés et suscitent de fréquentes révoltes.


C’est dans ce contexte que va naître et s’épanouir Abd el-Kader, héros de la résistance algérienne à la conquête française, mais aussi promoteur avant l’heure d’un islam d’ouverture et précurseur du réveil national arabe.


Né pour régner


Né près de Mascara, dans le foyer d’un maître religieux adepte du soufisme, Abd el Kader devient dès l’âge de 12 ans « taleb », c’est-à-dire commentateur autorisé du Coran.


Quand les Français débarquent en 1830 et chassent les Turcs d’Alger, beaucoup de chefs locaux prennent les armes, révulsés par cette incursion chrétienne en terre d’islam. Parmi eux, Mahieddine, le père de notre héros. Il proclame le « jihad », autrement dit la guerre sainte, et convoque en 1832 à La Guetna les chefs de sa région. Par ses talents d’orateur, son énergie et son charisme, son fils affirme d’emblée son autorité. Il est élu « émir », c’est-à-dire chef des armées, sultan et Commandeur des Croyants !


Très vite, il soumet sa région, l’Ouest de l’Algérie, à l’exception des villes d’Oran et Tlemcen, ottomanes, et des villes côtières de Mostaganem, Bougie et Mazagran, aux mains des Français.


Le 26 février 1834, le général Desmichels signe un traité par lequel il reconnaît l’autorité de l’émir sur la région d’Oran. À ce moment-là, le gouvernement français n’a en effet aucune envie de s’aventurer dans l’arrière-pays ni de soumettre celui-ci.


Le général Desmichels compte sur Abd el-Kader pour pacifier l’arrière-pays et l’aide à constituer son armée. Mais il est remplacé par le général Trézel, moins conciliant. Le 28 juin 1835, une armée française s’étant aventurée loin de ses bases, elle est proprement décimée par les troupes de l’émir dans les marais de La Macta. 


Le général Thomas Bugeaud débarque alors en renfort avec trois régiments. Simplement soucieux de sécuriser les implantations côtières, il lui inflige une sévère défaite sur les bords de l’oued Sikkak, le 6 juillet 1836. Abd el Kader se résout à signer avec son adversaire le Traité de la Tafna, le 30 mai 1837. Le général Bugeaud, considérant son travail achevé, regagne la France en déplorant une « possession onéreuse dont la nation serait bien aise d’être débarrassée ».


Abd el Kader profite du répit accordé par le traité pour consolider son État. Il établit sa capitale à Taqdemt. Il instaure sa propre administration et lève un impôt. Bientôt, les deux tiers de l’Algérie lui obéissent. En 1839, le duc d’Orléans, fils du roi Louis-Philippe, s’engage dans le défilé des « Portes de fer », entre Alger et Constantine. Abd el Kader en prend prétexte pour annoncer la reprise de la guerre. L’alarme est rude pour les Français qui ripostent avec énergie.



La guerre devient totale. Confronté à ce qu’il appelle une « Vendée musulmane », Bugeaud va appliquer la même tactique que les Républicains dans l’Ouest de la France une génération plus tôt : la terre brûlée ! En 1843, le duc d’Aumale, fils du roi Louis-Philippe, surgit au cœur de la smala désarmée et s’en empare. Ce coup d’éclat, bien que sans valeur stratégique, a un énorme retentissement en France.


Abd el-Kader, épuisé et isolé, se rend le 23 décembre 1847 aux généraux de Lamoricière et Cavaignac. À moins de 40 ans, ce pourrait être pour lui l’échec d’une vie. En 1852, le futur Napoléon III rend visite au reclus, à Amboise, et lui annonce son prochain départ pour l’Orient.


Redevenu maître de son destin, Abd el Kader va engager le « grand jihad », autrement dit la guerre sainte, non contre les infidèles, mais contre ses propres passions ! En un tiers de siècle, dans l’exil, il va ainsi devenir une autorité morale et spirituelle internationale, un pont entre l’Occident et l’Orient, l’apôtre inlassable d’un islam d’ouverture (tout le contraire d’un Ben Laden !).


En 1860, un drame va le ramener sur le devant de la scène… Sous un prétexte quelconque, Druzes et chrétiens maronites du mont Liban en viennent à des heurts violents et meurtriers. L’incendie se propage à Damas où des émeutiers arabes s’en prennent aux importantes minorités chrétiennes et juives de la ville.


Abd el Kader réagit sans attendre. Le vieux chef monte sur son cheval et parcourt la ville à la tête de sa petite troupe de « Moghrébins ». Partout, il s’interpose entre les émeutiers et leurs victimes. Il morigène les premiers et offre aux seconds un asile dans sa maison. Son action ravive sa popularité en France et lui vaudra de Napoléon III la grand-croix de la Légion d’Honneur.




— Source : Herodote — Le média de l’histoire

— Un article de : André Larané




Aron O’Raney —