22 octobre 2026

≡ Anciens Égyptiens Et sacrifice humain

Selon la croyance, les serviteurs d’un roi devaient continuer à le servir dans l’au-delà. The New York Public Library via Unsplash


—Les Égyptiens sacrifiaient les serviteurs des pharaons pour qu’ils continuent à les servir dans l’au-delà


■ Les anciens Égyptiens pratiquaient le sacrifice humain il y a environ 5.000 ans. Une nouvelle étude révèle que ces sacrifices devaient permettre aux serviteurs d’accompagner leur souverain dans l’au-delà.


• Dans l’Égypte antique, le destin des serviteurs était profondément lié à celui de leurs pharaons. Une étude, publiée le 5 octobre dans la revue «Frontiers in Environmental Archaeology», confirme que les Égyptiens pratiquaient le sacrifice humain il y a environ 5.000 ans. 


— Roselyn Campbell, égyptologue à l’université Purdue, aux États-Unis, a analysé 46 crânes d’individus enterrés à proximité des tombes royales. Certains présentaient des signes de sacrifice. Ses résultats viennent d’être relayés par «Live Science».


• Les tombes du roi Djer et du roi Djet, ainsi que celle de Merneith, une femme qui aurait régné sur l’Égypte à la même époque, ont fait l’objet d’une analyse approfondie. Toutes se trouvaient près de l’ancienne ville sacrée d’Abydos, au nord de Louxor. Ces trois souverains ont régné pendant la première dynastie, une période qui a débuté il y a environ 5.000 ans.


• Lorsque les sépultures ont été fouillées pour la première fois, au début du XXe siècle, l’archéologue Flinders Petrie affirmait déjà que les centaines d’autres tombes retrouvées à proximité appartenaient à des personnes ayant servi le roi. Il pensait également que ces dernières avaient été sacrifiées après la mort de leur souverain.


— Des traces d’armes et des fractures linéaires


• C’était avant que Roselyn Campbell ne se penche sur le dossier. La chercheuse a réexaminé les 46 crânes à l’aide de techniques médico-légales modernes. Ce qui lui a permis de prouver que 18 d’entre eux présentent des signes de traumatismes probablement mortels, notamment des fractures linéaires.


• Les fractures linéaires «se produisent lorsque le crâne heurte ou est frappé par un objet relativement grand ; en raison de la forme arrondie du crâne, l’impact du coup se disperse à travers la voûte crânienne». 


• La pratique du sacrifice humain semble avoir pris fin au cours de la deuxième dynastie égyptienne, faute d’indices archéologiques.


— «L’existence du sacrifice de serviteurs dans l’Égypte ancienne a toujours été controversée. Les recherches de Mme Campbell apportent un argument important en faveur des chercheurs qui, comme moi, pensent que cette coutume était pratiquée en Égypte au début de la période dynastique», souligne Jacobus Van Dijk, égyptologue à l’université de Groningue, aux Pays-Bas. —


• Il s’étonne toutefois de la méthode utilisée pour le sacrifice humain (un violent coup porté au crâne), qui ne correspond pas aux représentations de meurtres rituels anciens. Généralement, «la victime était agenouillée, les mains liées dans le dos, et poignardée à la poitrine avec un couteau», explique-t-il. 


• Les travaux de Roselyn Campbell semblent lever le voile sur une question qui alimente les débats entre égyptologues depuis plus d’un siècle.



— Source originale : Live Sciences

— 10 octobre 2026

— Extraits d’un article de : Laurène Bruncher




▲ Aron O’Raney —

≡ En Tunisie : la Kharja de Sidi Bou Saïd

La Kharja de Sidi Bou Saïd est un rendez-vous important pour la confrérie de Sidi Bou Saïd. © Lilia Blaise / RFI


🔷— Tunisie : la Kharja de Sidi Bou Saïd, une procession qui réunit deux confréries soufies


En Tunisie, la Kharja de Sidi Bou Saïd, une procession soufie dans le village touristique, fait partie des traditions intégrées dans le classement du village de Sidi Bou Saïd au patrimoine mondial de l’UNESCO le 25 juillet.


Elle attire chaque mois d’août des centaines de curieux et des adeptes du soufisme. Lors de cette tradition islamique très ancienne, les confréries de l’Ariana, quartier de Tunis, et de Sidi Bou Saïd entament une procession mystique et de chants liturgiques qui durent trois jours, pendant qu’elles psalmodient ensemble.


Dans le mausolée du saint de Sidi Bou Saïd, datant du XIIIe siècle, Najet attend avec sa belle-sœur le début de la cérémonie de la seconde journée de la Kharja. Son mari est membre de la confrérie de l’Ariana. 


«Mon mari est le troisième de sa génération à avoir rejoint la confrérie, ça se transmet de père en fils. Et depuis qu’on a ouvert les yeux étant enfant, nous avons baigné, que ce soit lui ou moi, dans l’univers soufi. Donc, ce rendez-vous est incontournable, on se prépare à l’avance chaque année dans la famille !»


À l’origine, les agriculteurs de l’Ariana venaient rendre visite aux pêcheurs de Sidi Bou Saïd et se souhaiter une bonne saison agricole à la fin de l’été, mais avec les traditions soufies très fortes des deux confréries, ces liens sont devenus spirituels et amicaux et donnent lieu à un ensemble de rituels religieux pendant les trois jours de la Kharja, notamment les chants liturgiques. 


Pour Hichem, soufi de la confrérie de Sidi Bou Saïd, c’est un moment à ne pas manquer : «Les chants, c’est trois choses principalement : Dieu, le Prophète et après les saints du soufisme. Et quand on rencontre la troupe de l’Ariana, on va changer un peu les paroles et l’on va leur dire en arabe ‹Bienvenue à vous, chers visiteurs›.»


L’événement attire chaque année un public très diversifié, aussi bien des jeunes Tunisiens que des familles, et des touristes. 



—18 août 2026 

— Source : RFI

— Correspondante à Tunis, Lilia Blaise





▲ Aron O’Raney —


21 octobre 2026

≡ Hier et aujourd’hui


Il vit au fil des jours, porté par les petites choses du quotidien, absorbé par les habitudes et les préoccupations ordinaires, sans s’attarder sur l’existentiel.


Il sait, dans le cours de l’existence, que rien ne dure, et que rien n’est immuable. Tout naît, évolue, se transforme et disparaît. Il connait bien évidemment cette vérité universelle, mais, entre savoir et pleine conscience, il existe souvent un fossé infranchissable.


Il regarde les choses, comme si elles étaient destinées à durer éternellement. Il n’a pas alors conscience que la vie s’inscrit dans le processus universel du changement. Aucun être vivant, nulle chose n’échappe à la Loi fondamentale qui régit ce monde. 


Il écrit, pendant que son corps vieillit silencieusement, même si, dans l’instant de «l’ici et du maintenant» rien ne le laisse percevoir. À son insu, le temps poursuit son œuvre inexorablement.


Une réalité à laquelle il ne prête pas attention.


Il regarde un livre qu’il a lu, une quinzaine d’années auparavant. Lui aussi a vieilli, l’impression des lettres s’est estompée, ses pages sont ternes, jaunies, rêches et cassantes. Ce livre, autrefois familier, porte désormais les stigmates du temps. Il témoigne de la dégradation affectant toute chose.


Les murs de son immeuble ont vieilli, eux aussi. La façade lézardée en plusieurs endroits, révèle les marques des années. Les matériaux se dégradent, les fissures s’agrandissent, la structure est fragilisée, tout se transforme. Ce qui semblait permanent étale une nature éphémère. 


La vieillesse frappe à sa porte


Son corps se ride, les articulations craquent, la masse musculaire fond, le pas devient incertain. Ses forces, l’énergie et l’endurance déclinent, des limites physiques plus présentes se font sentir. Ce corps lui rappelle que sa propre nature est assujettie aux lois de l’impermanence.


Nostalgique, il évoque d’heureux souvenirs d’une jeunesse insouciante. Aucun avenir, ni passé, tout se vivait au présent. En ce temps, tout lui semblait possible. Il se souvient de la fougue, de l’audace, de la témérité, de ses rêves. 


Il a ignoré la réalité de cette vie.


Persuadé d’être entouré d’entités réelles immuables, il s’est détourné du mouvement incessant du monde. Attaché à ses certitudes et alimentant les illusions de la permanence, il a peu à peu édifié les murs de sa propre prison.


Chacun peut s’insérer en pleine conscience dans le mouvement du changement, pour éveiller son attention, mais aussi aiguiser ses sens, en sortant du champ déformant des habitudes. Mais cela n’a pas été son cas. Il a laissé passer le temps, et vécu au gré des événements, acteur-spectateur d’une réalité qui était sienne.


Il lui aurait pourtant suffi d’apprendre à vivre dans le réel de l’existence, et non de marcher à contre-courant ; ce n’était qu’une question de volonté. Il ne s’agissait pas de renoncer à ses rêves ni de se résigner, mais seulement de vivre en accord avec la vérité fondamentale de l’impermanence.



— 13 octobre 2026




—■ Jean Rumoncey —