03 septembre 2026

≡ L'inconnu de ma rue


La confusion l'habite



Le tumulte de la ville, le défilé incessant des voitures, l'appréhension et la peur de s'engager dans le flot mécanisé où chacun semble courir sans relâche…


Que fait-il ici, seul, un peu désemparé, dans ce monde auquel il a le sentiment de ne pas appartenir ?


D'étranges sentiments cohabitent en lui : l'angoisse, la peur, mais aussi un profond désir de fuite…


Les questions l'assaillent, et le tourmentent. 


Pourquoi est-il ainsi, ici et maintenant, prisonnier d'un état émotionnel qui ne lui est pourtant pas étranger?


Depuis la prime enfance, aussi loin que remontent ses souvenirs, il s'est toujours senti ainsi, comme un marginal, un inadapté de cette société humaine, dont il fait pourtant partie.


Seul ou parmi les autres, en présence de proches ou d'inconnus, dans le bruit comme dans le silence, il reste le plus souvent plongé dans une étrange mélancolie.


Ses états d'âme reviennent sans cesse, une tristesse voilée ne le quitte jamais, et, s'il en ignore l'origine, elle semble avoir toujours vécu en lui.


Que révèle la froideur qu'il affiche si naturellement, cette apparente sévérité, et ce visage fermé qui décourage toute approche?


Il est incapable de répondre à cette dernière question, qui le tourmente depuis qu'il a conscience de ses différences…


Il ignore pourquoi il est ainsi fait. 


Dans les épreuves douloureuses de l'existence, il donne l'impression d'être insensible à la souffrance ou au chagrin des autres, alors qu'il ne sait même pas le pourquoi de son apparente insensibilité.



— 21 juillet 2026






Jean Rumoncey —




02 septembre 2026

≡ Connaissance Du Soi


Atma Vidya «Atma Vidya, C’est La Connaissance De L’âme.


Le Corps Est Le Revêtement Extérieur Et Les Pensées Et Les Émotions, Le Revêtement Intérieur De L’âme. Dans Le Corps Humain, L’âme Est La Seule Existence Qui Ne Soit Pas Matérielle; puisqu’elle Est Immatérielle, Elle Ne Peut Être Composée, Et Puisqu’elle Ne Peut Être Composée, Elle Ne Peut Être Soumise À La Loi De Causalité. Par Conséquent, Elle Est Immortelle Et N’a Ni Commencement Ni Fin.


— Swami Vivekananda


La Connaissance Du Soi Est Chose Facile, La Plus Facile Qui Soit. Le Soi Est Quelque Chose De Complètement Réel Même Pour La Personne La Plus Ordinaire, On Pourrait Dire Que Du Cristal Est Une Illusion En Comparaison.


Le Soi qui brille comme le soleil à l’intérieur du Cœur Est réel et tout pénétrant et se révélera Aussitôt que les pensées erronées seront éliminées, Et qu’aucune trace n’en restera. 


Ces pensées Sont la cause de l’apparition des formes illusoires Du corps et du monde qui semblent réelles, En dépit de la position imposante inébranlable et immuable du Soi, Ferme comme la vérité elle-même.


Quand le Soi, débarrassé des impuretés, brille de toute part, l’obscurité disparaît, L’affliction cesse et la béatitude seule demeure.


La pensée : «Je suis le corps» est le fil sur lequel sont enfilées Diverses pensées comme des perles.


Ainsi, en plongeant profondément à l’intérieur grâce à la quête «Qui suis-je?» et «Où suis-je?», les pensées disparaissent Et la conscience du Soi alors resplendit Comme le «Je-Je» à l’intérieur de la caverne Du Cœur de chaque chercheur. 


Et ceci est le paradis, L’état d’immobilité, de paix, la demeure de la béatitude.


Quel est l’intérêt de tout connaître Excepté le Soi? Pour quelqu’un qui connaît Le Soi qu’y a-t-il d’autre à connaître? Réaliser en soi-même le Soi Qui est le seul resplendissant de lui-même En myriades de Soi, lumière éternelle. 


Ceci est la véritable Démonstration de la Grâce, la mort de l’ego Et l’abondance de la béatitude suprême.


Pour que les liens de la destinée Puissent à la fin être déliés Et qu’ainsi chacun puisse être libéré De l’angoissant cycle de la naissance et de la mort, Ce chemin en comparaison à d’autres est le plus aisé. Alors, demeurez immobiles et gardez une prise silencieuse Sur la langue, le mental et le corps. Ce qui est Resplendissant de lui-même se révélera de l’intérieur, Ceci est l’expérience suprême. 


La peur cessera.

Ceci est l’océan sans limite de parfaite béatitude.


Annamalai (1), la transcendante Ceci est l’œil derrière l’œil du mental Que l’œil et les autres sens perçoivent Qui à leur tour illuminent le ciel Et tous les autres éléments pareillement.


Ceci est véritablement le Ciel Spirituel dans lequel Le ciel mental apparaît. Ceci brille à l’intérieur Du Cœur, qui est libre de toute pensée Et avec le regard fixé au-dedans, demeure en tant que Cela; Annamalai la resplendissante brille. Mais la Grâce (2) est ce dont on a le plus besoin. 


Aussi, ayons Foi dans le Soi et la béatitude en résultera.



(1) Ce nom tamoul est un mot signifiant : «Colline insurmontable» et est ici utilisé pour signifier le Soi intérieur, qui est au-delà de l’atteinte de la pensée et des mots.


(2) La grâce reçue d’un sage authentique est une condition nécessaire (sauf très rares exceptions, dont Bhagavan Sri Ramana Maharshi fait partie) pour obtenir la réalisation du Soi.







Sri Ramana Maharshi —




 

01 septembre 2026

≡ Tendre La Main...



  Nos qualités, aussi excellentes soient-elles, ne prennent tout leur sens qu’à travers les liens qui nous permettent d’interagir activement avec les autres êtres vivants.


La sympathie, l’amitié, l’amour, la compassion, l’altruisme et toutes les autres qualités positives ne trouvent leur pleine justification que lorsqu’elles peuvent exercer pleinement leurs effets bénéfiques sur autrui.



A quoi bon posséder toutes ces qualités admirables si nous sommes les seuls à les apprécier ?



Dans ce cas, il est fort probable que nous ne fassions que flatter notre ego, déjà souvent surdimensionné, et que nous en tirions une satisfaction encore plus grande.


Nos qualités ne prennent tout leur sens, que si nous les cultivons et les partageons avec tous ceux qui sont dans la détresse, et la souffrance du corps ou de l’esprit.


Cela implique nécessairement, que nous allions vers eux, pour leur tendre une main secourable, sans rester égoïstement enfermés, dans l’ignorance de leur désespoir, de leurs malheurs, de leurs douleurs et plus encore...


Ainsi, libéré de sa signification universelle, le mot «amour» transcende les sentiments, les émotions, l’affection, le dévouement et la relation physique entre deux corps. 


Il incarne l’essence même d’une union pure, où deux êtres deviennent «L’autre» « etMoi».


Le « Moi » doit être ici, à la hauteur de ses qualités, il doit se présenter à « L’autre », celui qui a un besoin impérieux de lui, et ce, en toute dignité et en toute conscience de ses propres qualités.


C’est seulement alors que l’homme véritablement « Bon » pourra démontrer la véracité de ses qualités.






Jean Rumoncey —