02 octobre 2026

≡ Parlons Un Peu Du Nirvãna


Le Nirvãna est L'État Qui Succède À La Cessation Des Passions Et De Leurs Causes.


Nirvãna signifie, État de paix, Délivrance du Samsãra, et fin du conditionnement avec «absence de naissance, de devenir et mort»; par delà le monde, c'est «l'autre rive».


En tibétain, Nirvãna se traduit par «au-delà de la souffrance».


Ce n'est pas le néant, mais le Bouddha n'en a pas donné de définition précise, car cet État transcende le néant et l'éternité, il est indicible, donc indescriptible.


— Le Nirvãna Dans Le Hinayâna.


Dans le Hinayâna «Le petit Véhicule» du Bouddhisme, le Nirvãna désigne l'état qui est atteint par «l'Arhat», Le méritant, le vainqueur de l'ennemi, celui qui a vaincu les passions.


C'est l'état d'extinction ou de cessation définitive des passions et de leurs causes. 


L'esprit se trouve délivré des trois impuretés : 


— Plaisirs des sens, 

— Devenir, 

— Ignorance, 


Source, et véritable cause des renaissances sans fin dans le Samsãra.


Quand un Arhat entre en Nirvãna, il n'a plus à renaître dans ce monde, car ses actes ne portent plus de fruit.


On Distingue Deux Types De Nirvãna :


— Le Nirvãna avec restes, est l'état de délivrance atteint par «l'Arhat», qui continue à vivre, mais avec encore les produits du Karma du Passé. Il n'est pas immunisé contre la souffrance, ou la maladie, alors que son Esprit, lui, est bien en Paix.


— Le Nirvãna sans reste, c'est l'état atteint par l'Arhat, lorsqu'il est enfin libéré définitivement de ses actes karmiques du Passé, à la sortie de l'existence, donc à sa mort.


— Le Nirvãna Dans Le Mahãyãna


Selon Le Mahãyãna, le «Grand Véhicule» du Bouddhisme, le Nirvãna de l'Arhat, n'est qu'un état inférieur du Nirvãna, Il ne correspond pas, à l'état de Bouddha pleinement éveillé.


Bien que les passions soient réellement vaincues, il subsiste encore une zone d'ombre, une infime ignorance ; c'est pourquoi il qualifie cet état de «Nirvãna Statique».


Dans le Nirvãna du Mahãyãna, les passions sont éradiquées, mais la force de la Compassion engendre le refus de demeurer dans la «Paix Statique», Tant qu'il existe encore des Êtres à aider, tous ceux qui sont encore plongés dans le Samsãra.


Selon, Le «Grand Véhicule» Il Ne Peut Donc Y Avoir De «Nirvãna Définitif» Que Lorsque Tous Les Souffrants Du Samsãra En Seront Libérés.



— 16 juillet 2012






▲ Aron O’Raney —




 

01 octobre 2026

≡ Albert Camus, Notes… Janvier 1936


Ce jardin de l’autre côté de la fenêtre, je n’en vois que les murs. Et ces quelques feuillages où coule la lumière. Plus haut, c’est encore les feuillages. Plus haut, c’est le soleil. 


Et de toute cette jubilation de l’air que l’on sent au dehors, de toute cette joie épandue sur le monde, je ne perçois que des ombres de feuillages qui jouent sur les rideaux blancs. 


Cinq rayons de soleil aussi qui déversent patiemment dans la pièce un parfum blond d’herbes séchées. Une brise, et les ombres s’animent sur le rideau. Qu’un nuage couvre, puis découvre le soleil, et voici que de l’ombre surgit le jaune éclatant de ce vase de mimosas. 


Cette seule lueur naissante et me voici inondé d’une joie confuse et étourdissante.


Qui suis-je et que puis-je faire — sinon entrer dans le jeu des feuillages et de la lumière. Être ce rayon de soleil où ma cigarette se consume, cette douceur et cette passion discrète qui respire dans l’air. 


Si j’essaie de m’atteindre, c’est tout au fond de cette lumière . Et si je tente de comprendre et de savourer cette délicate saveur qui livre le secret du monde, c’est moi-même que je trouve au fond de l’univers. 


Mais laissez-moi découper cette minute dans l’étoffe du temps, comme d’autres laissent une fleur entre les pages. Ils y enferment une promenade où l’amour les a effleurés. Et moi aussi, je me promène, mais c’est un dieu qui me caresse.


La vie est courte et c’est péché, que de perdre son temps. Je perds mon temps pendant tout le jour et les autres disent que je suis très actif. Aujourd’hui c’est une halte et mon cœur s’en va à la rencontre de lui-même.


Si une angoisse encore m’étreint, c’est de sentir cet impalpable instant glisser entre mes doigts comme les perles du mercure. 


Laissez donc ceux qui veulent se séparer du monde. Je ne me plains plus, puisque je me regarde naître. Je suis heureux dans ce monde, car mon royaume est de ce monde. 


Nuage qui passe, et instant qui pâlit. Mort de moi-même à moi-même. Le livre s’ouvre à une page aimée. Qu’elle est fade aujourd’hui en présence du livre du monde.


Est-il vrai que j’ai souffert, n’est-il pas vrai que je souffre ; et que cette souffrance me grise parce qu’elle est ce soleil et ces ombres, cette chaleur et ce froid que l’on sent très loin, tout au fond de l’air. 


Vais-je me demander si quelque chose meurt et si les hommes souffrent, puisque tout est écrit dans cette fenêtre où le ciel déverse sa plénitude. 


On se croit retranché du monde, mais il suffit qu’un olivier se dresse dans la poussière dorée, il suffit de quelques plages éblouissantes sous le soleil du matin, pour qu’on sente en soi fondre cette résistance. 


On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans.



— Notes Biographiques

— Extrait de «Carnets I. — Mai 1935 – février 1942.»






 —■ Albert CAMUS (1913-1960) —




30 septembre 2026

≡ La Quête Intérieure


Les sages et les esprits éclairés ont préservé les savoirs ancestraux. Leurs enseignements offrent à chacun une possibilité de s’instruire des choses de l’esprit.


— Tout y est… 


Accepter la vie telle qu’elle est, apprendre à se connaître, et discerner le vrai du faux : la vérité du mensonge, cultiver le silence intérieur, maîtriser ses émotions, et vivre l’instant présent.


— Est-ce qu’il a tiré profit de ces connaissances ?


La sagesse aide à mieux vivre cette existence, car, si la société est en continuel changement, le cœur humain, lui, est immuable. 


La philosophie bouddhique sur ce qui rend l’homme heureux ou malheureux recèle, de profondes vérités.


— L’ignorance est souvent la racine des souffrances.


Il est ici pour apprendre, et c’est ce qu’il s’efforce de faire, il est vrai, avec plus ou moins de réussite.


Quand il était jeune, il courait, à la maturité, il marchait, plus tard il trébuchait, mais se relevait et poursuivait tant bien que mal sa route, pansant des blessures qui, souvent, ne guérissent jamais.


Il y a longtemps qu’il a tourné le dos à cette époque qu’il ne reconnaît plus. La société humaine façonnée par le pouvoir des puissants lui est devenue étrangère.


Nombre d’humains et de religions empruntent des chemins différents, pour parvenir un jour devant une seule et même porte, celle : de «l’Inconnaissable».


— Nous vivons aujourd’hui dans une matérialité outrancière… 


Pourtant, l’essentiel, dans cette vie, n’est-il pas de conserver au plus profond de son cœur sa Propre Foi ?


— Pour tenter de voir clair, il a pris le recul indispensable…


Il vit à l’écart des choses et des événements d’une société, qui ne cesse de détruire ce qu’il reste des véritables valeurs.


Dans ce monde artificiel, innombrables sont ceux qui tentent de combler le vide de leur existence, avec des artifices matériels.


Nombreux sont les ignorants, mais il existe différents degrés d’ignorance. En ce sens, certains le sont un peu moins que beaucoup d’autres.


— L’on ne finit jamais d’apprendre, la vie est faite pour cela.


Il a expérimenté : la Franc-Maçonnerie, étudié la philosophie bouddhiste, le soufisme, et l’hindouisme, tout en gardant profondément ancrés en lui le christianisme et sa foi en Dieu.


— Il pratique la méditation, dont il a retiré de réels bienfaits.


Aujourd’hui, il perçoit son regard comme plus lucide et clairvoyant, même s’il reste parfois critique envers les autres.  Il en va de même pour les choses de la vie, qui lui apparaissent plus compréhensibles.


Il reste un cherchant, un vieil homme, qui poursuit une route, où surgit parfois, la furtive étincelle de lumière, qui l’encourage à persévérer dans sa quête. Cela lui suffit pour continuer.


— À qui demander d’éclairer son chemin ? 


Au passant, à un ami, à un maître spirituel, au religieux, à un sage… À qui d’autre encore ?


Certains êtres peuvent nous éviter les sentiers escarpés, ou accidentés, et nous diriger sur une bonne voie. Mais, quelles que soient ses qualités, son intégrité, ses expériences, et son intelligence, personne ne peut éclairer à notre place le chemin de la vie.


— Celui qui demeure ancré dans sa foi peut espérer voir se révéler un jour la lumière qui sommeille déjà en lui.



— 26 juillet 2026






— ■ Jean Rumoncey —