Du premier cri jusqu’au dernier souffle, la respiration est un acte inconscient, une force vitale qui réside en soi. Du physique au symbole, S’intéresser au souffle, c’est s’interroger sur ce qui maintient notre vie.
— Le Souffle du corps
Nécessité biologique, le couple indissociable inspiration-expiration préside la vie, il participe aux échanges permanents entre soi et le monde extérieur. Le souffle ancré dans l’inconscient, est continu et permanent il est le garant de l’existence .
— Le symbolisme du souffle
Le premier souffle célèbre la naissance, et le dernier couronne la mort. Symbole de Vie et de mort, nombreuses sont les traditions qui l’associent à une puissance créatrice divine.
Dans les écrits bibliques, Le souffle de Dieu est lié à l’apparition de la vie. Dans la tradition grecque, «pneuma» désigne le souffle, l’air et l’esprit. Le mot latin «spiritus», esprit et spirituel, signifie aussi à l’origine «souffle».
Dans la spiritualité orientale, «Prana» est le souffle vital, en Chine, le «Qi» est associé au souffle, à l’énergie vitale.
Révélé par ses effets, le souffle reste aussi le symbole de l’invisible. Une vérité ancestrale difficile à admettre énonce : «Vivre, c’est être traversé par un mouvement qui ne nous appartient jamais complètement.»
— Le souffle intérieur
Le souffle est aussi lié à notre état intérieur : Une mauvaise nouvelle coupe le souffle, l’inquiétude accélère la respiration ; une forte émotion serre la poitrine ; après une grande tension vient un profond soupir.
La respiration est le miroir invisible de notre microcosme, et, si le mental influence la respiration, celle-ci contribue aussi à modifier les états de l’intérieur.
Lorsque l’on ralentit la respiration en y prêtant attention, il y a changement. Les pensées disparaissent, la réalité primaire s’établit «j’inspire, j’expire, je suis vivant.»
— Le souffle au quotidien
Profane ou pratiquant les vertus du souffle, se redécouvrent lorsqu’on lui accorde de l’attention.
Le matin au réveil, respirer en pleine conscience fait revenir à soi et à l’instant présent. S’asseoir quelques minutes, se détendre, observer «inspirations-expirations» les écouter, c’est prendre pied dans le jour présent.
Dans la journée, marcher attentif à sa respiration, marquer un léger temps d’arrêt, avant de parler sous l’emprise d’émotions, et Respirer profondément avant toute décision importante, enfin, préférer le silence au verbe.
Le souffle commence en soi, il ne nous appartient pas.
Reçu sans le demander, sans pouvoir décider de l’instant, nous le rendons au jour dernier.
Ne serait-ce pas, l’une des plus grandes leçons d’une vie, qui nous a été prêtée? Inspirer, c’est accueillir la vie. Expirer, c’est accepter de la laisser partir.
Lorsqu’on a compris cela, le souffle n’est plus l’unique fonction physique. Il est l’essentiel moyen d’habiter notre propre existence, et sans doute, de se réconcilier avec le mystère de la vie.
—■ Jean Rumoncey —



