21 juin 2026

≡ Émergence De L'Humanité

                         


Du grand miroir de l'univers,

Sans commencement ni fin,


Se manifesta la société humaine;

Alors surgirent la libération et la confusion.

Quand apparurent la peur et l'hésitation

Envers la confiance primordialement libre,


D'innombrables multitudes de lâches se levèrent. 


Quand la confiance primordialement libre

Devint source d'inspiration et de réjouissance,


D'innombrables multitudes de guerriers se rallièrent.


Les innombrables multitudes de lâches

Se cachèrent dans les cavernes et les jungles;


Ils tuèrent leurs frères et sœurs et mangèrent leur chair;

Ils suivirent l'exemple des bêtes;


ils semèrent entre eux la terreur;

ainsi s'ôtèrent-ils eux-mêmes la vie.


Ils allumèrent un grand feu de haine;

Ils troublèrent sans cesse la rivière de la luxure;


Ils se vautrèrent dans la fange de la paresse;

L'âge des famines et des pestes survint. 


De ceux qui se dévouèrent à la confiance primordiale,

Les grands rassemblements de guerriers,


Certains partirent pour les hautes montagnes

Et Y érigèrent de magnifiques châteaux de cristal.


D'autres s'en allèrent aux pays majestueux des lacs

et des îles Et y bâtirent de splendides palais.


D'autres enfin s'établirent dans les plaines charmantes

Et Y semèrent l'orge, le riz et le blé.


Ils furent toujours libres de querelles,

Toujours aimables et très généreux.


Sans besoin d'encouragement,

Par leur simple « insondabilité » qui existe d'elle même,

Ils furent à jamais dévoués au Rigden impérial. 



— Extrait de Shambala 

— La Voie sacrée du Guerrier






Chögyam Trungpa (1939-1987) —



20 juin 2026

≡ Apprends À Vivre


Prie sans cesse!


Que ta vie soit une constante prière d'amour

Et d'Action de grâce.


La vie est infiniment bonne,

Mais souviens-toi toujours

Qu'elle est ce que tu en fais.


Donc, si tu es négatif,

Tu attires à toi la négativité,


Et un nuage noir vient recouvrir ta vie,

Te séparant de ce bien le plus grand.


Si tu es constamment positif,

Si tu vois le bon en tout et en tous, 


Il y a du ciel bleu et du soleil

Tout autour de toi et en toi.


Emplis ta vie d'amour, de foi 

D'espoir et de plénitude.


Apprends à aimer la vie,

Car lorsque tu le fais,


Ta vie est une prière constante et tu pries,

En vérité, sans cesse.


La prière est ta communion intérieure avec Moi,

Quand nous marchons et parlons ensemble

Comme nous le faisions au commencement.


La prière est la nourriture de l'Esprit,

Le nourricier de l'âme.


C'est un profond besoin intérieur en chaque âme.


Ressens ce besoin intérieur et réponds-Y! 



— Extraits de «La Petite Voix» 

— Méditations — 






Eileen Caddy —



19 juin 2026

≡ Soleil et mer



L’unité S’exprime Ici En Termes De Soleil Et De Mer. 


Elle est sensible au cœur par un certain goût de chair qui fait son amertume et sa grandeur. 


J'apprends qu'il n'est pas de bonheur surhumain, pas d'éternité hors de la courbe des journées. Ces biens dérisoires et essentiels, ces vérités relatives sont les seules qui m'émeuvent. 


Les autres, les « idéales », je n'ai pas assez d'âme pour les comprendre. Non qu'il faille faire la bête, mais je ne trouve pas de sens au bonheur des anges.


Je sais seulement que ce ciel durera plus que moi. 


Et qu'appellerais-je éternité sinon ce qui continuera après ma mort? 


Je n'exprime pas ici une complaisance de la créature dans sa condition. C'est bien autre chose. Il n'est pas toujours facile d'être un homme, moins encore d'être un homme pur.  


Mais être pur, c'est retrouver cette patrie de l'âme où devient sensible la parenté du monde, où les coups du sang rejoignent les pulsations violentes du soleil de deux heures. 


Il est bien connu que la patrie se reconnaît toujours au moment de la perdre.


Pour ceux qui sont trop tourmentés d'eux-mêmes, le pays natal est celui qui les nie. 


Je ne voudrais pas être brutal ni paraître exagéré. Mais enfin, ce qui me nie dans cette vie, c'est d'abord ce qui me tue. 



— Extrait De « Noces » 1936-1937

— L’Été À Alger — À Jacques Heurgon 






—Albert Camus —