03 février 2026

≡ Jour Après Jour…



Jour Après Jour, Sa Vie S’écoule,

Telle La Rivière Qui Vit, 

Au Gré Du Temps

Le Calme Ou L’agitation.


Il Est Sur La Berge, 

Le Témoin Silencieux,

Qui Regarde Passer Les Eaux

Où Scintillent Les Ombres

Et Les Reflets Du Passé.


Parfois, Le Courant S’apaise,

Il Revoit Des Visages, 

Les Rires, L’insouciance

L’éphémère, Telle L’écume.


Parfois, Le Courant S’agite,

Emportant Avec Lui Ce Qui Fut,

Souvenirs Sans Un Adieu.


Alors Son Cœur S’épanche, 

Humble Passager Du Temps,

Murmurant À La Mémoire :


« Reste Encore Un Peu… Juste

Juste Le Temps D’un Frisson. »




À La Mémoire De Ceux Que L’on A Aimé, Et De Tous Ces Autres, Voyageurs De L’Ailleurs Inconnaissable.




Jean Rumoncey —




≡ Dégénérescence Du Langage


Il est aisé d’être « profond » : 

On n’a qu’à se laisser submerger par ses propres tares.

 

Tout mot me fait mal. Combien pourtant il me serait doux d’entendre des fleurs bavarder sur la mort!

 

Modèles de style : le juron, le télégramme et l’épitaphe.


Les romantiques furent les derniers spécialistes du suicide. 

Depuis, on le bâcle… Pour en améliorer la qualité, nous avons grand besoin d’un nouveau mal du siècle.

 

Dépouiller la littérature de son fard, en voir le vrai visage est aussi périlleux que déposséder la philosophie de son charabia.


Les créations de l’esprit se réduiraient-elles à la transfiguration de bagatelles? Et n’y aurait-il quelque substance qu’en dehors de l’articulé, dans le rictus ou la catalepsie?

 

Un livre qui, après avoir tout démoli, ne se démolit pas lui-même nous aura exaspérés en vain.

 

Monades disloquées, nous voici à la fin des tristesses prudentes et des anomalies prévues : Plus d’un signe annonce l’hégémonie du délire.

 

Les « sources » d’un écrivain, ce sont ses hontes; celui qui n’en découvre pas en soi, ou s’y dérobe, est voué au plagiat ou à la critique.


Tout Occidental tourmenté fait penser à un héros dostoïevskien qui aurait un compte en banque.

 

Le bon dramaturge doit posséder le sens de l’assassinat; depuis les Élisabéthains, qui sait encore tuer ses personnages?


La cellule nerveuse s’est si bien habituée à tout, qu’il nous faut désespérer de concevoir jamais une insanité qui, pénétrant dans les cerveaux, les ferait éclater.

 

Depuis Benjamin Constant, personne n’a retrouvé le ton de la déception.


Qui s’est approprié les rudiments de la misanthropie, s’il veut aller plus avant, doit se mettre à l’école de Swift : Il y apprendra comment donner à son mépris des hommes l’intensité d’une névralgie.

 

Avec Baudelaire, la physiologie est entrée dans la poésie; avec Nietzsche dans la philosophie. Par eux, les troubles des organes furent élevés au chant et au concept. Proscrits de la santé, il leur incombait d’assurer une carrière à la maladie.


Mystère — mot dont nous nous servons pour tromper les autres, pour leur faire croire que nous sommes plus profonds qu’eux.

 

Si Nietzsche, Proust, Baudelaire ou Rimbaud survivent à la fluctuation des modes, ils le doivent au désintéressement de leur cruauté, à leur chirurgie démoniaque, à la générosité de leur fiel. 

Ce qui fait durer une œuvre, ce qui l’empêche de dater, c’est sa férocité. Affirmation gratuite? 


Considérez le prestige de l’Évangile, livre agressif, livre venimeux s’il en fut.

 

Le public se précipite sur les auteurs dits « humains »; il sait qu’il n’a rien à en craindre : Arrêtés comme lui à mi-chemin, ils lui proposeront un arrangement avec l’Impossible, une vision cohérente du Chaos.

 

Le débraillement verbal des pornographes émane souvent d’un excès de pudeur, de la honte d’étaler leur « âme » et surtout de la nommer : Il n’est pas de mot plus indécent en aucune langue.

 

Qu’une réalité se cache derrière les apparences, cela est, somme toute, possible; que le langage puisse la rendre, il serait ridicule de l’espérer. 


Pourquoi s’encombrer alors d’une opinion plutôt que d’une autre, reculer devant le banal ou l’inconcevable, devant le devoir de dire et d’écrire n’importe quoi? Un minimum de sagesse nous obligerait à soutenir toutes les thèses en même temps, dans un éclectisme du sourire et de la destruction.

 

La peur de la stérilité conduit l’écrivain à produire au-delà de ses ressources et à ajouter aux mensonges vécus tant d’autres qu’il emprunte ou forge. 


Sous des « Œuvres complètes » gît un imposteur.

 

Le pessimiste doit s’inventer chaque jour d’autres raisons d’exister : C’est une victime du « sens » de la vie.

 

Macbeth : un stoïcien du crime, un Marc Aurèle avec un poignard.




Syllogismes De L’amertume 

Extrait 2-3 D’« Atrophie Du Verbe »




Emil Cioran —




02 février 2026

≡ Le Musée De La Photographie…

Le pont roulant permettait de manipuler de grandes bobines utiles à l’approvisionnement électrique (crédit : Ville de Nice).


📷 Le saviez-vous : L’écrin du musée de la photographie fait partie du patrimoine… industriel !


S’il a un look « industriel » ce n’est pas pour coller à une quelconque tendance : ce bâtiment a une histoire que l’installation d’un musée n’a pas gommée.


🔷— LA GENÈSE


Place Gautier, dans le Vieux-Nice, le musée de la photographie Charles-Nègre attire les curieux de par les événements qu’il annonce depuis 2016 et son installation sur ce site. Pas forcément des amateurs d’architecture… et pourtant.


Lové dans un bâtiment des années 1930, il est le témoin d’une reconversion réussie du patrimoine industriel niçois, puisqu’il s’agissait d’une sous-station électrique. En témoigne l’inscription au-dessus de l’entrée.


Avec la réalisation de cette bâtisse, Nice avait fait un bond dans le travail d’électrification de son territoire, qu’elle développait depuis la fin du XIXe. La station alimentant, de façon efficiente et moderne, les quartiers niçois.


🔷— CE QU’IL RESTE DE SON HISTOIRE


En plus de l’inscription à l’entrée, un aigle doré et couronné (cf les armoiries de la Ville) datant de l’entre-deux-guerres accueille toujours les visiteurs.


À l’intérieur, un autre élément phare a été conservé : le pont roulant.


De grandes bobines permettaient de transformer le courant haute tension en courant continu basse tension.


Comme le reste des éléments métalliques, il a été sublimé afin de rendre l’écrin très théâtral. Et finalement, très contemporain.


Avant 2016, le musée de la photo était dans l’ancien théâtre de l’Artistique, dans un environnement plus baroque.


Pour ce nouveau départ, il prend le nom de Charles Nègre, photographe pionnier né à Grasse. En 2018, il est labellisé Qualité Tourisme pour son accueil et la qualité de ses prestations. Aujourd’hui, on y propose environ sept expos temporaires par an.




— 20 janvier 2026

— Source documentaire : L’Essentiel Nice




Aron O’Raney —