15 juillet 2026

≡ L'Homme Et L'Homme Noble


— Tandis que l'homme se moque et se gausse d'autrui, L'homme noble reste impassible, sérieux et muet.


Tandis que l'homme se plaint des fautes d'autrui, L'homme noble comprend et jauge l'homme en son esprit


Tandis que l'homme met la faiblesse d'autrui à découvert, L'homme noble la couvre avec le voile de sa générosité


Tandis qu'il est égal à l'homme de causer de l'ennui à un autre, L'homme noble prend soin de ne faire de mal À personne.


Tandis que l'homme prend tous les agréments pour lui, L'homme noble pense d'abord à son voisin.


Tandis que l'homme, ayant fait quelque grande chose, s'en vante avec orgueil, L'homme noble la voile sous le manteau de sa modestie.


Tandis que l'homme prend offense de la moindre cause, L'homme noble demeure poli en toute occasion dans la vie.



— Extrait de «The Sufi, a quarterly magazine» Vol.  3 de janvier 1919 — Revue La pensée Soufie No 52, 1976 — Extrait de l'éditorial. Le titre de IIIe Millénaire.






— Hazrat Inayat Khan —



14 juillet 2026

≡ Noces IV


Quel Accord Plus Légitime Peut Unir L'homme À La Vie Sinon La Double Conscience De Son Désir De Durée Et Son Destin De Mort?


On y apprend du moins à ne compter sur rien et à considérer le présent comme la seule vérité qui nous soit donnée par «surcroît».


J'entends bien qu'on me dit : l'Italie, la Méditerranée, terres antiques où tout est à la mesure de l'homme. Mais où donc et qu'on me montre la voie? 


Laissez-moi ouvrir les yeux pour chercher ma mesure et mon contentement! Ou plutôt si, je vois : Fiesole, Djémila et les ports dans le soleil. La mesure de l'homme? Le silence et les pierres mortes. Tout le reste appartient à l'Histoire.


Mais, ce n'est pas là qu'il faudrait s'arrêter. Car il n'a pas été dit que le bonheur soit à toute force inséparable de l'optimisme. Il est lié à l'amour — ce qui n'est pas la même chose. 


Oui, il y a un bonheur plus haut où le bonheur paraît futile. À Florence, je montais tout en haut du jardin Boboli, jusqu'à une terrasse d'où l'on découvrait le Monte Oliveto et les hauteurs de la Ville jusqu'à l'horizon. 


Avec la fin de l'après-midi tombait une lumière argentée où tout devenait silence. Le sommet des collines était d'abord dans les nuages. Mais une brise s'était levée dont je sentais le souffle sur mon visage. 


Avec elle, et derrière les collines, les nuages se séparèrent comme un rideau qui s'ouvre. Du même coup, les cyprès du sommet semblèrent grandir d'un seul jet dans le bleu soudain découvert. 


Dans cette grande respiration du monde, le même souffle s'accomplissait à quelques secondes de distance et reprenait de loin en loin le thème de pierre et d'air d'une fugue à l'échelle du monde. 


Des millions d'yeux, je le savais, ont contemplé ce paysage et, pour moi, il était comme le premier sourire du Ciel. 


Dans ce soir qui tombait sur la campagne florentine, je m'acheminais vers une sagesse où tout était déjà conquis, si des larmes ne m'étaient venues aux yeux et si le gros sanglot de poésie qui m'emplissait ne m'avait fait oublier la vérité du monde.


C'est sur ce balancement qu'il faudrait s'arrêter : singulier instant où la spiritualité répudie la morale, où le bonheur naît de l'absence d'espoir, où l'esprit trouve sa raison dans le corps. S'il est vrai que toute vérité porte en elle son amertume, il est aussi vrai que toute négation contient une floraison de «oui». 


Mais cette leçon, la dois-je à l'Italie ou l'ai-je tirée de mon cœur? C'est là-bas sans doute qu'elle m'est apparue. Mais c'est que l'Italie, comme d'autres lieux privilégiés, m'offre le spectacle d'une beauté où meurent quand même les hommes. 


Ici encore, la vérité doit pourrir et quoi de plus exaltant? Même si je la souhaite, qu'ai-je à faire d'une vérité qui ne doive pas pourrir? 


Elle n'est pas à ma mesure. Et l'aimer serait un faux-semblant. On comprend rarement que ce n'est jamais par désespoir qu'un homme abandonne ce qui faisait sa vie. Les coups de tête et les désespoirs mènent vers d'autres vies et marquent seulement un attachement frémissant aux leçons de la Terre. 


À portée de ma main, au jardin Boboli, pendaient d'énormes kakis dorés dont la chair éclatée laissait passer un sirop épais.


De cette colline légère à ces fruits juteux, de la fraternité secrète qui m'accordait au monde à la faim qui me poussait vers la chair orangée au-dessus de ma main, je saisissais le balancement qui mène certains hommes de l'ascèse à la jouissance et du dépouillement à la profusion dans la volupté. 


J'admirais, j'admire ce lien qui, au monde, unit l'homme, ce double reflet dans lequel mon cœur peut intervenir et dicter son bonheur jusqu'à une limite précise où le monde peut alors l'achever ou le détruire. 


Florence! Un des seuls lieux d'Europe où j'ai compris qu'au cœur de ma révolte dormait un consentement. 


Dans son ciel mêlé de larmes et de Soleil, j'apprenais à consentir à la Terre et à brûler dans la flamme sombre de ses fêtes. 


J'éprouvais... mais quel mot? Quelle démesure? 


Comment consacrer l'accord de l'amour et de la révolte? La Terre! Dans ce grand temple déserté par les Dieux, toutes mes idoles ont des pieds d'argile.



— À Jean Brenier.

— Extraits de «Noces» (1936 − 1937)




Albert Camus —



 

13 juillet 2026

≡ Mémoire Du 14 Juillet 2016

L'exposition photographique est signée Anne Murris, qui a perdu sa fille, Camille, dans l'attentat du 14 Juillet. Elle est présidente de l'association Mémorial des Anges (crédit : Adobe Stock).



🙏 Faire son travail de mémoire sur la promenade du Paillon


•— Aujourd'hui, Mémoire, miroir de notre humanité, est inaugurée en plein cœur de Nice. Une exposition - jusqu'au 31 juillet - qui rend hommage aux victimes de l'attentat du 14 Juillet, dix ans après le drame qui a endeuillé tant de familles, et la ville.


De Quoi Est-Il Question ?


Mémoire, miroir de notre humanité est une exposition photographique signée Anne Murris, victime de l'attentat du 14 juillet 2016, puisqu'elle y a perdu sa fille, Camille. 


Aujourd'hui présidente de l'association Mémorial des Anges, elle travaille à garder la mémoire vivante.



Les dix ans du tragique événement, qui a coûté la vie à 86 personnes sur la Promenade des Anglais et qui a fait plus de 450 blessés ainsi qu'un nombre incalculable de gens traumatisés, méritait des hommages forts. 



Celui-ci, en particulier, se concentre sur l'après. Sur les heures, les jours, les mois qui suivent. Monté en collaboration avec la Ville de Nice, on y évoque l'onde de choc, forcément, la population meurtrie, aussi… mais bien décidée à se relever. 


Que Va-T-On Y Voir ?


Des fleurs, des messages, des bougies : l'expo revient sur l'espace public comme lieu de recueillement et de mémoire partagée. 


On y a vu des particuliers, des parents, des officiels, des gens célèbres, des passants. Beaucoup de solidarité, surtout, et de messages forts.



Des structures ont été créées, des liens se sont tissés. Formels ou informels, ils ont été accompagnés de gestes, de mouvements d'entraide et de cette promesse de ne surtout pas céder à la peur ou à la violence. 


•À la Villa Masséna, à partir du 3 juillet, une autre expo sera à découvrir. 


Nice, dix ans de mémoire et de résilience est conçue comme un parcours initiatique qui s'achève sur la diffusion du documentaire de Franck Fernandes photographe et vidéaste pour Nice-Matin.



— 1er juillet 2026

— Source : L'Essentiel Nice






Aron O’Raney —