20 juillet 2026

≡ La Vie Du Monde Et La Solitude


A Chaque Pas Que L’on Fait Dans L’étude De La Nature Humaine, On Est Saisi Du Rapport Constant Qui Existe Entre Le Monde Moral Et Le Monde Physique. 


Telle plante ne dégénère et ne s’étiole que parce qu’elle n’est point placée sur son véritable terrain, et tel cœur n’est mauvais que parce qu’il s’est développé au milieu d’une atmosphère pernicieuse, dont il n’a pas eu le moyen ou la force de vaincre la funeste influence.


En thèse générale, deux sphères d’action exercent surtout un puissant empire sur notre caractère et nos goûts: 


La Vie Du Monde Et La Solitude.


Voici un homme qui, tout jeune encore, vous étonne par la souplesse de sa parole, par son genre d’esprit, vif, léger, prompt à la repartie, et disposé au sarcasme plutôt qu’à l’admiration.


Voyez s’il n’a pas vécu de bonne heure au milieu d’un monde qui l’a façonné à ses mobiles allures, qui, en éveillant son attention sur les idées courantes, l’a habitué à glisser ingénieusement à la surface des choses et l’a détourné des conceptions sérieuses, dont l’étude gênerait la liberté de ses mouvements en absorbant une partie de ses facultés.


En voici un autre, au contraire, qui est grave et rêveur, qui, dans les gazouillements variés d’un salon, n’échappe qu’avec peine à la préoccupation d’une pensée secrète, qui n’accorde qu’un sourire de complaisance à mainte saillie soudaine dont tout le monde s’égaye autour de lui, mais qui conserve sous de froides apparences une constante ardeur et de nombreuses et faciles admirations.


Remontez le cours de sa vie, et voyez si son enfance ne s’est pas écoulée dans le silence de quelque retraite, dans la contemplation de la nature, qui conduit l’imagination à la rêverie et porte le cœur à l’enthousiasme.




— Extrait de : La Solitude




— Johann Georg Zimmermann —




≡ Que doit-on à la famille Gubernatis ?

L'héritage de la famille Gubernatis est toujours visible (crédit : Adobe Stock).


🏡 Gubernatis. Les Niçois Connaissent Cette Rue Du Centre-Ville Qui Relie, De Manière Perpendiculaire, Le Boulevard Dubouchage À La Coulée Verte. Mais Qui Se Cache Derrière Ce Nom Et Surtout Quel Héritage Laisse-T-Il ?



Pourquoi On En Parle ?


Jean-Baptiste de Gubernatis était un notable niçois du XVII siècle. Il a été consul de Nice entre 1618 et 1628.


La famille possédait une propriété sur les hauteurs de Cimiez, qui n'était alors qu'une vaste campagne. On s'y affairait aux champs.


Entre 1670 et 1685, son héritier, Jean-Jérôme de Gubernatis, décide de construire un palais. Il remplace le corps de ferme par une demeure avec davantage de cachet.


•Il faut bien une maison à la hauteur de son statut d'ambassadeur des Ducs de Savoie.


Les métayers qui avaient le droit de cultiver la terre sont déplacés... au cœur des vestiges des thermes romains. 



Aujourd'hui


Le Palais Gubernatis n'existe plus. Ou plutôt, il n'existe plus sous son nom actuel, puisque la demeure accueille depuis 1963 le musée Matisse.


En 1823, la famille Gubernatis cédait la propriété à la famille Garin de Cocconato, qui modifie l'ensemble.


La maison est facilement reconnaissable par sa structure à la fois simple et massive. Sa façade ocre délavée est intemporelle. À l'intérieur, ses volumes sont impressionnants.


Le comte Raymond Garin de Cocconato a favorisé les recherches sur le site antique. Un nouveau quartier de la cité romaine de Cemenelum ne tardait pas à être découvert.


En 1950, la ville rachetait la demeure pour la baptiser : «Villa des Arènes». Le nom Gubernatis disparaissait alors. Avant de resurgir, au détour d'une rue.



— 7 janvier 2026

— Source documentaire : l'Essentiel Nice






Aron O’Raney —




19 juillet 2026

≡ En Parlant De La Beauté


Où chercher la beauté et comment la trouver si elle n'est pas elle-même votre voie et votre guide?


Et comment pouvez-vous parler d'elle si elle ne tisse pas les mots de votre discours?

 

Les affligés et les offensés disent : La beauté est douce et bonne. Telle une jeune mère intimidée par sa gloire, elle marche parmi nous.


Et les passionnés de dire : Non, la beauté est une chose puissante et terrifiante. Comme une tempête qui ébranle la terre sous nos pieds et le ciel au-dessus de nos têtes.


Les épuisés et les las disent : La beauté est un doux murmure. Elle parle en notre esprit. Et sa voix cède à nos silences comme une pâle lueur qui frémit par peur de l'ombre. 


Et les tourmentés de dire : Nous avons entendu ses cris dans les montagnes. Et ses cris étaient accompagnés de martèlements de sabots, de battements d'ailes et de rugissements de lions.


La nuit, les gardiens de la cité disent : La beauté se lèvera de l'Est avec l'aurore. 


Et à midi, les travailleurs et les routiers de dire : Nous l'avons vue par les fenêtres du couchant se pencher sur la Terre.


En hiver, ceux qui sont emprisonnés par la neige disent : La beauté viendra avec le printemps bondissant sur les collines.


Et dans la chaleur d'été les moissonneurs de dire : Nous l'avons vue danser avec les feuilles d'automne, et nous avons aperçu de la neige dans ses cheveux. 


— Voilà tout ce que vous avez dit de la beauté.


Mais en vérité, ce n'est pas d'elle que vous parliez, mais de vos besoins inassouvis. La beauté n'est pas un besoin, mais une extase.


Elle n'est pas une bouche assoiffée ni une main vide et tendue, Mais un cœur enflammé et une âme enchantée.


Elle n'est pas l'image que vous voudriez voir, ni le chant que vous voudriez entendre.


Elle est plutôt une image que vous voyez, même les yeux fermés, et un chant que vous entendez, même les oreilles bouchées.


Elle n'est pas la sève au sein de l'écorce sillonnée, ni une aile rattachée à une griffe, Mais un jardin à jamais en fleurs et une volée d'anges à jamais en vol.


— Peuple d'Orphalèse, La beauté est la vie quand la vie dévoile sa sainte face; mais vous êtes la vie et vous êtes le voile.


La beauté est l'éternité qui se regarde dans un miroir; mais vous êtes l'éternité et vous êtes le miroir. 



— Le Prophète, Extrait 94,97 —






Khalil Gibran —