28 mai 2026

≡ Hokuji, le moine Zen


Il était une fois un moine zen, nommé Hokuji, qui pratiquait de son mieux la «vacuité parfaite».


Il habitait seul un temple abandonné.



Une nuit, un bruit insolite l'éveille. Il se lève.


Il aperçoit dans un pommier un jeune homme qui vole les fruits à peine mûrs. 


Sans réfléchir, il va dans la remise, prend une échelle qu'il place au pied de l'arbre, puis se retire discrètement.


Le voleur, absorbé par sa tâche, n'a rien remarqué.


Hokuji se recouche sur son futon tout en songeant :


«Ainsi, mon voleur pourra descendre de l'arbre, même lourdement chargé, sans risquer de se rompre les os.» Et il s'endort sans autre pensée.


Quand le cœur est pur, vide de toute possession, de tout égoïsme, on vit dans la paix.


On a rejoint en soi la nature de Bouddha.






Aron O’Raney —





≡ Au carrefour des religions avec Yasmina Khadra

Le conflit israélo-palestinien est au cœur de ce récit (crédit : Ana Portnoy/Flammarion).


Yasmina Khadra publie Le Prieur de Bethléem chez Gallimard, un roman qui mêle récit intime et dimension politique, entre Paris, la Jordanie et la Palestine.


— De Quoi Parle Le Roman ?


Alexandre Yakovlevoï, un éditeur parisien, reçoit un mystérieux manuscrit qu'il refuse de lire au‑delà de la première page. Ce refus conduit à son enlèvement et sa séquestration par un homme déterminé à ce qu'il entende le récit en entier.


L'ouvrage se construit autour du récit d'un moine palestinien, né d'un père musulman et d'une mère chrétienne, élevé par un ermite juif. Marqué par la guerre et les drames de son village, il a choisi de devenir prieur d'un monastère catholique afin de porter la voix d'une terre « en larmes et en sang ».


Yasmina Khadra met en scène un personnage aux identités multiples, pour incarner la coexistence, la fracture religieuse et la quête de réconciliation, au cœur d'un territoire marqué par la guerre.


L'auteur


Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est un écrivain algérien né en 1955 à Kenadsa, dans le Sahara algérien.


Fils d'un infirmier et d'une mère nomade, il intègre jeune une école militaire, sert 25 ans dans l'armée algérienne, avant de publier ses premiers romans en 1984 sous son nom, puis sous pseudonyme (inspiré des prénoms de son épouse) dès 1997, pour échapper à la censure.


Il a déjà écrit sur le conflit israélo-palestinien. Dans L'Attentat, publié en 2005, Amine Jaafari, un chirurgien installé en Israël, apprend que sa femme, d'origine palestinienne, est l'autrice d'un attentat suicide à Tel-Aviv.


Traduit en 48 langues, lauréat du prix de l'Académie française pour L'écrivain (en 2001) et du Grand prix de littérature Henri-Gal (en 2011), il est installé en France depuis 2001, où ses œuvres sont souvent adaptées au cinéma ou au théâtre.


👉 Yasmina Khadra, Le prieur de Bethléem, Flammarion, 272 p., 21 €.


🔎 Découvrez le début du récit ici.



— 13 mai 2026

— Source : L'Essentiel Nice






Aron O’Raney —




27 mai 2026

≡ Le Temps Est-Il Une Illusion

Pour comprendre cette idée vertigineuse, il faut d'abord reconnaître que nous ne mesurons jamais le temps directement. Nous observons simplement des changements dans différents systèmes. - Julian Gentile via Unsplash


— Des physiciens pensent que le temps est une illusion et que le passé, le présent et le futur coexistent


Selon certains modèles, l'univers serait fondamentalement immobile. Ce que nous percevons comme une évolution ne serait qu'un effet d'intrication entre systèmes, produisant une impression de mouvement.


Et si le temps n'existait pas?


Au quotidien, tout semble pourtant rythmé par lui: les heures s'enchaînent, les secondes passent et notre vie paraît avancer inexorablement.


Mais certaines théories de la physique quantique remettent cette évidence en cause. Le temps pourrait n'être qu'une illusion, un concept pratique sans réalité propre.


En réalité, nous ne mesurons jamais directement le temps, seulement des changements. 


Jadis, le Soleil et la Lune servaient de repères; aujourd'hui, les horloges atomiques comptent les oscillations d'électrons autour des atomes. Ainsi, le «temps» correspond surtout à l'évolution d'autres phénomènes physiques et de nos instruments de mesure.


Popular Mechanics illustre cela avec un circuit automobile: une voiture tourne tandis qu'un chronomètre compte les tours. Toute la course pourrait être décrite par la correspondance entre la position de la voiture et le chiffre affiché, sans utiliser la variable «temps». Si le chronomètre indique 36, la voiture a effectué 36 tours.


En physique quantique, cette idée devient plus radicale. En 1983, Don Page et William Wootters ont proposé que le temps émerge de l'«intrication quantique», une corrélation entre le système observé et l'horloge qui le mesure. Le mouvement apparent résulterait alors de cet enchevêtrement, même si l'univers, dans son ensemble, demeurait immobile.


Une simple impression de continuité


Selon cette hypothèse, chaque instant correspondrait à un univers distinct. 


Passer du présent au futur reviendrait à traverser différents univers d'un ensemble infini. Cela rappelle le chat de Schrödinger, à la fois vivant et mort: exister dans l'un ou l'autre équivaudrait à vivre dans deux instants différents.


Si le temps est une illusion, passé et futur coexisteraient avec le présent. Aucun instant ne serait privilégié. Notre conscience se corrélerait simplement aux différents états de l'univers, donnant naissance à l'impression de continuité.


Albert Einstein partageait cette vision.


Dans une lettre à la femme de son ami Michele Besso après sa mort, il écrivait: «Pour ceux qui croient en la physique, la distinction entre passé, présent et futur n'est qu'une illusion, aussi tenace soit-elle.» Pour lui, rien ne disparaît réellement; tout coexiste dans un vaste ensemble de possibles.


Si l'univers est réellement intemporel, de nouvelles perspectives s'ouvrent à la physique. 


Certains chercheurs imaginent qu'en modifiant subtilement l'horloge quantique de l'univers, il serait possible d'influencer sa dynamique. 


Cette hypothèse très spéculative suggère que les lois fondamentales pourraient être reprogrammées selon notre interaction avec la structure intemporelle du cosmos. Comprendre la nature reviendrait alors peut-être à pouvoir agir sur elle.



— 12 avril 2026

— Extraits d'un article de :Clément Poursain – 

— Source : Slate France






Aron O’Raney —