28 septembre 2026

≡ Boualem Sansal «La Légende»


— Depuis deux siècles, le temps des Lumières, la littérature a déplacé la conscience politique du monde.


• Lorsque Victor Hugo part en exil, il ne devient pas seulement un proscrit. Il devient une tribune. Il transforme son bannissement en accusation permanente. 


Son œuvre fait entrer l'idée que la légitimité ne réside pas toujours du côté du pouvoir, mais parfois du côté du banni. 


• Lorsque Émile Zola écrit «J'accuse», il ne corrige pas seulement une injustice. Il internationalise la morale publique. 


Il montre qu'un écrivain peut contraindre un État à se regarder dans un miroir. 


• Lorsque Alexandre Soljenitsyne révèle l'archipel des goulags, il ne publie pas un livre : il fracture un système. 


Le goulag existait avant lui. Après lui, il ne pourra plus être ignoré. 


• Lorsque Václav Havel passe de la dissidence à la présidence, il démontre que la parole longtemps considérée comme subversive peut devenir fondement d'un ordre nouveau. 


• Lorsque Salman Rushdie est condamné à mort pour une fiction, c'est la preuve que l'imaginaire dérange autant que le manifeste.


— Il n'y a pas que les États pour tenter de faire taire un écrivain. Les régimes changent. Les orthodoxies demeurent. 


• Albert Camus n'a pas connu la prison d'un pouvoir autoritaire. Il a connu autre chose : l'isolement, la mise au ban, la suspicion morale. 


Dans le microcosme intellectuel dominé par Jean-Paul Sartre et par une gauche fascinée par les révolutions lointaines, Camus devint l'homme à contester. 


On ne l'emprisonna pas. On tenta de le disqualifier. 


Il paya son refus des absolus. Il paya son attachement à une mesure que l'époque jugeait tiède. Il paya surtout son refus de sacrifier l'homme concret aux abstractions idéologiques. 


• On peut réduire un écrivain au silence par la censure. 


On peut aussi tenter de le réduire par l'ostracisme, par le soupçon, par l'intimidation symbolique.


• Aujourd'hui encore, il n'y a pas que les États pour brimer une parole. 


Il existe des tribunaux d'opinion. Des coalitions morales. Des orthodoxies impatientes. 


La liberté d'expression ne se heurte pas seulement aux prisons. Elle se heurte aux meutes.



— Extraits de «La Légende.» 

— Éditions Grasset






■— Boualem Sansal —




 

27 septembre 2026

≡ Alpes-Maritimes, Le Baou De Saint-Jeannet

La chapelle Notre-Dame-des-Baous conserve des ex-voto à la mémoire d’alpinistes disparus (crédit : MNCA).


⛰️ L’inspiration de Saint-Jeannet et son baou


C’est probablement son «baou» que l’on voit en premier. Et de loin ! Il faut dire qu’il fait 802 m de haut. À son pied, 300 m plus bas, un écrin de verdure, de très jolies vieilles pierres et la vie. 


— Toute Une Histoire


•Si Saint-Jeannet figure déjà dans les textes du XIe sous le nom de Sancti Johannis, le site du «baou» est occupé depuis le paléolithique. Près de 4500 personnes y vivent à l’année, abritées par l’immense roche calcaire à tête plate.


•D’ailleurs, la forme du «baou» a été comparée à un sphinx accroupi et a valu aux habitants du village une réputation de sorcellerie auprès de leurs voisins de Saint-Paul-de-Vence. Au final, le site a davantage inspiré les artistes – Renoir, Dufy, Chagall, etc. – qu’autre chose.


•Ici, on a longtemps vécu de la vigne. Juste avant que les hectares dédiés ne deviennent des champs de fleurs ou du bâti. On y célèbre quand même, toujours, la fête des vendanges. Notamment chez la famille Rasse, la seule qui perpétue cette tradition viticole.


— Qu’est-ce qu’on Y Fait ?


•On visite le vieux village, ses calades, ses portes anciennes. L’église Saint-Jean-Baptiste – baroque, niçoise et génoise – et la chapelle Notre-Dame-des-Baous, où sont conservés des ex-voto à la mémoire d’alpinistes disparus. On termine place du Panorama, pour la vue.


•Pour les marcheurs et les sportifs, le «baou» est un terrain de jeu fantastique avec, tout en haut, un point de vue du Mercantour à l’Estérel, voire jusqu’à la Corse par temps clair. C’est aussi un spot d’escalade particulièrement apprécié. 


•Ce mois-ci, pour plonger franchement dans les traditions locales, la fête patronale de la Saint-Jean-Baptiste – du 21 au 24 août – est une occasion idéale.



— 17 août 2026

— Source : L’Essentiel Nice Patrimoine






▲ Aron O’Raney —




26 septembre 2026

≡ Changer Le Monde


Beaucoup trop d’âmes

Perdent du temps et de l’énergie

À accuser tout le monde

Pour ce qui ne va pas dans le monde, 


Au lieu de reconnaître 

Quelles peuvent y faire quelque chose

Quand elles commencent par elles-mêmes. 



Commence d’abord

Par mettre en ordre ta propre maison. 



Lorsqu’on jette une pierre dans un étang,

Les rides de l’eau vont s’élargissant. 


Mais elles partent de cette pierre ; 

Elles partent de ce centre.



Commence par toi-même ;

Puis tu peux irradier

Paix, amour, harmonie et compréhension

Vers toutes les âmes autour de toi.


Agis maintenant.


Tu aspires à voir un monde meilleur ; 

Alors, fais quelque chose dans ce sens,

Non pas en montrant les autres du doigt


Mais en regardant en toi,

Fouillant ton cœur, 

Redressant ce qui ne va pas en toi

Et trouvant la réponse en toi. 


Alors tu peux avancer

avec autorité et être d’une aide réelle

Pour tes voisins

Et pour toutes les âmes avec lesquelles tu entres en contact. 


Le changement

Commence par l’individu,

Puis se répand

Dans la communauté,

La ville,

La nation,

Et le monde.



— Source : La Petite Voix, Méditations







—■ Eileen Caddy —