31 octobre 2026

≡ La liberté à tout prix

(crédit : Francesca Mantovani/Gallimard).


🛤️ Benjamin Fogel s'est inspiré de l'histoire de son grand-père et de son grand-oncle 


Benjamin Fogel publie Les évadés du convoi 53. 


L'auteur y retrace l'histoire vraie de déportés juifs partis de Drancy le 25 mars 1943 vers Sobibór (Pologne), dont son grand-père Paul Fogel et son grand-oncle Robert.


— Le Contexte


Le 9 février 1943, la Gestapo lyonnaise, commandée par Klaus Barbie, piège les locaux de l'Union générale des israélites de France (UGIF) au 12 rue Sainte-Catherine.

Sur les 86 Juifs arrêtés dans la souricière (62 hommes, 24 femmes), 2 parviennent à s'échapper ; les autres sont envoyés à Drancy puis entassés dans le convoi déportation n° 53. Seuls 3 d'entre eux reviendront des camps.


Le convoi n° 53, parti le 25 mars 1943, transportait au total 1.008 personnes, dont 118 enfants.


— L'histoire


Publiée aujourd'hui par Gallimard dans la collection Blanche, l'œuvre mêle fiction et témoignages. Elle est centrée sur l'itinéraire des frères Fogel, déportés après une dénonciation liée à leur refus de porter l'étoile jaune.

Robert Fogel fut livré aux nazis par sa compagne jalouse, ce qui entraîna non seulement sa déportation, mais aussi celle de son frère et de leurs parents vers les camps de transit de Drancy puis Beaune-la-Rolande.


Le roman met en scène l'alliance conclue par les 2 frères avec une poignée d'autres déportés, dont le personnage clé de Sylvain Kaufmann, qui permit d'entreprendre une évasion spectaculaire en limant le plancher du wagon.


Ce récit rend hommage en filigrane à l'esprit d'insoumission face à l'horreur nazie.


👉 Benjamin Fogel, Les évadés du convoi 53, Gallimard.


🔎 Lire les premières pages ici.



— 19 mars 2026

— Source : L'Essentiel Nice





▲ Aron O’Raney —



≡ Côté Rue, Côté Cour

 

Côté Rue…


C’est le va-et-vient de la vie,

Celle des autres, mais aussi la mienne.


Elle s’invente, elle s’épuise

Au fil des jours et des mois.

 

Avec ces charmes, ses rencontres, ses rondes,

Ses rêves d’avenir…

Avec le ciel au-dessus de nos têtes.

 

Parfois, il pleut, grosse pluie de violence ou

Crachin de désespoir,

Mais les vraies larmes sont souvent invisibles.

 

La rue est à tout le monde,

Et j’y suis pour tout le monde,


Chacun peut avoir besoin de moi,

Et j’ai besoin de chacun.


On n’a jamais fini d’apprendre à vivre

Dans la rue.

 

Côté Cour…

 

C’est le cœur de Dieu qui bat très fort,

Dans le silence de mon oratoire.

 

Il frappe jusqu’à ma porte,

Et se fait inviter à tout instant.


Il me permet alors de sentir et de,

Connaître le cœur de mes frères de toute rue,

De toute religion.

 

Si le monde s’essouffle et semble qu’il n’a plus,

Rien à donner, à partager, c’est parce qu’il a,

Perdu conscience d’avoir d’abord à recevoir,


À reconnaître un don : l’amour de Dieu,

L’amour gratuit de Dieu fait homme.


La vraie vie… 

Passer et Repasser sans cesse,


Côté Rue et Côté Cour !



— 20 mars 2011




■— Cardinal Roger ETCHEGARAY —


30 octobre 2026

≡ Aimer la main ouverte


Une personne compatissante, voyant un papillon lutter pour se libérer de son cocon, et voulant l’aider, écarta avec beaucoup de douceur les filaments pour dégager une ouverture. 


Le papillon libéré sortit du cocon et battit des ailes, mais ne put s’envoler.


Ce qu’ignorait cette personne compatissante, c’est que c’est seulement au travers du combat pour la naissance que les ailes peuvent devenir suffisamment fortes pour l’envol. Sa vie raccourcie, il la passa à terre. Jamais il ne connut la liberté, jamais il ne vécut réellement.


— Apprendre à aimer la main ouverte est une toute autre démarche.


C’est un apprentissage qui a cheminé progressivement en moi, façonné dans les feux de la souffrance et les eaux de la patience. 


J’apprends que je dois laisser libre quelqu’un que j’aime, parce que si je m’agrippe, si je m’arrache, si j’essaie de contrôler, je perds ce que je tente de garder.


Si j’essaie de changer quelqu’un que j’aime, parce que je sens que je sais comment cette personne devrait être, je lui vole un droit précieux, le droit d’être responsable de sa propre vie, de ses propres choix, de sa propre façon de vivre.


Chaque fois que j’impose mon désir ou ma volonté, ou que j’essaie d’exercer un pouvoir sur une autre personne, je la dépossède de la pleine réalisation de sa croissance et de sa maturation. 


Je la brime et la contrecarre pour mon acte de possession, même si mes intentions sont les meilleures.


Je peux brimer et blesser en agissant avec la plus grande bonté, pour protéger quelqu’un. Et une protection et une sollicitude excessives peuvent signifier à une autre personne plus éloquemment que des mots : «Tu es incapable de t’occuper de toi-même, je dois m’occuper de toi parce que tu m’appartiens. Je suis responsable de toi.»


—18 mars 2011



— Extraits de «Aimer la main ouverte» de Ruth SANFORD, 

co-créatrice de la Fondation FINDHORN en Écosse.





■— Ruth SANFORD —