Selon la croyance, les serviteurs d’un roi devaient continuer à le servir dans l’au-delà. The New York Public Library via Unsplash
—Les Égyptiens sacrifiaient les serviteurs des pharaons pour qu’ils continuent à les servir dans l’au-delà
■ Les anciens Égyptiens pratiquaient le sacrifice humain il y a environ 5.000 ans. Une nouvelle étude révèle que ces sacrifices devaient permettre aux serviteurs d’accompagner leur souverain dans l’au-delà.
• Dans l’Égypte antique, le destin des serviteurs était profondément lié à celui de leurs pharaons. Une étude, publiée le 5 octobre dans la revue «Frontiers in Environmental Archaeology», confirme que les Égyptiens pratiquaient le sacrifice humain il y a environ 5.000 ans.
— Roselyn Campbell, égyptologue à l’université Purdue, aux États-Unis, a analysé 46 crânes d’individus enterrés à proximité des tombes royales. Certains présentaient des signes de sacrifice. Ses résultats viennent d’être relayés par «Live Science».
• Les tombes du roi Djer et du roi Djet, ainsi que celle de Merneith, une femme qui aurait régné sur l’Égypte à la même époque, ont fait l’objet d’une analyse approfondie. Toutes se trouvaient près de l’ancienne ville sacrée d’Abydos, au nord de Louxor. Ces trois souverains ont régné pendant la première dynastie, une période qui a débuté il y a environ 5.000 ans.
• Lorsque les sépultures ont été fouillées pour la première fois, au début du XXe siècle, l’archéologue Flinders Petrie affirmait déjà que les centaines d’autres tombes retrouvées à proximité appartenaient à des personnes ayant servi le roi. Il pensait également que ces dernières avaient été sacrifiées après la mort de leur souverain.
— Des traces d’armes et des fractures linéaires
• C’était avant que Roselyn Campbell ne se penche sur le dossier. La chercheuse a réexaminé les 46 crânes à l’aide de techniques médico-légales modernes. Ce qui lui a permis de prouver que 18 d’entre eux présentent des signes de traumatismes probablement mortels, notamment des fractures linéaires.
• Les fractures linéaires «se produisent lorsque le crâne heurte ou est frappé par un objet relativement grand ; en raison de la forme arrondie du crâne, l’impact du coup se disperse à travers la voûte crânienne».
• La pratique du sacrifice humain semble avoir pris fin au cours de la deuxième dynastie égyptienne, faute d’indices archéologiques.
— «L’existence du sacrifice de serviteurs dans l’Égypte ancienne a toujours été controversée. Les recherches de Mme Campbell apportent un argument important en faveur des chercheurs qui, comme moi, pensent que cette coutume était pratiquée en Égypte au début de la période dynastique», souligne Jacobus Van Dijk, égyptologue à l’université de Groningue, aux Pays-Bas. —
• Il s’étonne toutefois de la méthode utilisée pour le sacrifice humain (un violent coup porté au crâne), qui ne correspond pas aux représentations de meurtres rituels anciens. Généralement, «la victime était agenouillée, les mains liées dans le dos, et poignardée à la poitrine avec un couteau», explique-t-il.
• Les travaux de Roselyn Campbell semblent lever le voile sur une question qui alimente les débats entre égyptologues depuis plus d’un siècle.
— Source originale : Live Sciences
— 10 octobre 2026
— Extraits d’un article de : Laurène Bruncher
▲ Aron O’Raney —


