05 mars 2026

≡ L’Arrivée À Kapsokalivià


■— Kapsokalivià, Mont Athos, 24 Juin 1969. —



Soleil lourd, il doit être midi, Le chemin n’en finit pas de monter… 


Malgré la faim et la fatigue, je continue, d’ailleurs, où pourrais-je m’asseoir ? 


D’un côté, une falaise brûlante, de l’autre le précipice. 


Kapsokalivià est un des lieux les plus abrupts et arides du Mont Athos. 


On m’avait dit : « Par là tu devrais rencontrer des ermites, la plupart sont fous, crasseux ou abrutis, mais ça vaut la peine. » A cela, je répondais que je n’étais pas venu au Mont Athos comme dans un zoo pour contempler les derniers spécimens d’une race en voie de disparition… 


Je me demandais néanmoins à cette heure ce que je faisais là, sur ce chemin caillouteux qui ne semblait mener nulle part… 


Simple curiosité? Désir de voir Dieu bien incarné dans la chair de l’homme plus que dans le papier des livres ?... 


J’aperçus alors une sorte de cabane avec une petite terrasse, un moine se tenait là, debout, un chapelet de laine noué à la main… 


Comme je m’approchais, je m’attendais à un mouvement de recul ou au moins de surprise… Mais non, le moine se contenta de sourire, très simplement il mit un doigt devant sa bouche me faisant ainsi comprendre qu’il fallait rester silencieux. 


Son regard était étrange.


Je n’arrivais pas à discerner la couleur de ses yeux, des yeux sans fond… Comme je commençais à ressentir un léger vertige au cœur, il me fit signe de m’asseoir. 


Alors, s’engageant d’un pas rapide sur le chemin, il me laissa seul face à la mer, face à mes pensées, plutôt perplexe. Après une heure et demie, énervé d’attente et d’inquiétude, je le vis revenir. Il tenait à la main une boîte de conserve avec de l’eau… 


Je compris alors qu’il venait de marcher pendant tout ce temps sous un soleil brûlant, et tout cela pour étancher un peu ma soif !


Lorsqu’il me tendit la boîte de conserve rouillée, je vis davantage ses yeux — deux étranges abîmes d’eau et de lumière. Amour n’est pas le mot et pourtant, je n’en trouve pas d’autre. 


Je commençai à boire et je crus un moment que je n’aurais plus jamais soif.


Le plus petit acte de pur amour est paraît-il plus grand que la plus grande des cathédrales… 


Ce jour-là, j’entrais donc dans le christianisme par la grande porte : Une boîte de conserve rouillée, l’infini d’un geste quotidien…


Depuis des années, cet inconnu toujours silencieux ne cesse de me sourire : il y a cette écharde d’eau et de lumière dans la chair brûlée de mon histoire.




— Introduction à « écrits sur l’hésychasme »

— Une tradition contemplative oubliée




Jean-Yves Leloup —




 

≡ Leonard De Vinci Est À La Gare Du Sud

L'exposition Leonard de Vinci est gratuite en libre accès (crédit : J.Véran / Ville de Nice).


✈️ La Gare du Sud entame officiellement aujourd'hui une nouvelle vie tournée vers la culture après l'échec des précédentes tentatives... gourmandes.


🔷 La Chronologie


La Gare du Sud a été construite entre 1891 et 1892 pour être exploitée jusqu'en 1991.


En 2000, la Ville rachète à l'État l'édifice pour qu'il soit sauvegardé.


La Halle des trains a accueilli depuis 2019 plusieurs offres culinaires qui n'ont pas rencontré le succès. Aucun exploitant n'a trouvé la bonne formule.


Dans ce contexte, le 1er octobre, Ie Conseil municipal de Nice avait acté la fin de l'exploitation par un tiers de la Gare du Sud.


Il  avait alors « acté l'engagement des démarches de résiliation à l'amiable du bail relatif à l'exploitation de la Gare du Sud et approuvé son affectation en centre culturel pluridisciplinaire. »


🔷 Aujourd'hui


Une étape concrète a été franchie en décembre avec la présentation du projet de réaménagement de la Gare du Sud en Halle de la découverte.


Celle-ci prend vie dès aujourd'hui avec l’exposition « Léonard de Vinci, à la croisée des Arts et des Sciences » à découvrir jusqu'au 5 juin.


Une immersion à 360° qui plonge les visiteurs dans l’univers du célèbre visionnaire italien du XVe siècle. Au programme :  ingénierie, aéronautique, urbanisme, anatomie et peinture.


L’exposition propose aux visiteurs un parcours immersif grâce à des maquettes géantes, des vidéos 3D et des reproductions de ses peintures et dessins.


Sur une table tactile, les visiteurs peuvent feuilleter également les manuscrits de de Vinci dont les codex ont été numérisés.


🔷 Et Aussi


Des visites et des conférences auront lieu durant l'exposition.


Dès demain à 16h, vous pouvez rencontrer Pascal Brioist, Historien des sciences, spécialiste de Léonard de Vinci, professeur  à l’Université François Rabelais de Tours, rattaché au Centre national d’études supérieures de la  Renaissance.


L’espace accueille également une ludothèque ainsi qu'un bar, mais aussi prochainement une Artothèque, une cuisine pour effectuer des ateliers ainsi qu'un FabLab pour tester ses idées.


La halle est ouverte du 20 février au 5 juin 2026, du mardi au vendredi, de 10h à 19h. Le samedi et le dimanche, de 10h à 18h.


L'entrée est gratuite.




— Source : L’Essentiel Nice

— 20 février 2026




Aron O’Raney —




04 mars 2026

≡ S’observer…


Le Seul Moyen À La Portée D’un Individu Désireux De Vous Aider Est De S’attaquer À Vos Idées. Mais Si Vous Êtes Prêt À Écouter Et À Vous Remettre En Question, Il Existe Une Chose Que Vous Pouvez Faire Sans L’aide De Personne. 


Quelle est cette chose importante? S’observer. 


Personne ne peut vous aider dans cette discipline. Personne ne peut vous fournir une méthode. Personne ne peut vous donner une technique. Lorsque vous adoptez une technique, cela signifie que vous êtes programmé. 


S’observer — qui signifie « se regarder » — est essentiel. 


Cela n’a rien à voir avec le fait de se laisser absorber par soi-même. Se laisser absorber par soi-même signifie être préoccupé par soi-même, inquiet au sujet de sa personne. 


Ce dont je parle, c’est de l’observation de soi. 


De quoi est-elle faite? De l’observation de tout ce qui se passe en vous et aussi loin que possible autour de vous, comme si toutes ces choses concernaient quelqu’un d’autre. 


C’est-à-dire que vous devez éviter de considérer d’un point de vue personnel les choses qui vous arrivent. Cela signifie que vous devez regarder les choses comme si vous n’aviez aucun lien personnel avec elles. 


Vous Êtes Déprimé Et Anxieux Parce Que Vous Vous Identifiez À Ces Choses. 


Vous vous dites : « Je suis déprimé. » Mais cela est faux. Vous n’êtes pas déprimé. Il serait plus précis de dire : « Je vis actuellement une dépression. » Mais vous ne pouvez pas dire : « Je suis déprimé », car vous n’êtes pas votre dépression. 


Il s’agit là d’une ruse étrange de l’esprit, d’une étrange illusion. Vous vous dupez vous-même en pensant — bien que vous n’en soyez pas conscient — que vous êtes votre dépression, que vous êtes votre angoisse, que vous êtes votre joie ou vos émotions. 


« Je suis ravi! » dites-vous.


Non, vous n’êtes pas ravi. Le ravissement est peut-être en vous maintenant, mais attendez un moment, il se transformera; il ne durera pas : il ne dure jamais, il ne cesse de se transformer, il se transforme toujours. 


Les nuages vont et viennent, quelques-uns sont noirs, d’autres blancs; certains sont gros, d’autres petits. Poussons plus loin l’analogie : vous êtes le Ciel et vous observez les nuages. Vous êtes un observateur passif, détaché. Je sais, c’est une attitude choquante, en particulier dans la culture occidentale. 


N’intervenez pas. N’arrangez rien. Regardez! Observez! 


Le Problème Avec Les Gens, C’est Qu’ils S’obstinent À Arranger Des Choses Qu’ils Ne Comprennent Même Pas. 


Nous ne cessons d’arranger les choses, n’est-il pas vrai? 


Il ne vient jamais à l’esprit des gens que les choses n’ont pas besoin d’être arrangées. Vraiment pas. 


Comprendre cela est une grande illumination. 


Les choses doivent être comprises. Si vous les comprenez, elles changent. 




Extrait De « Quand La Conscience S’éveille »




Anthony De Mello —