09 septembre 2026

≡ Le Rubayat, Quatrains CI À CX


— CI


Que sont devenus tous nos amis? La Mort les a-t-elle renversés et piétinés? Que sont devenus tous nos amis? J’entends encore leurs chansons dans la taverne... Sont-ils morts, ou sont-ils ivres d’avoir vécu?


— CII


Quand je ne serai plus, il n’y aura plus de roses, de cyprès, de lèvres rouges et de vin parfumé. Il n’y aura plus d’aubes et de crépuscules, de joies et de peines. L’univers n’existera plus, puisque sa réalité dépend de notre pensée.


— CIII


Voici la seule vérité. Nous sommes les pions de la mystérieuse partie d’échecs jouée par Allah. Il nous déplace, nous arrête, nous pousse encore, puis nous lance, un à un, dans la boîte du néant.


— CIV


La voûte du ciel ressemble à une tasse renversée sous laquelle errent en vain les sages. Que ton amour pour ta bien-aimée soit pareil à celui de l’urne pour la coupe. Vois... Lèvre à lèvre, elles se donnent leur sang.


— CV


Les savants ne t’apprendront rien, mais la caresse des longs cils d’une femme te révélera le bonheur. N’oublie pas que tes jours sont comptés et que tu seras bientôt la proie de la terre. Achète du vin, emporte-le à l’écart, puis laisse-le te consoler.


— CVI


Il te versera sa chaleur. Il te délivrera des neiges du passé et des brumes de l’avenir. Il t’inondera de lumière. Il brisera tes chaînes de prisonnier.


— CVII


Autrefois, quand je fréquentais les mosquées, je n’y prononçais aucune prière, mais j’en revenais riche d’espoir. Je vais toujours m’asseoir dans les mosquées, où l’ombre est propice au sommeil.


— CVIII


Sur la Terre, bariolée, chemine quelqu’un qui n’est ni musulman, ni infidèle, ni riche, ni pauvre. Il ne révère ni Allah ni les lois. Il ne croit pas à la vérité. Il n’affirme jamais rien. Sur la Terre bariolée, quel est cet homme brave et triste?


— CIX


Avant de pouvoir caresser un visage pareil à une rose, que d’épines tu as à retirer de ta chair! Vois ce peigne. C’était un morceau de bois. Quand on l’a découpé, quel supplice il a subi! Mais, il a plongé dans la chevelure parfumée d’un adolescent.


— CX


Quand la brise du matin entr’ouvre les roses et leur chuchote que les violettes ont déjà déplié leurs robes, seul est digne de vivre celui qui regarde dormir une souple jeune Elle, saisit sa coupe, la vide, puis la jette.



— Traduit par Franz Toussaint, Paris, 

L’Édition d’art H. Piazza.








Omar Khayyâm —




08 septembre 2026

≡ La Symbolique Des Arbres


L’homme Accorde Souvent, À Ses Rêves Ainsi Qu’aux Phénomènes, Objets Ou Faits Qu’il Observe Autour De Lui, Des Associations D’idées Spontanées Ou Des Correspondances Analogiques Avec Quelque Chose D’abstrait Ou D’absent. 


Ce sont ces correspondances ou ces associations qu’on appelle «symbole». Il s’agit souvent d’objets ou d’images qui évoquent parfois, dans notre imaginaire, des valeurs magiques, mystiques, divinatoires et surnaturelles. 


Lorsque l’analogie est naturelle avec l’objet auquel elle se rapporte, le symbole est habituellement plus facile à saisir.


L’Arbre n’a pas échappé aux règles du sens et de la signification, car il renferme à lui seul des thèmes symboliques parmi les plus riches et les plus répandus. 


On peut distinguer chez lui plusieurs interprétations symboliques qui gravitent à peu près toutes autour de l’idée du Cosmos vivant, autour de notre planète en perpétuelle régénérescence. 


En effet, sa nature cyclique, par exemple mort et régénération des organes, des individus, d’un peuplement ou d’une forêt entière; changements dans le feuillage au fil des saisons; en fait un symbole par excellence de la vie en pleine évolution. 


De plus, sa verticalité aérienne et souterraine ne symbolise-t-elle pas l’ascension vers le Ciel et la descente aux enfers?


Notre perception visuelle ou imaginaire de l’Arbre répond peut-être à celle de son mystère en nous. Parce qu’il participe entre le visible et l’invisible, que ce soit physiquement ou par abstraction, l’Arbre impose un questionnement éternel. 


Sa puissance ou sa fragilité sont la nôtre. Être comme un arbre, n’est-ce pas être fort et solide comme un chêne. 


Juste le fait de penser que l’on puisse épouser son tronc et ses feuilles constitue autant d’invitations à épouser notre corps, notre énergie intérieure et nos pensées.


L’Arbre représente donc notre destin soudé dans une seule vie, et pourtant divergent en mille branches. 


Nous ne pouvons échapper à l’Arbre pas plus qu’à nous-mêmes. Si l’Arbre est notre reflet, c’est qu’il nous ressemble dans sa diversité la plus extrême. 


À cet égard, la façon dont nous entretenons les arbres et les forêts ne correspond-elle pas à l’image que nous avons de nous-mêmes comme société? À l’image que nous offrons aussi aux étrangers qui viennent nous visiter?


Notre attachement à l’Arbre, c’est l’attachement et le désir qui nous nouent littéralement à cette planète : comme si notre destin ou notre présence sur la Terre consistait précisément à comprendre ce qu’il y a d’étrange et d’inexprimable dans nos enracinements. 


C’est-à-dire être capables de vibrer sous le vent, de nous courber dans la tempête et de résister sans briser, d’entendre ou sentir la vibration entre le Ciel et la Terre et de percevoir l’énergie formidable qui monte et descend entre les racines et la cime de l’Arbre.


L’Arbre met en relation les trois niveaux du cosmos que sont le souterrain, la surface et le milieu atmosphérique. 


Ses racines fouillent effectivement les profondeurs cachées du sol dans lequel elles se développent. 


Près de la surface, on retrouve son tronc et ses branches maîtresses et, enfin, dans les hauteurs cosmiques ou atmosphériques se balance ses branches et ses ramures. 


L’Arbre réunit donc à lui seul tous les éléments, à savoir l’eau circulant dans sa sève, la terre envahie par ses racines, l’air pénétrant par ses feuilles et le feu jaillissant de son bois. 


En Chine, on considère d’ailleurs le bois comme un cinquième élément en soi.



Sources : 

— Chevalier, J. et A. Gheerbrant. 1969. 

Dictionnaire des symboles. Édition Robert Laffont/Jupiter

— Hirsh, C. 1987. Les symboles. L’Arbre. 

Éditions du Félin.109, p. Maclean, D. 1980. 

La voix des anges. Éditions Le Souffle d’Or

— Paquet, B. 1996. L’arbre et sa symbolique historique. 








Aron O’Raney —




≡ Cambriolage Du Musée Renoir À Cagnes-Sur-Mer


— Tableaux volés, certains abandonnés, préjudice de «neuf millions d’euros» : ce que l’on sait du cambriolage du musée Renoir à Cagnes-sur-Mer


Deux tableaux sur les quatre initialement dérobés mardi matin au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer ont été abandonnés dans leur fuite par les deux voleurs et récupérés dans le jardin de l’établissement.


Nouveau pillage culturel. Un cambriolage a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi au musée Auguste Renoir de Cagnes-sur-Mer, a appris Le Figaro de source policière. Pour l’heure, la valeur du préjudice pourrait avoisiner les neuf millions d’euros ; le maire de la ville confirme que quatre œuvres ont été dérobées et deux d’entre elles ont été abandonnées.


Qu’abrite le musée ?


Installé dans la dernière demeure de Pierre-Auguste Renoir, le domaine des Collettes, le musée renferme une collection relativement resserrée avec une dizaine de tableaux originaux de Renoir, une quarantaine de sculptures, mais aussi son mobilier, des objets personnels, des photographies, des archives.


Quel est le montant du préjudice ?


Dans un premier temps, le premier magistrat de la ville de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, a communiqué une estimation de «neuf millions d’euros». Depuis, et au su que seules deux œuvres manquent toujours à l’appel, une nouvelle estimation n’est pas à exclure. Les tableaux volés n’ont pas encore été identifiés, et ceux abandonnés dans les jardins sont encore dans leurs grands sacs zippés, a indiqué le maire, dans l’attente de la police judiciaire.


Comment les voleurs ont-ils opéré ?


Selon le maire, il était 5 h 48 ce mardi quand un commando «bien équipé et visiblement bien renseigné» a pénétré les jardins du musée, en découpant le grillage. «Immédiatement, le dispositif de sécurité Ramsès a fonctionné, alertant les polices nationale et municipale», a affirmé l’édile. «Ils étaient casqués, gantés, en treillis, ils étaient bien renseignés. Ce sont des gens qui savaient exactement ce qu’ils faisaient», a-t-il poursuivi.


Selon les premiers éléments, les cambrioleurs ont pénétré dans le musée en brisant une baie vitrée. Cette dernière est intervenue en moins de cinq minutes, poussant les cambrioleurs à se saisir des deux œuvres situées au rez-de-chaussée. «Ils étaient équipés d’un couteau électrique, une scie métallique et ont découpé les pistons qui tenaient les cadres», ainsi qu’en témoignent les images de vidéosurveillance.


Quatre œuvres ont été dérobées, sur les douze que comprend le musée, mais «deux d’entre elles ont été abandonnées dans les jardins». Les enquêteurs ont retrouvé, dans le jardin du musée, deux sacs zippés pouvant leur appartenir. La sous-direction de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance spécialisée (DCOS) est saisie des investigations. Les empreintes sont en cours d’analyse, assure l’édile de la ville, qui déplore une «chose terrible» et estime qu’il y a «des efforts à faire» afin de sécuriser le lieu. Une enquête a été ouverte par le parquet de Grasse.




— 8 septembre 2026

— Un Article de : Ambre Lepoivre Et Lise Tavelet

— Source : Le Figaro Nice







Aron O’Raney —