21 septembre 2026

≡ Je connais Solitude


Je connais Solitude, c’est une amie fidèle parmi les plus fidèles qui toujours me précède et me suit comme une ombre. 


Au milieu des foules, comme lorsque je suis entouré de mes proches, elle est là, omniprésente et silencieuse, attentive à mes moindres pensées, veillant sur moi avec une constance dont elle seule possède le secret.


La sœur de Solitude porte le joli nom de Mélancolie, d’un naturel changeant, elle se montre le plus souvent douce et suave, presque apaisante. Pourtant, lorsque les situations lui déplaisent. Elle peut se révéler cruelle et insidieuse. Mais je dois bien le dire : depuis ma prime enfance, elle et moi ne nous sommes, jamais quittés.


Hormis mes compagnes Solitude et Mélancolie, il y a encore, j’allais l’oublier, monsieur «Mal-Être» un émigré devenu résident permanent, qui a élu domicile en moi depuis l’adolescence. Il s’est installé insidieusement, faisant de mon esprit sa demeure.


En compagnie de mes fidèles amies, et avec «Mal-Être» pour compagnon de route, je marche cahin-caha sur le chemin de cette vie, avançant tant bien que mal, sans savoir véritablement ni d’où je viens ni où je vais.


Je poursuis pourtant ma route, comme si quelque chose au fonds de moi me demandait de persévérer, même si le chemin demeure plongé dans la brume.


Comment pourrais-je trouver les mots du cœur, pour décrire et restituer véritablement un intime ressenti, cet état intérieur que l’on pourrait identifier comme un état affectif, peut-être même assimilable à une maladie, alors qu’elle n’en est peut-être pas une? Comment mettre des mots sur ce qui semble échapper aux mots ?


Il s’agit d’un état permanent, où l’on éprouve un fort sentiment de manque, l’absence de quelque chose d’essentiel et de primordial, qu’il faut absolument satisfaire, sans que l’on sache pour autant, ce dont il s’agit, et comment faire pour répondre, à un besoin inconnaissable.


Il s’agit d’un état permanent, d’un sentiment diffus et persistant de manque, comme si l’absence de quelque chose d’indispensable, de primordial réclamait sans cesse d’être comblée. Mais quoi ? Je l’ignore. 


Je ressens juste l’impérieuse nécessité de remplir un vide essentiel, sans discerner sa nature ni comprendre l’origine de cette mystérieuse demande intérieure. 


C’est comme chercher la clé d’une porte dont on aurait perdu le souvenir de l’existence.


Cette situation de mal-être ne génère pas une souffrance insupportable au sens physique du terme. Elle est plus subtile, plus silencieuse, presque insaisissable. 


Le mental ainsi affecté, tel un miroir fidèle, reflète le clair-obscur de l’esprit en désespérance. Il laisse apparaître, sous les apparences du quotidien, les ombres d’une quête intérieure dont je ne connais encore pas le nom.



12 septembre 2019







Jean Rumoncey —




20 septembre 2026

≡ Nice et Isadora Duncan

Le châle pris dans la roue a malheureusement tué sur le coup la danseuse très connue (crédit : Adobe Stock).


💃 La dernière danse d’Isadora Duncan à Nice


— Le 14 septembre 1927 disparaissait tragiquement à Nice l’une des icônes de la danse moderne : Isadora Duncan. 


— Pourquoi Est-Elle Célèbre ?


•Née à San Francisco en 1877, Isadora Duncan quitte assez jeune les États-Unis pour s’installer en Europe avec pour rêve principal : la danse.


•À une époque où cet art est très codifié et ne s’exprime qu’au travers des ballets, corsets et pointes sur les scènes des théâtres et opéras, elle revendique une approche plus libérée.


•Dans toutes les capitales d’Europe, elle s’affirme comme une danseuse contemporaine, une artiste réalisant des performances pieds nus, cheveux dénoués, vêtue d’une tunique transparente ou flottante.


•Critiquée, elle ne s’en laisse pas compter et crée même ses propres écoles de danse.


— Son Lien Avec Nice


Isadora meurt à Nice le 14 septembre 1927, dans des circonstances invraisemblables qui ont marqué les chroniques de l’époque et le monde des Arts.


•À peine la cinquantaine, cette dernière est montée dans une voiture de sport avec un long châle autour du cou. 


•Mais l’écharpe a fini par se prendre dans la roue arrière du véhicule, la tirant violemment au point de la tuer en lui brisant la colonne vertébrale. Tellement brutal que son chauffeur, M.Folchetto, ne s’est pas aperçu du drame tout de suite.


•Un drame qui fait écho aux décès de ses deux enfants, Deirdre et Patrick, en 1913. Ces derniers se sont noyés dans leur voiture qui était tombée dans la Seine en se mettant subitement en marche toute seule.


•Isadora Duncan a toujours subjugué par les hommes par son audace. Elle a entretenu des relations «avec le décorateur de théâtre Gordon Craig et l’héritier des machines à coudre Paris Singer (les pères de ses deux enfants), mais aussi avec l’aviateur Roland Garros qu’elle rencontre juste avant qu’il ne soit abattu en 1918, puis le poète soviétique Sergueï Essenine (de 18 ans son cadet), qu’elle épouse», rappelle les documents rassemblés par la BNF.


•De son destin tragique à Nice, il reste surtout l’image d’une femme avant-gardiste, déconnectée du jugement et du regard des autres, qui a révolutionné l’art de la danse.





— 14 septembre 2026

— Source : L’Essentiel Nice






Aron O’Raney —




 

≡ S’Ouvrir À La Connaissance


La jeunesse n’est point un obstacle à l’étude de la philosophie.


On ne doit point différer d’acquérir ces connaissances, de même qu’on ne doit point avoir de honte de consacrer ses dernières années au travail de la spéculation.


L’homme n’a point de temps limité, et ne doit jamais manquer de force pour guérir son esprit de tous les maux qui l’affligent.


Ainsi celui qui excuse sa négligence sur ce qu’il n’a pas encore assez de vigueur pour cette laborieuse application,


Ou parce qu’il a laissé échapper les moments précieux qui pouvaient le conduire à cette découverte,


Ne parle pas mieux que l’autre qui ne veut pas se tirer de l’orage des passions ni des malheurs de la vie, pour en mener une plus tranquille et plus heureuse;


Parce qu’il prétend que le temps de cette occupation nécessaire n’est pas encore arrivé; ou qu’il s’est écoulé d’une manière irréparable.


Il faut donc que les jeunes gens devancent la force de leur esprit, et que les vieux rappellent toutes celles dont ils sont capables pour s’attacher à la philosophie;


L’un doit faire cet effort afin qu’arrivant insensiblement au terme prescrit à ses jours, il persévère dans l’habitude de la vertu qu’il s’est acquise;


Et l’autre afin qu’étant chargé d’années, il connaisse que son esprit à toute la fermeté de la jeunesse pour se mettre au-dessus de tous les événements de la fortune,


Et pour lui faire regarder avec intrépidité tout ce qui peut l’alarmer dans la spéculation de l’avenir, dont il est si proche.



— Lettre à Ménécée.

— Traduction : Jacques Georges Chauffepié.

— Lefèvre, 1840 (pp. 487-493).







Épicure —