16 avril 2026

≡ Le Scribe…


Un Scribe Meurt Sur Sa Plume. Même S’il Meurt Dans Un Lit, Il Est Dans Son Combat Toute La Vie.



De son vivant exacerbé, ainsi qu’en témoignent ses écritures, le scribe rendra son dernier souffle après avoir posé un point final sur son dernier écrit, ultime expression murmurée d’une infinie détresse.



Ici et ailleurs, en d’autres lieux et sous d’autres cieux, le déraciné expatrié en terre étrangère trace sa destinée, par les chemins escarpés, écrivant de jour en jour, un devoir de mémoire.


Marginal reclus, vivant dans sa douce mélancolie, pourra-t-il continuer à vivre en respectant l’injonction moraliste : «Je suis de la race de ceux qui pleurent en silence dans le supplice.»



Ses fragments d’écritures sont les témoins irrécusables de sa traversée de l’existence, de l’aurore à son crépuscule. 



Renaissance ou fin?



Au bout du chemin, une fois parvenu à la dernière porte, qui pourra triompher, le feu de l’amour, les braises de la haine, les regrets mouillés, ou le germe de l’espoir dans l’inconnaissable.



Ira-t-il dans le monde des jours illuminés, se ressourcer dans un paradis, où la fontaine de jouvence verse ses eaux miraculeuses, pour renaître tel le phénix des mythologies antiques.




Jean Rumoncey —




≡ Napoléon Et La Campagne D'Italie

À Nice, Napoléon a prononcé ce jour-là une phrase légendaire (crédit : Adobe Stock)


Le 27 mars 1796, Napoléon lance la campagne d'Italie 


«Soldats, vous êtes nus, mal nourris ; le gouvernement vous doit beaucoup, il ne peut rien vous donner», telle est la première phrase du discours de Napoléon Bonaparte prononcé à ses soldats à Nice le 27 mars 1796. Elle marque le début de la campagne d'Italie.


Un Peu D'histoire


Le 27 mars 1796, Napoléon Bonaparte arrive à Nice pour prendre le commandement de l'armée d'Italie, alors en grande difficulté. Le comté est entre les mains de la France depuis 1793.


Les soldats français sont mal nourris, mal équipés et démoralisés après plusieurs campagnes sans succès.


Conscient de cette situation critique, le jeune général de 26 ans choisit de s'adresser directement à ses troupes avec une proclamation marquante.


Il y reconnaît leur misère, mais transforme immédiatement ce constat en la promesse de conquêtes riches et fertiles en Italie. «De riches provinces, de grandes villes seront en votre pouvoir ; vous y trouverez honneur, gloire et richesse. Soldats d'Italie, manqueriez-vous de courage ou de constance ?», déclare-t-il.


Par ce discours, Bonaparte cherche à redonner confiance et à insuffler une nouvelle énergie à une armée au bord de l'épuisement.


Une Campagne Décisive


Cette prise de parole marque le début de la campagne d'Italie, une offensive stratégique menée contre les forces autrichiennes et piémontaises.


L'objectif est d'affaiblir l'Autriche, principal ennemi de la France, en attaquant ses positions en Italie du Nord.


Dans les semaines qui suivent, Napoléon Bonaparte réorganise son armée. Quelques jours plus tard, les résultats sont visibles, en avril 1796, les victoires de Montenotte, Dego et Mondovi ouvrent la route de l'Italie du Nord.


La campagne se poursuit pendant plus d'un an et s'achève par une victoire décisive de la France le 17 avril 1797. 


Le 17 octobre 1797, l'Autriche signe le Traité de Campo-Formio, qui met fin à la guerre.



— 27 mars 2026

— Source : L'Essentiel Nice





Aron O’Raney —




15 avril 2026

≡ Le Bagne Et L'Homme


Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.


Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne, Ne sont jamais allés à l'école une fois, Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.


C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.


L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.


Où rampe la raison, l'honnêteté périt.


Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit, a mis, sur cette terre où les hommes sont ivres, les ailes des esprits dans les pages des livres.


Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut

Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.


L'école est sanctuaire autant que la chapelle.


L'alphabet que l'enfant avec son doigt épelle contient sous chaque lettre une vertu; le cœur s'éclaire doucement à cette humble lueur.


Donc, au petit enfant, donnez le petit livre.


Marchez, la lampe en main, pour qu'il puisse vous suivre.


La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.



Faute d'enseignement, on jette dans l'état, des hommes animaux, têtes inachevées, tristes instincts qui vont les prunelles crevées, aveugles effrayants, au regard sépulcral, qui marchent à tâtons dans le monde moral.


Allumons les esprits, c'est notre loi première, et du suif le plus vil faisons une lumière.


L'intelligence veut être ouverte ici-bas; le germe a droit d'éclore; et qui ne pense pas, ne vit pas.


Ces voleurs avaient le droit de vivre.


Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre, tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.


Je dis que ces voleurs possédaient un trésor, leur pensée immortelle, auguste et nécessaire; je dis qu'ils ont le droit, du fond de leur misère, de se tourner vers vous, à qui le jour sourit, et de vous demander compte de leur esprit;


Je dis qu'ils étaient l'homme et qu'on en fit la brute; je dis que je nous blâme et que je plains leur chute; je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés; je dis que les forfaits dont ils se sont souillés ont pour point de départ ce qui n'est pas leur faute; pouvaient-ils s'éclairer du flambeau qu'on leur ôte ?


Ils sont les malheureux et non les ennemis.


Le premier crime fut sur eux-mêmes commis; on a de la pensée éteint en eux la flamme : et la société leur a volé leur âme.



Texte écrit après la visite d'un bagne

Les quatre vents de l'esprit





— Victor Hugo —