24 avril 2026

≡ Guérir La Violence


Pour Gouverner, Il Faut Autre Chose Que Le Pouvoir. Le Pouvoir Ce N'est Pas Suffisant Du Tout. Vous Pouvez Nous Punir, Vous Pouvez Menacer, Mais Ça Ne Marche Pas Avec Cette Menace, Cette Punition. 


Il faut savoir parler aux gens et les écouter. Et nos leaders politiques, nos dirigeants politiques n'ont pas été entraînés dans cette voie de bonne communication. 


Il faut avant tout communiquer. Il faut avoir l'art de la communication. 


Il faut savoir parler aux gens. Il faut savoir écouter les gens. Nous avons besoin d'une dimension spirituelle dans notre vie sociale quotidienne. La vie économique, ce n'est pas tout, il faut du spirituel. 


Il faut pratiquer. Il faut vivre en telle sorte que nous puissions avoir cette capacité de reconnaître la souffrance, d'embrasser la souffrance pour pouvoir la transformer ; transformer la souffrance en soi et transformer la souffrance dans l'autre personne, dans les autres personnes. 


Et la politique aussi doit avoir cette dimension spirituelle. 


Je viens d'écrire une lettre au Président du Vietnam et j'ai parlé de cela : il faut une dimension spirituelle dans votre vie politique. C'est parce qu'il y a de la souffrance, de la violence, du désespoir dans le peuple. Alors, il faut faire attention à tout cela. J'ai proposé des choses concrètes afin de pouvoir amener une dimension spirituelle à la vie politique et économique. 


Il faut savoir dire des choses comme : «Chers amis, nous ne pouvons pas gouverner si vous ne nous aidez pas, il faut nous aider pour que nous puissions gouverner». Il faut dire cela et c'est une chose vraie, il faut le soutien du peuple pour pouvoir gouverner. «Chers amis, cher peuple, nous avons besoin de vous, de votre soutien, pour pouvoir gouverner. 


Vous nous avez désignés pour faire le travail, alors nous avons besoin de vous. Il faut nous dire ce qui est dans votre cœur. Il faut nous dire ce que nous devons faire et ce que nous ne devons pas faire».


La pratique de l'écoute profonde est essentielle pour pouvoir renouer les liens, pour pouvoir restaurer la communication, l'écoute profonde et le parler aimant. 


Et si vous avez trop de violence en vous, vous ne pouvez pas faire cela, écouter avec compassion. C'est parce que la graine de colère, la graine d'irritation est trop importante en vous, alors vous ne pouvez plus écouter. 


C'est parce que le discours arrose les graines de la violence, de la haine, de la colère en vous, et vous ne pouvez plus écouter. C'est parce que le discours arrose ces graines-là. Alors, il faut s'entraîner pour pouvoir écouter l'autre, de telle sorte que les graines en vous, les graines de colère, les graines de violence en vous ne soient pas arrosées même si le discours est violent. 


C'est une chose difficile, mais le Boddhisattva Avalokita a pu le faire, et beaucoup de ses disciples sont capables de le faire aussi. 


Il y a ceux et celles d'entre nous qui peuvent écouter avec compréhension, avec compassion, même si le discours est plein d'injustices, plein de colères, de jugements, de condamnations, d'accusations. 


Même si le discours est violent, on peut écouter si l'on a de la compassion en soi-même. Et l'on doit savoir comment utiliser le langage aimant afin de pouvoir communiquer ce qui est dans notre cœur. Sans ce langage aimant, on ne parvient pas à communiquer, à dire ce qu'il y a dans notre cœur. 


C'est parce que sans cette manière de parler, l'autre personne ne va pas pouvoir recevoir, ne va pas pouvoir écouter ce que nous voulons lui dire.


Donc, le parler aimant et l'écoute profonde, compatissante sont indispensables. Il faut que nos dirigeants politiques sachent comment faire.



— Extrait d'un enseignement.

—Retraite d'automne, 13 novembre 2005, Hameau du Haut.





Thich Nhat Hanh —




≡ Les Métamorphoses Du Peuple Magique

Le peintre suédois John Bauer (1882-1918) a trouvé dans le folklore de son pays une source infinie d’inspiration. Comme dans ce tableau, intitulé Dans la nuit de Noël (1913), où des gnomes cheminent dans la neige.


Les contes suédois foisonnent de créatures surnaturelles dont l’image n’a cessé d’évoluer. Voici celles qui ont fait couler le plus d’encre.


— LE TROLL 


À l’origine assimilé au jötunn, géant incarnant les forces primitives de la nature dans les sagas vikings, il a pris, dans les régions rurales comme la Dalécarlie, un autre visage.


Celui d’une créature anthropomorphe de grande taille, se cachant dans les forêts et les grottes.


Bien que diabolisé au Moyen Age, il n’est pas nécessairement malveillant, et représente plutôt les dangers et l’inconnu liés au monde sauvage.


— LE TOMTE


Comme son nom l’indique (« tomt » signifie « parcelle de terre »), il s’agit d’abord d’un esprit protecteur de la ferme, veillant sur le bétail et les récoltes, et jouant parfois des tours aux paysans. 


Il prend traditionnellement les traits d’un lutin, doté du don d’invisibilité et capable de changer de forme.


Au XIX® siècle, il se voit associé à Jul (fête nordique du solstice d’hiver), et chargé d’apporter les cadeaux aux enfants. 


Ce jultomte se verra progressivement entiché des attributs (barbe blanche, chapeau rouge) d’un autre personnage : le père Noël.


— LA HULDRA 


On retrouve la trace de cette nymphe de la forêt, héritière de mythes préchrétiens, dans les traditions orales de tous les pays scandinaves. 


Son nom viendrait du vieux norois huldr, signifiant « secret, caché ». 


De fait, elle dissimulerait, derrière sa beauté qu’elle utilise pour séduire pâtres et bûcherons, une monstruosité (queue de renard, dos creux comme un tronc mort). 


Selon des variantes plus tardives de sa légende, l’homme qui se marie avec une huldra malgré son infirmité s’attache une épouse dévouée.


— LE NÄCKEN


Cet autre tentateur prend en général l’allure d’un homme nu d’une grande beauté, parfois aussi d’un splendide cheval blanc.


Dans les légendes germaniques, c’est grâce à son chant mélodieux que cet esprit aquatique attire les humains vers les lacs ou les rivières pour les noyer. 


À partir du XVIII° siècle, le violon se popularise en Scandinavie, et devient l’attribut principal du näcken, notamment en Dalécarlie.




— 14 mars 2026

— Source : GEO Hors Série - Février, mars 2026




Aron O’Raney —




23 avril 2026

≡ En Parlant De Cette Vie…


La Vie Nous Enlève Et Nous Emporte D'un Endroit À Un Autre, La Destinée Nous Déplace D'un Endroit À Un Autre. Et Nous, Pris Entre Les Deux, Nous Entendons Des Voix Effrayantes Et Ne Voyons Que Ce Qui Se Dresse Comme Une Entrave Et Un Obstacle Sur Notre Chemin. 


La Beauté se révèle à nous, assise sur son trône de gloire, mais nous l'approchons au nom de la Concupiscence, nous lui arrachons sa couronne de pureté et souillons sa robe par nos malfaisances. 

 

L'Amour passe près de nous, vêtu de docilité, mais nous le fuyons, apeurés, ou bien nous nous cachons dans l'obscurité, ou encore nous le poursuivons pour commettre le mal en son nom. 

 

Même le plus sage d'entre nous ploie sous le poids pesant de l'Amour, mais, en vérité, il est aussi léger que la brise folâtre du Liban. 

 

La Liberté nous convie à sa table, où nous pouvons partager ses mets savoureux et son vin capiteux; mais quand nous nous attablons, nous mangeons avec voracité et nous nous gorgeons. 

 

La Nature vient vers nous avec des bras accueillants et nous invite à apprécier sa beauté; mais nous redoutons son silence et nous précipitons vers les villes encombrées, pour nous entasser là comme des moutons fuyant un loup féroce. 

 

La Vérité nous appelle, à travers le rire innocent d'un enfant ou le baiser d'un être aimé; mais nous lui fermons au nez les portes de l'Affection et la traitons comme une ennemie. 

 

Le cœur humain crie à l'aide, l'âme humaine implore la délivrance; mais nous ne prêtons pas attention à leurs cris, car nous n'entendons ni ne comprenons. 

 

Celui qui entend et comprend, nous le traitons de fou et le fuyons. 

 

Ainsi passent les nuits, nous vivons dans l'inconscience, tandis que les jours nous saluent et nous enlacent. 

 

Mais nous vivons dans la peur constante du jour et de la nuit.  

 

Nous nous accrochons à la Terre, alors que la porte d'accès au cœur du Seigneur est grande ouverte. 

 

Nous piétinons le pain de la Vie, alors que la faim ronge nos cœurs. 

 

Comme la Vie est bonne pour l'Homme! 

 

Et pourtant, comme l'Homme se tient à l'écart de la Vie!



— Extrait de «La voie de l'éternelle sagesse»




Khalil Gibran (1883-1931) —