14 avril 2026

≡ Un Martyr De La Foi En Algérie

Vénérable Geronimo (1534-1569)


Léon XIV se rend en Algérie du 13 au 15 avril. Sa route croisera celle des martyrs chrétiens, connus ou méconnus... Le vénérable Geronimo en fait partie: il a été emmuré vivant à Alger.


Nous sommes en 1846, au début de la colonisation française. La bibliothèque d'Alger a été fondée il y a quelques années à peine quand son premier conservateur, Adrien Berbrugger, un érudit, exhume un récit oublié : celui d'un jeune Arabe prénommé Geronimo, converti au catholicisme et martyrisé en 1569.


Les détails de son calvaire ont marqué les esprits. Ils ont été rapportés quelques décennies plus tard par un bénédictin espagnol, Diego de Haëdo, dans ses Dialogo de los Martires (1616). Sans lui, l'histoire de Geronimo aurait sans doute fini aux oubliettes...


Enlevé près d'Oran par une razzia espagnole, vers 1536, l'enfant de trois ans est vendu au marché aux esclaves de la Ville. Un religieux lazariste, Jean Caro, le rachète — comme le faisaient des ordres religieux, tels que les mercédaires ou les trinitaires, il l'élève et le baptise du nom de Geronimo. 


Huit ans après, les Maures s'emparent de lui et le ramènent dans sa tribu. Il redevient musulman, mais les souvenirs de sa foi chrétienne et les soins de l'abbé Caro se ravivent en lui et ne le laissent plus en paix. À 25 ans, il se sauve et se jette dans les bras de son père spirituel. Celui-ci le réconcilie avec l'Eglise, le marie et lui obtient une place dans l'escadron espagnol en Algérie. 


Au cours d'une mission militaire, en 1569, Geronimo est fait prisonnier et tombe entre les mains du dey Eudj Ali, un renégat calabrais qui a juré une haine à mort aux chrétiens.


Geronimo résiste aux menaces, aux mauvais traitements et aux fausses promesses des ulémas, les docteurs de la Loi coranique. «Ces malheureux pensent qu'ils me feront devenir musulman. Non, je ne le serai jamais, quand je devrais y perdre la vie», aurait-il dit à un compagnon. 


Comme il ne cesse de proclamer son attachement à la foi chrétienne, il est condamné à être emmuré vif, dans la muraille en construction du fort de Bab El Oued — dit des «Vingt-Quatre Heures» en souvenir justement des 24 heures de martyre de Geronimo. «Je veux ‹empeser› le corps de ce porc qui refuse une autre fois de retourner à la religion de Mahomet», dit le pacha. «Dieu soit béni pour toutes ces choses, lui répond Geronimo. Notre Seigneur est digne de se souvenir de mon âme et de me pardonner mes péchés. Je vous demande à tous de me recommander à Dieu.» 


Et le forfait fut accompli. Geronimo avait 33 ans. C'était le 18 septembre 1569. «Jamais je n'aurais cru que ce chrétien recevrait la mort avec tant de courage», affirma Eudj Ali en rentrant dans son palais. 


Trois siècles plus tard, la découverte de son squelette le 27 décembre 1853, lors de la destruction de l'enceinte du fort par les Français, suscite une grande émotion. 


L'archevêque d'Alger, Mgr Pavy, ainsi que les autorités civiles viennent reconnaître le corps: il porte encore les restes de la corde qui lui avait lié les poignets... Le prélat obtient du pape Pie IX que Geronimo soit déclaré vénérable et martyr de la foi, le 30 mars 1854. 


Cette année-là, le 28 mai, ses reliques sont transférées en grande pompe devant des milliers de personnes dans une chapelle de la cathédrale Saint-Philippe d'Alger, devenue mosquée en 1962. Son corps repose aujourd'hui dans une chapelle de la basilique Notre-Dame d'Afrique, qui surplombe la baie et où se rendra Léon XIV le 13 avril.



— 8 avril 2026

— Source: Lejddnews

— Un article de : Aymeric Pourbaix —





Aron O’Raney —