07 juin 2026

≡ Une guerrière stylée

À 27 ans, Julie Herbin-Meunier a un cancer du sein très agressif (crédit : Ilan Dehé)


👒 Le portrait : Julie Herbin-Meunier, guerrière stylée


Elle est le sourire d'une entreprise qui, depuis 10 ans, a pour mission de ramener un peu de soleil dans la vie de ceux que la maladie accable. Elle est aussi maman, depuis 4 ans, et pleine d'un bonheur contagieux, qu'elle balade de Nice à Toulon.



— Bio Express


Si Julie Herbin-Meunier a renoué avec ses racines «en épousant un Toulonnais» et en retournant là-bas, c'est à Nice qu'elle laisse s'épanouir son entreprise : Les Franjynes. 


Il y a 39 ans donc, elle naît à Hyères, juste avant son frère. Sa maman est coiffeuse et deviendra aide-soignante. Son beau-père est ambulancier. «J'étais une petite fille créative, studieuse et sportive.» Bac S en poche, elle fonce en océanologie à Marseille.


Elle rit. «Je bascule en anglais, mais ça ne va pas non plus. Il me fallait un cadre.» À Toulouse, elle décroche un BTS professions immo. Elle affine avec une licence en droit. «Je fais mes 2 ans de master en cours du soir, en travaillant pour un cabinet.» 


Elle est juriste en droit immobilier. Elle rit encore : on est loin du métier de «nonne-docteure» auquel elle se destinait ! «J'étais passionnée par le droit et la passion, c'est mon moteur.» À 25 ans, elle est cadre, achète son appart, adore son boulot… À 27 ans, elle a un cancer du sein. Très agressif.,


Elle ne répond pas aux traitements. Et puis il y a cet essai clinique... «En m'y donnant accès, le centre Lacassagne m'a sauvé la vie.» 


— La Vie


«En perdant mes cheveux, j'avais deux alternatives : perruque ou bonnet. Aucun des deux ne me convenait. Ma mère était coiffeuse, on avait des postiches, on a commencé à bricoler quelque chose. 


Des mèches, un turban : ça change vraiment tout. Elle dépose le système, se fait accompagner pour créer sa boîte, lance une campagne de crowfunding. En 45 jours, elle obtient 45.000 €.


Elle initie une gamme femmes et enfants. Plus tard, elle lance les hommes et se renouvelle tout le temps. Julie est en mission. À sa place. «Utile.» Et il y a 4 ans, elle a même eu un bébé. «J'en avais fait le deuil, à cause des traitements… et puis j'ai eu des symptômes étranges. J'ai cru que je retombais malade !»  Bowie, son petit miracle à frange, est venu pimenter un quotidien déjà intense. 


— Et Demain ?


«Il y a 400.000 personnes qui perdent leurs cheveux tous les ans en France, 4 millions en Europe. Et je n'en aide que 3.000. L'objectif, c'est d'en soutenir plus !»


Son boulot, Julie l'emmène partout. À la maison, au CrossFit, en balade à cheval avec sa fille… Elle ne sait pas trop lever le pied. 


«Je suis taureau — ascendant balance : je suis compétitrice, je ne lâche rien !» En dévoilant ce qui est aussi, probablement, une des clés de la réussite de son traitement, elle rit. En 2021, elle a écrit un livre qu'elle compte enrichir et rééditer. 


«Partager, c'est précieux et si je n'étais pas si bien entourée, je ne pourrais pas mener tout ça de front.»



— 26 mai 2026

— Source : L'Essentiel Nice






Aron O’Raney —