15 septembre 2026

≡ La Symbolique De La Forêt


— La Forêt Ramène Presque Toujours, Chez La Personne Qui Y Pénètre, Une Notion De Différence Entre L’ici Et L’ailleurs. Elle Marque La Limite Spatiale Entre La Colonisation Du Territoire Par L’homme Et La Nature Sauvage.


La mythologie romaine souligne à cet effet que les Enfers étaient protégés du monde par la présence de forêts sacrées le long du fleuve Styx, lesquelles furent destinées à la destruction par des soldats romains. Mais leur violation fut empêchée par des moyens surnaturels qui terrifièrent les militaires et s’abattirent sur eux.


Au Moyen-âge, les proscrits, les fous, les brigands, les ermites, les lépreux et les persécutés tenaient refuge dans les forêts de l’Europe du Nord. L’Église, qui cherchait à imposer la Croix, se montrait tout à fait hostile à cette barrière naturelle et inculte qui servait à abriter les païens. 


D’ailleurs, divers conciles tenus à partir de l’an 452 de notre ère statuaient contre l’adoration des arbres et considéraient comme sacrilèges les rituels qu’on pratiquait dans ces lieux sauvages consacrés aux démons.


Pour se faire une idée plus exacte sur l’ampleur des sites de vénération des arbres, mentionnons qu’un relevé d’arbres vénérés effectué en 1854, dans le département de l’Oise (France), indique que plus de 250 arbres servaient d’objet de consécration à cette époque-là. 


Les forêts sacrées de la préhistoire européenne sont probablement les précurseurs des forêts — cathédrales de la chrétienté. 


En s’élevant à la verticale vers le ciel et en s’arrondissant de chaque côté de nous telle une voûte, la cathédrale gothique reproduit visiblement, dans son intérieur majestueux, les anciens lieux de culte où les grands arbres se rejoignaient dans leurs cimes. S’agit-il d’une simple coïncidence ou d’un dérivé chrétien d’une correspondance très ancienne entre les forêts et le domaine des Dieux?


Ce sont donc probablement les forêts qui ont été les premiers temples de la Divinité, et les hommes s’en sont peut-être inspirés pour créer l’architecture. 


Les Égyptiens se sont d’ailleurs inspirés du Sycomore, du Figuier, du Bananier et d’autres arbres de l’Afrique pour créer les énormes piliers retrouvés dans leurs temples, tandis que les Grecs ont produit la gracieuse colonne corinthienne, ornée d’un chapiteau garni de feuilles, en s’inspirant du Palmier



Source Documentaire: Chevalier, J. et A. Gheerbrant. 1969. Dictionnaire des symboles. Édition Robert Laffont/Jupiter. Hirsh, C. 1987. Les symboles. L’Arbre. Éditions du Félin.109, p. Maclean, D. 1980. La voix des anges. Éditions Le Souffle d’Or. Paquet, B. 1996. L’arbre et sa symbolique historique. Texte de conférence présentée aux Nocturnes du Jardin botanique de Montréal.

— Extraits D’un article de : Pierre-Émile Rocray







Aron O’Raney —