Le passage subit de la joie à la douleur,
De l’espérance à la crainte
Tourmente celui qui n’a pas la force,
Lorsque la nécessité l’ordonne,
De s’élever avec la sérénité de son cœur
Au-dessus de tout ce qui tend à l’agiter.
Toute vertu cesse
Quand on cède à chaque émotion,
Quand on se laisse subjuguer
Par chaque circonstance inattendue,
Et qu’on ne sait pas dominer
Ces événements vulgaires.
La vertu disparaît aussi
Dans le cœur de ceux
Qui ne sont occupés
Que de leur propre intérêt,
Et dont les paroles,
Les actions ne se rattachent
Qu’à une pensée d’égoïsme.
Il faut apprendre à juger
La valeur de toutes les choses
Et de toutes les actions humaines
Pour avoir le courage de faire le bien,
Même à ses propres dépens.
Les esclaves du monde
Ne peuvent sacrifier l’intérêt du moment
Ni faire un noble sacrifice.
Ils jugent chaque détermination
Selon sa valeur intrinsèque.
Pour eux,
Il s’agit d’obtenir quelque succès,
Des témoignages de faveur,
Des titres, des places;
Et toute leur conduite est réglée
Sur ce calcul d’intérêt.
Ils font la cour,
Flattent, mentent, calomnient,
Et s’inclinent bassement
Devant celui qui pourrait leur nuire,
S’il était aussi méprisable qu’eux.
— Extrait de : « La Solitude »
—■ Johann Georg Zimmermann —
