19 avril 2026

≡ Un « Vampire » Du XVIe Siècle Dévoile Son Visage

Des archéologues ont pu redonner un visage à un « vampire » enterré il y a 400 ans. © AP avec IA ChatGPT


—Décapité puis enterré sous des pierres, ce « vampire » du XVIe siècle révèle enfin son visage


Après quatre siècles passés dans une tombe, le visage d’un homme considéré par ses contemporains comme un vampire a été reconstitué grâce aux technologies de reconstruction faciale.


Cette histoire commence en 2023 lorsqu’une équipe d’archéologues mène une campagne de fouilles à Racesa, une forteresse médiévale située à l’est de la Croatie, à une centaine de kilomètres de Zagreb.


Après avoir découvert plusieurs sépultures datant du XVIe siècle, les chercheurs trouvent le squelette d’un homme qui avait été exhumé, décapité, puis réinhumé face contre terre sous de lourdes pierres.


•— Rituels anti-vampires


Cette sépulture témoigne de pratiques folkloriques couramment associées aux rituels anti-vampires caractéristiques de cette région et de cette époque. 


En effet, plusieurs mesures préventives pouvaient être prises pour empêcher les défunts de revenir d’entre les morts sous la forme de vampires assoiffés de sang, notamment l’empalement, la crémation ou la décapitation du corps, son enterrement face contre terre, son enfouissement sous de lourdes pierres, l’entrave de ses membres par des cordes… 


Tout indique donc que cette profanation a été commise dans cette intention.


Pour rendre à nouveau visible le visage de cet homme et connaître son histoire, les archéologues ont fait appel aux ressources de la start-up Aita Bioarchaeology pour scanner son crâne afin de le reconstruire virtuellement. 


À partir de cette modélisation, ils ont pu déterminer l’épaisseur des tissus mous et reconstituer les traits de la bouche, du nez, des joues et du front. Ils ont ensuite ajouté plusieurs éléments spéculatifs, barbe, cheveux, couleur des yeux, pour obtenir un visage réaliste.


Au cours de ce processus, les nombreuses données que les chercheurs ont récoltées indiquent que le défunt avait eu une vie mouvementée.


À gauche, le crâne tel qu’il a été trouvé ; à droite, la construction faciale du vampire de Racesa. © Skynews


Une existence marquée par la violence


Selon les chercheurs, le traitement réservé à cet homme après sa mort pourrait s’expliquer par la peur qu’il inspirait de son vivant. L’analyse bioarchéologique a en effet révélé qu’il avait connu au moins trois épisodes de violence interpersonnelle grave au cours de son existence. L’une de ces attaques l’avait défiguré en lui infligeant une cicatrice profonde au visage, ce qui aurait pu engendrer de la peur et de la répulsion chez ses contemporains, et provoquer son exclusion sociale. 


Avant même d’être remis de l’avant-dernier traumatisme, il avait subi une dernière attaque particulièrement brutale portée sur le sommet du crâne, qui avait entraîné sa mort à un âge compris entre 40 et 50 ans.


Or, à cette époque, il était courant de penser que les individus qui avaient connu une fin violente, qui étaient affligés de difformités ou qui avaient eu un comportement déviant de leur vivant, risquaient de devenir des vampires. À cela, il faut ajouter que, dans la tradition slave, l’âme reste attachée au corps pendant environ 40 jours après la mort.


C’est donc pour éviter que l’homme de Racesa, comme il convient de l’appeler en l’absence d’éléments permettant d’établir son identité, ne puisse revenir pour tuer des personnes ou du bétail qu’il a été décapité post-mortem et réinhumé face contre terre sous une chape de pierres.



— 18 mars 2026

— Source : Futura Sciences

— Auteur : Arnaud Pagès





Aron O’Raney —