À la première place…
On s'attribue toujours une importance démesurée, alors que nous ne sommes qu'une infime poussière de l'univers. Une éphémère présence au cœur de l'infini.
Nous ne cessons pas, consciemment ou non, de nous placer au centre de nos pensées, de nos préoccupations et de nos jugements, comme si tout devait graviter autour de nous.
Nous avons énormément de considération, pour le faux Moi façonné par l'ego, qui, en nourrissant le sentiment d'importance, nous éloigne de notre véritable nature.
À tout moment du jour ou de la nuit, la déferlante des médias nous soumet au flot ininterrompu d'informations relatant la souffrance, la misère, la mort, les guerres, les catastrophes naturelles, le dérèglement climatique et tant d'autres tragédies qui frappent notre monde.
Confrontés à cette affligeante réalité qui se répète sans cesse, pouvons-nous rester repliés sur nous-mêmes, presque insensibles à la succession des mauvaises nouvelles ?
Pouvons-nous en déduire que l'exposition permanente au dérèglement et à la dégénérescence du monde finit par éroder la sensibilité au point de rendre indifférent à la souffrance d'autrui ?
L'humanité est-elle plongée dans une faillite morale et spirituelle collective ?
L'individualisme effréné, le «chacun pour soi» a-t-il éradiqué toute compassion ?
Impuissance ? Renoncement ? Résignation ?
Je ne peux m'empêcher de me demander, si nous sommes les témoins d'une civilisation où les intérêts des nations, des puissants et des marchés supplantent la dignité humaine ?
— Samedi 18 juillet 2026
—■ Jean Rumoncey —