17 septembre 2026

≡ L’ego Et Moi…


— L’ego, cet obstacle invisible entre nous et le monde tel qu’il est


Depuis La Nuit Des Temps, il Y A En Ce Monde, Des Êtres Qui Naissent Et D’Autres Qui Disparaissent. Les Uns, Comme Les Autres, Ont En Commun, L’étrange Voyage Partagé, Entre l’Improbable et l’Incertain de «L’Ici Et Maintenant», et l’Inconnaissable de «L’infini De L’après»…


Cette traversée, aussi brève soit-elle à l’échelle de l’univers, nous la vivons pourtant comme si elle était le centre de toute chose.


— Paradoxe 


Nous sommes infiniment petits, et nous vivons comme infiniment importants.


Le Voile De L’ego


Il m’est impossible, de me soustraire à mon ego, pour arriver à découvrir le monde non comme je l’ai créé à mon image, ni tel qu’il existe dans la réalité apparente, mais comme il est, dans la réalité ultime.


Ce que nous appelons «réel» est déjà, avant même que nous l’observions, déformé par notre propre regard.


Le bouddhisme et l’hindouisme parlent de «maya», L’illusion. et de «dukkha», l’insatisfaction existentielle, conséquence de l’attachement à un moi. 


Le christianisme mystique et le soufisme insistent sur l’importance de transcender l’ego pour atteindre une connexion plus profonde avec le divin. Le christianisme mystique parle de dépouillement de soi, tandis que le soufisme évoque le fait de faire taire le «nafs» (النفس), c’est-à-dire l’âme, le soi ou l’ego.


L’ego n’est pas seulement une part de soi, il est aussi un écran, entre soi et le monde, il nous laisse croire que ce que l’on voit à travers lui est le monde.


Dominé par l’ego, incapable d’objectiver, je n’arrive jamais, à prendre véritablement conscience de mon infime petitesse dans cette humanité, et plus encore dans l’infinité de l’univers.


Innombrables sont ceux qui aiment, souffrent et meurent, avec la même intensité, la même conviction d’être quelqu’un à part.


À l’échelle du cosmos, notre planète n’est-elle pas elle-même qu’un grain de poussière parmi des milliards de galaxies? 


Souvenir D’une Humilité Perdue


Retrouver la belle humilité qui m’habitait il y a plusieurs années maintenant pourrait sans doute m’aider, à changer ma vision du monde et à retrouver l’envie spontanée d’aller réconforter les autres.


L’humilité n’est pas un état à atteindre pour la première fois, mais un état à «retrouver». Enfant, on avait la faculté de s’émerveiller sans être au centre — À consoler sans calculer — À donner sans rien attendre. 


L’humilité n’est pas une faiblesse, c’est la clairvoyance. Voir sa place, telle qu’elle est réellement. 


— Un homme ordinaire


Je ne suis qu’un homme ordinaire ignorant et égoïste, qui pense bien évidemment à tort qu’il est quelqu’un à part, quelqu’un de spécial, d’unique et d’exceptionnel, un individu fondamentalement différent des autres hommes.


Ne me connaissant pas moi-même, j’ai pourtant une fâcheuse tendance à critiquer les autres, et à porter souvent des jugements sans concession sur eux.


Nous jugeons chez autrui ce que l’on n’a pas regardé chez soi. Effacer le jugement, c’est entamer un dialogue plus honnête avec soi.


— Réconciliation avec le monde


Reconnaître son ego, sa petitesse, son ordinaire, ce n’est pas se rabaisser : c’est retrouver une juste proportion, celle qui permet de se relier aux autres plutôt que de s’en distinguer sans cesse. 






Jean Rumoncey —