23 septembre 2026

≡ Remords Et Souffrance


Ses paupières s’entrouvrent péniblement, laissant filtrer la lumière blafarde et ténébreuse d’un matin qui s’éveille à peine.


Au-dehors, l’étrange murmure languissant de la pluie s’efface peu à peu, cédant la place au sourd grondement menaçant du tonnerre. 


Là-bas, très au loin, dans le lointain obscur, de l’horizon noyé de brume, un ciel de plomb est déchiré par de fulgurants éclairs, qui viennent par instants, éclairer sournoisement les recoins de sa chambre.


Terne dimanche d’une fin d’été…


Envahi par le déferlement des pensées confuses, il erre, ici et là, entre les murs accusateurs, mais silencieux de son présent, très au loin, dans les méandres du vécu, comme acteur des scènes du triste passé qui l’a conduit dans cet ici et maintenant.


Le passé n’existe plus, les regrets ne guérissent pas les blessures, et ses remords et sa culpabilité ne pourraient panser les plaies.


Quand l’irrémédiable est consommé, à quoi bon dès lors nourrir et entretenir encore une souffrance récurrente, qui ronge l’être et ravive sans cesse ce qui ne peut plus être changé ?.


L’on peut être pardonné, lorsque prenant pleinement conscience de ses fautes, on entreprend de les réparer ; mais le mal qui a été fait ne peut, le plus souvent, s’effacer.


Les années sont passées, et le temps imperturbable, dans son œuvre silencieuse et inexorable, a gravé une empreinte indélébile sur les êtres, les événements et les blessures.



13 septembre 2026





—■ Jean Rumoncey —