02 octobre 2025

≡ Sainte-Hélène…

Sainte-Hélène, par Cima da Conegliano, 1495



18 août : Sainte-Hélène, impératrice et révélatrice de la Vraie Croix



Mère de l'empereur Constantin, elle demeure une figure emblématique des premiers temps du christianisme.



Sainte-Hélène, célébrée le 18 août par l'Église catholique, est une figure emblématique des premiers temps du christianisme dont les actes et la mémoire demeurent vivants encore aujourd'hui. En effet, mère de l'empereur Constantin le Grand, Hélène a marqué l'Histoire en soutenant la conversion de son fils à la foi chrétienne, en accomplissant un pèlerinage en Terre sainte à un âge avancé, en lançant la construction de lieux saints, mais surtout en découvrant l'une des plus grandes reliques de la foi chrétienne : la Vraie Croix.


D'une auberge de province aux palais de Rome


Selon la tradition, Hélène serait née vers 248 dans la région de Bithynie, en Asie Mineure (actuellement en Turquie), au sein d'un milieu très modeste. Elle aurait alors exercé la profession de servante dans une auberge. Cependant, sa rencontre avec l'officier romain Constance Chlore changea sa vie à tout jamais. Ce dernier, épris d'elle, la prit pour compagne et, ensemble, ils eurent un fils du nom de Constantin.


Néanmoins, Constance, montant peu à peu dans les échelons de la société romaine et devant forger des alliances politiques, décida d'abandonner Hélène pour épouser en secondes noces Théodora, la belle-fille de l'empereur Maximien.


Par les détours insoupçonnés de l'Histoire, Constance finit alors par devenir empereur vers 305 avant de décéder un an plus tard, en 306. Son fils Constantin, lui succédant, décida alors d'honorer sa mère en la rappelant auprès de lui, en l'installant dans de somptueux palais romains et en lui conférant le titre prestigieux d'Augusta, c'est-à-dire d'impératrice.


Une vie chrétienne


Selon la tradition rapportée par l'Église catholique, Hélène, malgré son nouveau statut, se souvint toujours des plus miséreux et leur vint activement en aide. C'est ainsi, au contact des chrétiens encore persécutés, qu'elle finit par se convertir elle-même et, selon certains récits, par encourager la conversion de son fils.


Malheureusement, ce dernier, bien qu'empereur et chrétien, n'en reste pas moins homme et pécheur. Ainsi, vers 326, il aurait fait assassiner son propre fils, Crispin, sur l'instigation de sa seconde épouse, Fausta, avant de faire également exécuter cette dernière.


Face à ces tragédies, Hélène, déjà âgée d'environ 80 ans, décida de partir en pèlerinage à Jérusalem afin d'expier les péchés de sa famille. Là-bas, elle participa activement à la propagation du christianisme et fit bâtir plusieurs églises, notamment la basilique de la Nativité à Bethléem et l'église du Pater Noster sur le mont des Oliviers.


Cependant, son acte le plus marquant en Terre sainte fut la découverte de la Vraie Croix. D'après la tradition, elle fit détruire un temple païen édifié sur le Golgotha, entreprit des fouilles et mit au jour trois croix. Pour reconnaître celle du Christ, on appliqua successivement sur chacune d'entre elles une malade mourante, voire, selon d'autres sources, un défunt. Au simple contact du bois de la Vraie Croix, la personne aurait alors miraculeusement retrouvé la vie.


Hélène rapporta alors la précieuse relique à Rome, où elle est aujourd'hui conservée dans la basilique Sainte-Croix-en-Jérusalem. On dit également qu'elle rapporta les marches de l'Escalier saint, la Scala Sancta, celles que le Christ aurait gravies pour se présenter devant Pilate et que les pèlerins continuent encore à monter à genoux près de la basilique Saint-Jean-de-Latran.


Une sainte pour l'éternité


De retour de son voyage, elle poursuivit son œuvre auprès des nécessiteux. Cependant, fortement âgée, elle finit par s'aliter et, entourée de sa famille, rendit son dernier soupir vers 330, probablement à Nicomédie. Son fils Constantin ordonna alors que son corps soit transporté à Rome, où elle fut inhumée. Son sarcophage en porphyre, d'une grande beauté, est encore aujourd'hui conservé aux musées du Vatican.


Cependant, sa disparition ne signifia pas la fin de son influence. Canonisée, elle est priée tant par les catholiques que par les orthodoxes et demeure associée à jamais au signe de la Croix. Hélène fut si importante qu'elle fut également choisie, avec les saints André, Véronique et Longin, pour figurer parmi les statues monumentales d'Andrea Bolgi situées aux pieds de la coupole de Michel-Ange, entourant le baldaquin du Bernin dans la basilique Saint-Pierre de Rome.




— Dimanche 17 août 2025

— Source documentaire : Boulevard Voltaire France




Eric de Mascureau —