Je deviens ce que je vois en moi-même.
Tout ce que la pensée me suggère, je peux le faire, Tout ce que la pensée me révèle, je peux le devenir.
Telle devrait être l’inébranlable foi de l’homme en lui-même, Car Dieu habite en lui.
L’amour de Dieu et la charité envers les hommes Est le premier pas de la sagesse parfaite.
Ne te soucie point du temps ni du succès.
Joue ton rôle, Que ce soit pour échouer ou pour prospérer.
Le monde entier est mon sérail, Et chaque être vivant en lui, Chaque existence inanimée, Est l’objet de mon ravissement.
J’ai échoué, dis-tu, Dis plutôt que Dieu décrit des cercles, Autour de Son but.
Quand tu entends une opinion qui te déplaît, Etudie et découvre la vérité qu’elle contient.
L’immortalité, l’unité et la liberté sont en nous, Et y attendent notre découverte ; mais pour la joie de l’amour, Dieu en nous sera toujours la multitude.
Examine-toi sans pitié, Alors tu seras plus charitable, Et plus compatissant envers les autres.
La foi est une intuition Qui non seulement attend l’expérience pour être justifiée, Mais qui conduit à l’expérience.
C’est un miracle que les hommes puissent aimer Dieu Et pourtant ne parviennent pas à aimer l’humanité.
De qui donc sont-ils amoureux ?
Aime et sers les hommes, Mais prends garde de ne pas désirer leur approbation.
Obéis plutôt à Dieu au-dedans de toi.
Toute parole et toute action, Jaillissent toutes prêtes, Du Silence éternel.
Ne fixe pas le temps ni la manière dont sera réalisé ton idéal.
Travaille et laisse le temps et la manière à Dieu omniscient.
Méfie-toi de l’homme qui n’a jamais échoué ni souffert ; Ne t’attache point à son sort, ne combats pas sous sa bannière.
■— Sri Aurobindo (1872 - 1950) —
