Au cœur de Phnom Penh, le camp S21, installé dans une école, a été le réacteur de la machine de mort des Khmers rouges (crédit : Adobe Stock).
💀 Inlassable passeur de la mémoire du génocide cambodgien, Rithy Panh — toujours en tandem avec Christophe Bataille — nous ramène avec Quartier des Fantômes (Grasset) au cœur de la mécanique homicide, dans le sinistre camp S21 de Phnom Penh où furent torturés puis assassinés près de 17.000 hommes, femmes et enfants.
—■ LE PROPOS
•Rithy Panh, qui a déjà arpenté à plusieurs reprises les couloirs du camp S21 dans ses films, documentaires et écrits, confie, dans ce livre aussi dense que bref, de nouveaux souvenirs, de nouvelles interrogations, de nouvelles angoisses.
•En apparence décousu, passant d’une idée à l’autre au fil des paragraphes, le récit dégage au bout de quelques pages une impression atroce, glaciale, qui — si on l’amplifiait — permettrait peut-être de commencer à imaginer l’horreur qui se déchaîna dans ce centre de torture.
•Tout dans les vestiges de S21 parle de la mort. Les murs eux-mêmes semblent composés des os, du sang, des excréments, de la poussière des victimes. Malgré le caractère palpable de la mémoire, les mots sont incapables de l’exprimer. « La lumière de S21 est fossile », écrit Rithy Panh.
—■ LE CONTEXTE
•De 1975 à 1979, Pol Pot — formé à l’école du marxisme-léninisme et chef des Khmers Rouges — impose au Cambodge un régime sanglant. Son objectif : établir une société purement agraire et ouvrière, débarrassée de toute influence « capitaliste ».
•Pour établir ce régime, il vide les villes de ses habitants, liquide tous les « traîtres » qui freinent l’avènement d’un « peuple nouveau ». Le Cambodge devient une immense fosse commune : on compte 2 millions de morts sur une population de 7,7 millions d’habitants avant 1975.
•Né en 1964, Rithy Panh a été témoin de l’« autogénocide » cambodgien durant son enfance et son adolescence. Il a réussi à quitter le pays en 1979 et s’est établi en France.
👉 Rithy Panh, Christophe Bataille, Quartier des Fantômes, Grasset, 125 p., 15 €.
▶️ Pour feuilleter quelques pages du livre, suivez ce lien.
— 22 janvier 2026
— Source documentaire : L’Essentiel Nice
▲ Aron O’Raney —
