Même avec une constitution délicate,
Nos jours peuvent encore s’écouler
Paisiblement au sein du Tourbillon social,
Si nous connaissons l’art de vivre avec nous-mêmes.
Ce sont nos passions
Qui impriment le mouvement à notre âme,
Et qui doivent conduire notre esquif
Sur l’océan de la vie.
Mais si ces passions
Deviennent trop impétueuses,
La pauvre barque est en danger
Et peut faire naufrage.
Les chagrins ne sont qu’un mal secondaire
Pour celui qui sait repousser
Les désirs coupables.
Oublions donc,
S’il le faut,
Le passé ;
Ne nous perdons point
En vaines conjectures sur l’avenir,
Et ne nous désolons pas
De ce que notre sort
Pourrait être meilleur qu’il n’est.
Tout est toujours mieux que nous ne croyons.
La satisfaction ne nous vient pas
Des choses que nous désirons le plus,
Puisque,
Après les avoir obtenues,
Nous ne sommes pas encore satisfaits.
La vraie satisfaction
Repose en nous-mêmes,
Dans la volonté sérieuse de connaître,
De chercher le bien,
Et d’en jouir si petit qu’il soit.
— Extrait de : La solitude
—■ Johann Georg Zimmermann —
