30 octobre 2026

≡ Aimer la main ouverte


Une personne compatissante, voyant un papillon lutter pour se libérer de son cocon, et voulant l’aider, écarta avec beaucoup de douceur les filaments pour dégager une ouverture. 


Le papillon libéré sortit du cocon et battit des ailes, mais ne put s’envoler.


Ce qu’ignorait cette personne compatissante, c’est que c’est seulement au travers du combat pour la naissance que les ailes peuvent devenir suffisamment fortes pour l’envol. Sa vie raccourcie, il la passa à terre. Jamais il ne connut la liberté, jamais il ne vécut réellement.


— Apprendre à aimer la main ouverte est une toute autre démarche.


C’est un apprentissage qui a cheminé progressivement en moi, façonné dans les feux de la souffrance et les eaux de la patience. 


J’apprends que je dois laisser libre quelqu’un que j’aime, parce que si je m’agrippe, si je m’arrache, si j’essaie de contrôler, je perds ce que je tente de garder.


Si j’essaie de changer quelqu’un que j’aime, parce que je sens que je sais comment cette personne devrait être, je lui vole un droit précieux, le droit d’être responsable de sa propre vie, de ses propres choix, de sa propre façon de vivre.


Chaque fois que j’impose mon désir ou ma volonté, ou que j’essaie d’exercer un pouvoir sur une autre personne, je la dépossède de la pleine réalisation de sa croissance et de sa maturation. 


Je la brime et la contrecarre pour mon acte de possession, même si mes intentions sont les meilleures.


Je peux brimer et blesser en agissant avec la plus grande bonté, pour protéger quelqu’un. Et une protection et une sollicitude excessives peuvent signifier à une autre personne plus éloquemment que des mots : «Tu es incapable de t’occuper de toi-même, je dois m’occuper de toi parce que tu m’appartiens. Je suis responsable de toi.»


—18 mars 2011



— Extraits de «Aimer la main ouverte» de Ruth SANFORD, 

co-créatrice de la Fondation FINDHORN en Écosse.





■— Ruth SANFORD —