Dieu m’a ravi à mon « moi » illusoire
Et m’a rapproché de mon « moi » réel,
Et la disparition de la terre a entraîné celle du ciel.
Le tout et la partie se sont confondus.
La verticale « tûn » et l’horizontale « ard »
Se sont anéanties.
L’œuvre surérogatoire a fait retour
À l’œuvre obligatoire,
Et les couleurs sont revenues
À la pure blancheur primordiale.
Le voyage a atteint son terme
Et ce qui est autre que Lui a cessé d’exister.
Toute attribution (idâfât), tout aspect (i'tibârcit),
Toute relation (nisab) étant abolis,
L’état originel est rétabli.
« Aujourd’hui, J’abaisse vos lignages,
Et J’élève le Mien ! »
Puis me fut dite la parole de Hallàj,
Avec cette différence qu’il la prononça lui-même
Alors qu’elle fut prononcée pour moi
Sans que je l’exprime moi-même.
Cette parole,
En connaissent le sens et l’acceptent
Ceux qui en sont dignes ;
En ignorent le sens et la rejettent
Ceux chez qui l’ignorance l’emporte.
■— Mawqif 7 —
Emir Abd el-kader - Ecrits spirituels.
Présentés et traduits de l'arabe par Michel Chodkiewicz.
Ed. Seuil. Paris.1982.
▲ Aron O’Raney —
