Le Moi Est Composé De Cinq Éléments. Chacun D’eux Est Caché Sous L’autre.
La peau, la chair et les os recouvrent le sang et les substances aqueuses qui se trouvent dans le corps : la transpiration, les larmes.
La substance du feu est cachée dans le sang. Les gens bien portants ont beaucoup de sang et ont toujours les mains et les pieds chauds.
Lorsqu’une personne a froid, c’est qu’elle manque de sang. L’élément de l’air est caché dans le feu, ce que nous voyons quand la digestion est mauvaise.
Les organes les plus importants pour l’élément de l’air sont les poumons, les narines et les oreilles dans une certaine mesure.
L’éther est caché dans l’élément de l’air, dans le souffle.
Nous En Venons Maintenant Au Sujet Notre Part Divine Et Notre Part Humaine.
Je dirai que l’homme est fait de deux choses : l’esprit et la substance. L’esprit est la partie la plus subtile et la substance, la plus grossière.
La partie la plus subtile, l’esprit, s’est transformée en la plus grossière. À l’une des extrémités, c’est le moi limité, externe que nous voyons, à l’autre, l’être illimité.
Le moi externe de l’homme est constitué des cinq éléments.
Si je devais expliquer cela complètement, cela prendrait très longtemps. Je passerai là-dessus pour dire combien nous sommes grands, à quel point nous nous étendons.
Par exemple, je suis debout devant vous et ma taille vous apparaît assez petite. Je parle et ma voix s’étend assez loin. Ainsi, je puis dire que, comme son, je m’étends assez loin.
Si nous sommes ici et qu’un être aimé, un ami, une bien-aimée, un père ou une mère est en Russie ou en Afrique du sud, il sentira notre attachement, notre affection.
Le sentiment est ici, il se manifeste là-bas. L’attachement est là-bas et il se manifeste ici.
Cela nous prouve que, par le sentiment, nous sommes encore plus grands.
Si quelqu’un, se sentant en sympathie, pense accomplir une certaine chose, la pensée va de l’avant pour préparer l’action.
Le souffle va encore plus loin. Il s’étend très loin dans le monde. Nous pouvons par lui envoyer notre pensée partout où nous le désirons, et nous pouvons connaître la pensée et la condition de chaque Être.
Un poète Persan dit : « Je suis si élevé et pourtant si bas et je suis si petit que je ne peux même pas dire que je sois une goutte dans l’océan ».
Jusque-là nous pouvons comprendre ce qui concerne les cinq éléments que chacun connaît.
J’expliquerai maintenant de quelle manière le moi est grand, élevé et vaste.
Nous pouvons voir à quel point le moi est limité dans la substance Terre : si nous témoignons de la froideur à quelqu’un, cela s’étend à ce point qu’il s’en rend compte, sans plus.
La substance du feu s’étend plus loin.
Si nous sommes ici et qu’un Être que nous aimons, mère ou père, ou ami ou bien-aimé, même éloignés, ressent notre affection, ils sentiront la chaleur de notre affection pour eux, ils la connaîtront.
L’air s’étend beaucoup plus loin encore.
Vous étudiez le mysticisme, et il peut vous arriver de voir les phénomènes du souffle. Lorsque vous regardez le ciel, vous pouvez y voir une couleur ou une forme. C’est le souffle. Les couleurs varient avec l’élément se trouvant dans l’individu.
L’homme est comme un télescope. À une extrémité se trouve la part de l’homme, l’existence limitée : à l’autre la part de Dieu, l’Être Illimité.
À l’une nous sommes si petits. À l’autre nous sommes tellement immenses que nous sommes l’Être tout entier.
Comment peut-il y avoir de la place pour plusieurs dans ces conditions ? Y a-t-il plusieurs êtres aussi complets ?
Je dirai qu’il n’y en a pas beaucoup. C’est de notre point de vue, de par notre ignorance, que nous en voyons plusieurs, nous reconnaissons que ceci est moi, vous, il, elle, que celui-ci est un ami, celui-là, un ennemi, que j’aime celui-ci et n’aime pas celui-là.
À l’autre extrémité, nous sommes réunis, nous sommes tous les mêmes.
Cela nous prouve combien le souffle s’étend au loin. La Terre ne lui donne pas assez de place pour s’étendre, pas même la profondeur de l’océan.
Dans le ciel seul, il trouve assez d’espace. C’est par lui que nous pouvons communiquer avec les vivants et aussi avec les morts.
Nous avons l’habitude de nous voir si petits ; en réalité, nous sommes si grands que, si nous pouvions nous voir nous-mêmes, nous serions effrayés et voudrions nous fuir.
Le moi éthéré est encore plus grand. En lui nous sommes unis à l’être total. C’est pour cela qu’est enseignée la pratique du « Shagal ». Par lui nous écoutons le Son intérieur.
Mais ce n’est pas suffisant. Il est parfois nécessaire d’aller plus loin. Dans le « Shagal », vous n’oubliez pas le moi extérieur. Car alors, tout l’univers est ouvert devant vous.
Étant ici, vous pouvez sans bouger aller à un autre endroit. Tous les miracles peuvent être accomplis. Il y a d’autres exercices par lesquels vous oubliez ce moi limité et devenez seulement conscients de ce moi infini.
C’est seulement par là que le miracle peut s’accomplir.
—1978, Conférence De Londres
— Extrait Revue « La Pensée Soufie » No 57
■— Hazrat Inayat Khan —
