02 janvier 2026

≡ Renaissance d’une Église…


À Chartres, la renaissance d’une église après des années de silence



Tandis que certaines églises s’effondrent ou sont abandonnées, d’autres renaissent patiemment, portées par le refus de voir disparaître notre héritage et par la volonté de préserver un savoir-faire français.


À Chartres, le jour de Noël, l’Église Saint-Martin-au-Val rouvrira après plus de trente ans de silence, à l’occasion d’une messe célébrée par Mgr Christory. « Le symbole est fort », confie l’évêque.


Cette réouverture, alors que tant d’églises ferment, marque la renaissance d’un lieu bâti sur un ancien temple païen. En une société qui se re-paganise, le choix de Noël renforce la portée symbolique : le basculement de l’humanité, le divin entrant dans l’histoire par Marie.


Un Chantier au Service du Patrimoine Français


Dominant l’un des plus anciens quartiers de la ville, Saint-Martin-au-Val est fondée au XIIe siècle sur un sanctuaire gallo-romain. Reconstruite aux XIIIe et XIVe siècles, elle adopte le gothique tout en conservant des éléments romans.


Délaissée après la Révolution, puis classée monument historique au XIXe siècle, l’église est fermée au public au début des années 1990 en raison de son état.


Les fouilles menées depuis les années 2000 révèlent la profondeur historique du site : sanctuaire antique, église mérovingienne, sarcophages et vestiges funéraires. Autour de ses pierres se lisent les siècles d’une France façonnée par le baptême de Clovis, la prière monastique et le labeur des bâtisseurs.


@Ville de Chartres — Groupement Martino


Pour l’évêché, ce lieu est singulier par sa crypte très ancienne et les sépultures épiscopales qu’elle abrite. Mgr Christory exprime sa joie de voir rouvrir un lieu de prière, remerciant la ville pour son engagement.


Isabelle Vincent, adjointe à la culture, rappelle les 600.000 euros investis dans la première tranche des travaux, dont 20 % financés par l’État. « On rouvre une église quand les autres ferment », souligne-t-elle, saluant un signe fort en faveur du patrimoine religieux.


Restaurer la Pratique Religieuse


La réouverture est une excellente nouvelle, mais aussi un défi. Pour l’abbé Blondeau, curé de la paroisse, c’est « un signe d’espérance » qui appelle à recréer une communauté chrétienne vivante dans le quartier.


Avec son évêque, il envisage d’en faire un point de départ de pèlerinages vers la cathédrale, un lieu ouvert à la prière, à l’adoration et à l’accueil des pèlerins.


Mgr Christory le rappelle sans détour : restaurer les pierres ne suffit pas. Les chrétiens doivent aussi restaurer leur foi vécue, par le culte, la prière et le service. « Je les attends. »


À l’heure où tant de clochers se taisent, la réouverture de Saint-Martin-au-Val dit autre chose : une France qui refuse l’oubli, fidèle à ses racines, se relevant le jour de Noël. Cette église millénaire, joyau de pierre, murmure une certitude tranquille : nos racines vivent encore.


Fermée depuis plus de trente ans, l’église Saint-Martin-au-Val rouvrira pour la messe de Noël.




— 16 décembre 2025

— Source documentaire : Boulevard Voltaire

—Extraits Résumés D’Une publication de : Iris Bridier




Aron O’Raney —