🌅 La Triste Réalité De L’Inconnaissable !
« L’insensé Voyage Toute Sa Vie Sans Savoir Où Il Va, Ni D’où Il Vient, Ni Ce Qu’il Doit Faire, Mais Le Sage Se Rend Compte De Tous Ses Pas, Parce Qu’il En Connaît L’importance Et Le Terme. » — Évangile De Jean.
Je suis Celui qui arpente la Voie sans nom, celle que nul ne désigne et que pourtant beaucoup foulent sans le savoir. De Retours En Détours, Je Chemine, avançant de manière chaotique Le Long Du Chemin de vie, trébuchant parfois, me relevant souvent, guidé davantage par l’intuition que par la certitude. Je marche vers un horizon inconnaissable, voilé de brumes et de promesses, que je pressens plus que je ne comprends, comme un appel silencieux venu d’ailleurs.
Au crépuscule de l’existence, je voyage du présent au passé. Je revis les étapes franchies, les carrefours manqués, les signes ignorés. Je reste conscient de ce que je suis aujourd’hui, façonné par les épreuves. J’ignore tout du monde supérieur, de ses lois et de ses hiérarchies invisibles, et je sais que je ne connaîtrai jamais l’ultime vérité : l’unique et véritable raison de mon existence est scellée hors de portée de l’intellect.0
Je sais où, quand et comment je suis arrivé ici ; je peux retracer les faits, nommer les lieux, rappeler les circonstances. Mais la question du « Pourquoi » demeure entière, suspendue entre ciel et terre, semblable à une énigme sacrée irrésolue, qui refuse obstinément toute réponse.
« La Voie Divine Est Impénétrable, Son Secret Dessein N’appartient Qu’à Elle »… Ainsi en est-il depuis toujours, et ainsi en sera-t-il jusqu’à la fin des temps.
•— Pourquoi Suis-Je Ici ?
Nombreux sont les êtres confrontés au vertige du « Pourquoi », cette interrogation primitive qui surgit au détour d’une épreuve, d’une perte ou d’un silence intérieur. Certains croient en avoir trouvé la réponse dans une religion, une secte, une fraternité, ou dans la foi accordée à une divinité.
D’autres, immergés dans un matérialisme outrancier, cherchent, à travers lui, à combler le vide « Sans Nom » de leur existence, Ils accumulent, consomment, possèdent, croyant remplir ce qui, en vérité, ne peut l’être. À travers cette quête. Ils cherchent moins une vérité, qu’un moyen d’ignorer l’absence de réponse plutôt que de l’affronter.
Il existe aussi, dans le monde, des désespérés qui consument temps et argent, forces et espérances, pour tenter de saisir la signification de ce « Pourquoi » qui les obsède et les ronge. Ils passent d’un maître à l’autre, d’une promesse à la suivante, comme si la réponse devait se trouver à l’extérieur d’eux-mêmes.
Et puis, ne l’oublions pas, il y a un nombre incalculable d’hommes et de femmes, de toutes classes et origines confondues, qui ignorent mêmes que la question du « Pourquoi » puisse être évoquée. Ils vivent, travaillent, procréent et disparaissent, sans jamais lever les yeux vers l’abîme silencieux qui pourtant les entoure.
Enfin, certains laissent la question ouverte. Ils choisissent de vivre dans l’instant présent, à distance des causes et des effets, refusant de sonder les conséquences invisibles de leurs actes, comme si le mystère pouvait être tenu à l’écart par le simple fait de ne pas le nommer.
•— Au Crépuscule De Cette Vie…
— Tout au long d’un cheminement erratique, j’ai foulé de bons et mauvais sentiers, J’ai commis d’innombrables erreurs, accumulé bien des fautes ; mes torts, incalculables, sont gravés dans la mémoire du temps. Aujourd’hui, la seule réponse qu’il me soit encore possible d’offrir est celle-ci, nue et désarmée : « Je ne sais pas. »
Le « Pourquoi » m’interpelle autant qu’autrefois. Il me laisse toujours insatisfait, et souvent tourmenté. Alors, comment, à un âge avancé, prétendre découvrir le sens ultime de l’existence lorsque même l’expérience se heurte à ses propres limites ?
Aujourd’hui est sans doute venu le temps de l’acceptation de ce qui est, ici et maintenant. Non par résignation stérile, mais par reconnaissance humble de ce qui dépasse l’homme. Il faut se résoudre à accueillir la réalité apparente du Mystère de la Vie, l’habiter en silence, afin que cesse, enfin, le questionnement sans fin — et que demeure, peut-être, une paix sans réponse..
— 9 janvier 2026
—■ Jean Rumoncey —
