🌴 À Nice, dans les entrailles secrètes de la colline du Château, entre bunkers et abris antiaériens
• Deux longues galeries souterraines, creusées successivement par la défense passive niçoise puis par l’occupant allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, traversent toujours la promenade des Anglais, à l’abri des visiteurs.
• L’inscription « Défense d’entrer » tranche net. « Allez, je vous ouvre ! », lance Alain Grandieux en tournant la clef du lourd cadenas.
• L’entrée, discrète, se cache au fond d’un couloir nu gardé par deux portes jaunes. Derrière leur « entrée interdite », deux vastes ascenseurs mènent au sommet de la colline du Château, épargnant les marches. Peu savent que quelques mètres plus bas dorment des vestiges.
• Le cadenas retiré, l’archéologue de la métropole de Nice s’engouffre dans l’ombre, lampe en main. Des gravats, puis un escalier en spirale plongeant de huit mètres dans les profondeurs de la ville de Nice. « L’unique vestige du casino Jetée-Promenade », dit-il.
• Démantelé en mars 1944, l’établissement n’a laissé que ces contremarches à décor végétal, issues d’une tour-minaret du Palais. Certaines sont retournées ; la rampe a disparu.
🔷 Souterrains jusqu’à la plage
• Une galerie de 200 m² servait d’entrepôt à dynamite, comme l’indiquent les marques sur les murs. Les soldats allemands, en 1943, agrandissent l’abri antiaérien d’origine pour en faire un dispositif militaire, lié à l’Hôtel Suisse réquisitionné pour la kommandantur. Le projet : un bunker longeant la côte et un PC de commandement pour la Kriegsmarine en cas de débarquement. Il ne sera jamais achevé jusqu’au port.
• Longue de 80 mètres, la galerie passe sous le quai des États-Unis et débouche sur une casemate donnant accès à la mer, vers les bains de la Police et l’actuelle plage Castel, qui l’utilise en réserve. La plateforme surplombant la Méditerranée servait sans doute de plage privée à l’Hôtel Suisse, tout en supportant un canon et une issue de secours. La rumeur d’une base sous-marine est écartée : « Cela aurait été bien plus vaste ». Subsistent des éléments du réseau électrique et des rails de l’ancien tramway de Nice, utilisés en armature.
🔷 Passage secret derrière le Monument aux morts
• Au niveau zéro, une seconde galerie, construite en 1944, s’étire sur la même longueur. D’autres tronçons, vers l’ouest, sont restés inachevés. Au bout, une porte cadenassée s’ouvre derrière le Monument aux morts Rauba-Capèu, dominant le quai. Il fallait défendre la côte tout en prévoir un repli à couvert.
— Les touristes ignorent qu’un souterrain, à quelques pas, rejoint la colline.
• Après le débarquement de Provence, la Résistance niçoise est encouragée. La défense passive veut élargir la galerie pour abriter jusqu’à 1 750 habitants du Vieux-Nice au port. Le projet n’aboutit pas. Restent des comblements de gravats soutenus par des murets en pierres sèches.
🔷 Galeries interdites au public
• Dernier espace : une zone de commandement en deux salles voûtées, aujourd’hui utilisées par le personnel de la colline du Château. Une photo de la Libération montre des officiers devant une carte quadrillée de la marine allemande.
• Les souterrains demeurent fermés : trop dangereux, susceptibles de s’effriter. Sur la plage, des tranchées en crémaillère permettaient d’installer des mitrailleuses derrière deux meurtrières. Un scanner y sera bientôt posé pour révéler, peut-être, une nouvelle galerie…
—15 février 2026
— Source : Le figaro Fr
—Extraits Inspiré d’un article de : Lise Tavelet
▲ Aron O’Raney —

