23 janvier 2026

≡ Les Dieux Du Mont Nemrod

Martin Cígler via Wikimedia Commons 


🟦— Que l’on se rapproche de cette montagne de l’Anti-Taurus, et l’on verra surgir, au sommet du vaste tumulus de 150 mètres de diamètre et 50 mètres de hauteur qui la couronne, de gigantesques têtes taillées dans la pierre.


Les Imposants Dieux De Pierre Du Mont Nemrod, Derniers Vestiges D’un Royaume Disparu


🔵 Perdues dans la montagne de l’Anti-Taurus, de gigantesques têtes colossales figées depuis plus de deux millénaires. Vestiges du royaume disparu de Commagène, elles racontent la mégalomanie d’Antiochos Ier, souverain qui se voulait l’égal des dieux.



Il doit son nom au légendaire roi Nemrod, petits-fils de Cham et arrière-petits-fils de Noé, qui aurait, selon la Bible, régné en Mésopotamie après le Déluge : le Nemrut Dağı, ou mont Nemrod, qui s’élève à plus de 2.000 mètres au-dessus de la province d’Adiyaman, au sud de la Turquie, recèle un site archéologique exceptionnel.


Que l’on se rapproche de cette montagne de l’Anti-Taureau et l’on verra surgir, au sommet du vaste tumulus de 150 mètres de diamètre et 50 mètres de hauteur qui la couronne, de gigantesques têtes taillées dans la pierre : des lions, des aigles, la déesse de Commagène, Zeus-Oromasdès, Apollon-Mithra-Hélios-Hermès, Héraclès-Artagnes-Arès, et surtout Antiochos Ier de Commagène, à qui est dédié ce vaste monument funéraire.


Ces têtes de plus de deux mètres de haut, aux contours adoucis par les siècles, sont les vestiges d’un site datant du 1er siècle avant J.-C., construit pour immortaliser le nom et les traits du souverain, entourés de divinités protectrices.


Il y a plus de 2.000 ans, le petit royaume de Commagène, zone tampon entre la République romaine et l’Empire parthe, connut une brève prospérité, alors que se mêlaient les traditions grecques, perses, assyriennes et arméniennes que l’on retrouve sur les stèles funéraires du site archéologique, inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987.


🔵L’âge d’or d’un royaume disparu


Pour imposants qu’ils soient, les vestiges sont pourtant aujourd’hui assez loin de rendre compte de l’ampleur de la statuaire déployée à l’époque : décapitées et brisées, les statues de la terrasse ouest, taillées en partie dans le roc montagneux, formaient à l’origine un ensemble de plus de neuf mètres de hauteur, encadrés de larges bas-reliefs figurant des ancêtres et membres de la famille royale.


Après la mort d’Antiochos Ie, le royaume de Commagène périclita sous ses successeurs et finit par être annexé par l’ Empire romain . Le sanctuaire, lui, fut abandonné aux intempéries et essuya les secousses de plusieurs séismes et autant d’actes de vandalisme, avant d’être redécouvert et remis en valeur à la fin du XIXᵉ siècle, sous l’impulsion de l’ingénieur allemand Karl Sester.


Si trois itinéraires processionnels permettaient à l’époque d’accéder au tumulus royal, aménagé en trois grandes terrasses (au nord, à l’est et à l’ouest), il est désormais possible de s’y rendre, à pied ou en voiture, depuis le district de Kahta, à Adıyaman, pour arriver jusqu’à l’entrée du parc national du mont Nemrut.


Sur le chemin, on passe devant le tumulus de Karakuş, qui rend hommage aux femmes de la famille royale de Commagène et donne un aperçu de la vie quotidienne et cérémonielle du royaume, avant de traverser le pont de Septime Sévère, chef-d’œuvre d’ingénierie romaine enjambant la crique de Chabinas.


D’autres sites archéologiques, comme les ruines d’Arsemia, l’ancien sanctuaire royal, mais aussi le château de Kahta, qui surplombe le village agricole du même nom, ponctuent le chemin vers le mont millénaire.




 Source documentaire : Slate France

Léa Polverini –




Aron O’Raney —