Telle l’ombre fidèle,
Tu me suis pas à pas,
Muette, tu marches avec moi.
Dans les tourments de l’âme
Ton profond silence
Répond à mes angoisses
Mes pas incertains,
Tracent des chemins sans fin,
Le regard se perd au loin,
Quand l’orage se lève en moi,
Turbulent, le vent gouverne,
Silence est le seul écho.
Mes pensées folles s’égaillent,
Sur les sentiers brisés de l’oubli,
Silencieuse, tu ne souffles mot.
Miroir de ton silence glacial
La vieille mémoire s’étiole,
Mes souvenirs s’égarent.
Dans le tumulte des songes,
Sur les temps dépassés,
S’agitent les fantômes du passé.
Tu es là, éternelle permanence,
Gardienne des nuits d’orages,
Compagne des rêves amers.
Dans mes jours crépusculaires,
Dans la chaleur de ma foi,
En Dieu seul, mon âme repose,
Dans son refuge, je t’apprivoise.
Amie ultime, ombre vénérée,
Tu es silence, l’un et le tout.
Dans ce monde déclinant,
Ta présence rassurante,
Jamais ne me fait défaut.
—■ Jean Rumoncey —
