27 février 2026

≡ Un Tombeau Chrétien De 1.700 Ans


Un tombeau chrétien vieux de 1.700 ans rappelle l’histoire oubliée de la Turquie


Dans le caveau, une fresque intacte présente Jésus en Bon Pasteur, l’un des premiers symboles chrétiens avant la croix.


Dans les collines anatoliennes entourant Iznik, l’antique Nicée, une découverte archéologique majeure éclaire les débuts du christianisme. À quelques kilomètres de la Ville où se tint en 325 le premier concile œcuménique, des fresques paléochrétiennes ont été mises au jour dans un tombeau souterrain longtemps resté caché.


Cette peinture figure le Christ sous les traits du Bon Pasteur, symbole ancien d’une foi encore clandestine, bien avant que la croix ne devienne son emblème universel. 


À travers cette image se révèle l’histoire d’un Christ proche et protecteur, dans un Empire romain encore hostile au christianisme, mais aussi celle d’une terre aujourd’hui majoritairement musulmane.


Le Bon Pasteur romanisé


Situé dans la nécropole de Hisardere, le site date du III siècle, époque où les chrétiens vivaient sous la menace des persécutions et pratiquaient leur foi dans la discrétion la plus absolue.


Dans la chambre funéraire, creusée à faible profondeur, le Bon Pasteur occupe le mur principal. Le Christ y apparaît jeune, imberbe, vêtu à la romaine, portant un agneau sur ses épaules, image de la brebis égarée ramenée au troupeau.


Cette figure renvoie à l’Évangile selon Jean : « Je suis le bon berger », soulignant l’amour et la protection offerts aux fidèles.


Fréquent dans l’art paléochrétien, notamment dans les catacombes de Rome, ce motif permettait une expression codée de la foi. Ici, il devient aussi un signe d’espérance face à la mort.


D’autres symboles et découvertes


Les fresques sont complétées par des dattiers, arbres associés à la résilience, à la vie éternelle et à la victoire sur la mort.


Le tombeau abritait les restes d’un enfant et d’un couple adulte, probablement issus de l’aristocratie locale, comme l’indiquent leurs vêtements finement représentés et la richesse du caveau.


Les corps étaient enveloppés dans un linceul brodé, dont subsistent quelques fils d’or, témoignage rare d’une pratique funéraire peu répandue à l’époque.


L’ensemble illustre la transition des mentalités funéraires du Bas-Empire romain, entre héritage païen et croyances chrétiennes émergentes.


Le christianisme anatolien


L’Anatolie fut l’un des grands berceaux du christianisme. Dès le Ier siècle, des figures comme saint Paul, originaire de Tarse, et saint Jean, établi à Éphèse, y fondèrent de nombreuses communautés.


Des villes telles qu’Antioche, Éphèse ou Smyrne devinrent des centres majeurs du christianisme primitif et figurent parmi les « Sept Églises de l’Apocalypse ».


Nicée joua un rôle décisif en 325, lorsque Constantin y convoqua le concile qui donna naissance au Credo de Nicée, texte fondateur de la foi chrétienne.


La ville conserve aussi des vestiges postérieurs, comme l’église Sainte-Sophie, édifiée au VI siècle puis transformée en mosquée après la conquête ottomane.


Cet héritage chrétien se maintint durant toute la période byzantine et l’orthodoxie.


Peu à peu, l’islam devint dominant, reléguant le christianisme au rang de minorité et voilant la mémoire de ses racines locales.


La découverte du tombeau de Nicée ravive aujourd’hui ce passé enfoui, rappelant que cette terre, désormais musulmane, fut jadis l’un des cœurs vivants du christianisme naissant.




— 20 janvier 2026

— Source documentaire : Boulevard Voltaire

— Extraits d’un article de : Eric de Mascureau




Aron O’Raney —