🗣️ La révolte peut prendre la forme d’une action violente, d’un soulèvement contre l’autorité établie. Mais elle est aussi une posture intérieure de refus, de résistance, voire d’hostilité, face à toute autorité que l’on juge arbitraire, injuste ou excessive.
Son corollaire, la rébellion lui est étroitement associée : elle se manifeste alors par la désobéissance, la contestation et le refus de se soumettre.
— Le Rebelle Est Avant Tout Un Insoumis Qui Dit Non.
Il refuse, s’oppose et ne renonce jamais. Mais il peut aussi bien dire oui spontanément, dès sa première expression.
— Le «Non» affirme l’existence d’une frontière à ne pas dépasser.
Le rebelle s’appuie, sur le refus de toute intrusion dans sa vie privée, dans ses choix ou dans ce qu’il considère comme relevant de sa liberté personnelle, et cela, avec ou sans la certitude d’être toujours dans son bon droit. S’il refuse certaines formes d’autorité, c’est qu’il estime posséder, lui aussi, le droit de penser par lui-même, de déterminer ses propres règles et de défendre les droits qu’il reconnaît comme légitimes.
— Mais la révolte ne consiste pas seulement à s’opposer.
Refuser sans raison n’a aucune raison d’être. Refuser au nom d’une conviction, ou d’une morale est un acte de liberté, et le «Non» rebelle peut exprimer une fidélité à soi-même.
Le rebelle vit et agit avec l’intime conviction de défendre ce en quoi il croit. Avoir raison ou tort importe peu, s’il veut protéger ou imposer ce qu’il considère comme juste.
Ne rien dire ou ne rien faire, c’est parfois par le silence, laisser croire aux autres, que l’on ne désire rien, que l’on n’a rien à défendre et, résigné, que l’on accepte tout. Le silence peut aussi être une forme de résistance, lorsque la parole devient inutile ou qu’elle alimente les conflits.
Le rebelle est dans l’affrontement, il oppose ce qui pour lui, est préférable à ce qui ne l’est pas. Sa révolte est aussi une façon d’affirmer qu’il refuse que l’on décide à sa place.
— Une vraie révolte ne doit-elle pas en réalité commencer sur soi-même?
Se battre contre ses propres lâchetés, ses mauvaises habitudes, ses préjugés et ses renoncements reste, sans doute aussi, une autre forme de combat à mener sur soi.
La révolte est une bataille à l’issue incertaine, elle peut aussi être un nouveau commencement, et s’ouvrir à une meilleure connaissance de soi.
— 11 septembre 2020
—■ Jean Rumoncey —


