Il a grandi auprès de sa mer,
Compagne fidèle de ses jours,
Sa présence berçait ses silences,
Son parfum l’habitait.
Il la sentait toujours en lui.
Elle accompagna le bonheur
D’une jeunesse inachevée.
Faite de joies et de rêves inavoués
Un refuge que rien ne pouvait briser.
Mais le vent du nord s’est levé,
L’horizon obscurci s’est fermé
Est venu le temps mauvais,
Palmiers affligés, rivage déserté
Cœurs dénudés, dépossédés.
Il perdit sa mer.
Arraché à la rive aimée,
Sa vie s’est assombrie.
Son monde s’est desséché
Depuis, Il erre en aridité
Il garde en lui,
En tendre mélopée
Le murmure des vagues
Témoin d’une vie passée
—■ Jean Rumoncey —