— Dans la vie ordinaire, on demande : «Comment ça va ?» Dans la voie du zen, on souhaite du fond du cœur que vous alliez bien.
•— Ce n’est pas la même chose.
«Comment ça va ?» pourrait signifier : «Puis-je compter sur vous ? Me serez-vous encore utile ?».
Hors là, on se moque de votre santé, et le malavisé qui répondrait : «En vérité, je ne vais pas bien parce que ceci et cela, et encore ceci», ferait preuve d’inélégance et de sottise.
— Dans la voie du zen, on éprouve à l’égard de tous les êtres vivants une totale compassion.
On prononce dans son cœur : Toi, qui que tu sois, inconnu, ami, ennemi, je te reconnais pour mon frère.
•Je donnerais sans hésiter mon habit pour te vêtir, comme le saint moine Ryokan offrit son unique kimono au mendiant tremblant de froid qu’il découvrit sur le seuil de sa cabane, un soir d’automne pluvieux.
•J’aurais pour toi, étranger, parent, ami, ennemi, la même tendresse, la même infinie patience que je manifesterais à l’endroit d’un nourrisson.
— Toi que je ne connais pas, tu es dès à présent à la garde de mon amour...
Celui qui reçoit directement les paroles d’amour, conclut le moine Dôgen, a le visage rayonnant de joie, et le cœur empli de contentement.
•Les paroles d’amour ont tant de pouvoir qu’elles peuvent influencer le cours des étoiles dans le ciel.
—■ Eiheï Dōgen •―